Les vautours : des recycleurs naturels et gratuits
La nécrophagie : Une spécialisation Les vautours de l'Ancien Monde ont évolué conjointement avec les mammifères herbivores dont ils consommaient les carcasses. Leur rôle "d'éboueur" de la nature les a amenés progressivement à s'orienter vers ce régime alimentaire nécrophage. Trois groupes de spécialistes sont identifiés. - Les vautours dit "tireurs fouilleurs", dont font partie le vautour fauve et toutes les espèces du genre Gyps.
Ils sont spécialisés dans les viscères et les muscles. Ils possèdent un long cou dénudé qui leur permet de sonder le cadavre pour en extraire les moindres morceaux. - Les vautours dit "déchireurs", affectionnent quant à eux les parties plus coriaces, comme la peau, les tendons et les cartilages. Leur bec est plus fort et tranchant. En Europe, le vautour moine entre dans cette catégorie. - Les vautours dit "picoreurs", comme le vautour percnoptère, qui glanent les menus morceaux. Leur régime alimentaire est très éclectique et opportuniste.
Le gypaète barbu, ou "casseur d'os", est mis à part dans cette classification, au regard des particularités de son régime, qui est essentiellement constitué d'os.
Ses limites Dans certaines conditions très particulières, les vautours sont en mesure de consommer un animal encore vivant, lorsque l'animal est très affaibli et dans l'incapacité de bouger, soit parce qu'il est immobilisé dans un éboulis suite à un dérochement, soit prisonnier dans une clôture, blessé par un prédateur ou victime d'une pathologie entraînant une mort rapide (entérotoxémie, météorisation).
Dans certaines circonstances très particulières, les vautours fauves sont en mesure d'aggraver des situations déjà complexes. En l'occurrence, leur présence lors de vêlage peut accroître les risques de complication de la mise-bas. Dans le cas d'une naissance de veau mort né et/ou avec retournement de matrice, les vautours peuvent s'en prendre au cadavre, voire au placenta et éventuellement accélérer la mort de la vache par hémorragie. Rappelons que la race Blonde d'Aquitaine, principal bovin élevé pour sa viande dans l'ouest des montagnes pyrénéennes françaises, est très mal adaptée aux vêlages sans une surveillance humaine. On comprend mieux, dès lors, la capacité des vautours à rendre complexe une situation qui peut déjà l'être sans leur présence.
Les vautours : des culs de sac épidémiologiques Aucun virus et aucune bactérie pathogène ne résistent à leur système de digestion. Leur rôle sanitaire indiscutable est prouvé par plusieurs thèses vétérinaires. Ils participent donc à la salubrité des écosystèmes de montagnes en limitant la propagation de certaines maladies véhiculées par des carcasses de mammifères et en évitant la contamination des eaux de sources.
Communiqué de la LPO Ligue pour la Protection des Oiseaux du 21 juillet 2008
Dossier Vautours Fauves
Photo : Vautour fauve après une attaque sur un troupeau de moutons en bonne santé à Estaing (Hautes-Pyrénées) - Notez son bagage qui indique qu'il vient de la vallée d'Ossau (Pyrénées-Atlantiques)
[Ndr : la preuve est faite que les vautours s'attaquent à du bétail vivant et pas seulement en situation de mise bas. Cette situation est indemnisée en Espagne mais pas en France. ]
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