À 23 ans, il fabrique tout seul la supercar de ses rêves

À 23 ans, Benjamin a décidé de suivre ses rêves en quatrième vitesse : il s’est lancé dans la fabrication, de ses propres mains, d’une supercar mythique, la Ford GT40. Le genre de projet qui met la gomme… et les nerfs à rude épreuve !

Un rêve de gamin devenu projet (très) sérieux

Tout commence il y a trois ans. Benjamin, un jeune Savoyard de 23 ans, pose son regard émerveillé sur l’une des icônes les plus légendaires du sport automobile. La Ford GT40, raconte-t-il, il l’a découverte bien avant de la toucher, au détour de quelques tours de piste… virtuels dans des jeux vidéo de course. Ce mythe, conçu dans les années 1960 pour défier Ferrari aux 24 Heures du Mans et qui a raflé la victoire à quatre reprises entre 1966 et 1969, lui trotte dans la tête depuis longtemps. Mais entre l’écran et le volant, il y a un monde. Un monde que Benjamin a décidé de franchir, clef de douze en main !

Un atelier, des outils (et un sacré bagage)

En 2007, il se lance dans cette aventure mécanique, où chaque roulement est un défi. Travailleur et appliqué, Benjamin s’attaque à l’ouvrage seul, glanant l’essentiel de ses outils dans le garage familial, transformé pour l’occasion en véritable atelier du futur : fraiseuse, imprimante 3D… il ne manque rien. Et quand il manque quelque chose, il le fabrique. Son père n’est pas étranger à cette passion : il a déjà restauré trois voitures françaises de collection, de quoi poser les bases et l’inspiration à la maison.

Ingénieur mécanique de formation, Benjamin n’en est pas à son coup d’essai, et l’idée, bien qu’ambitieuse, est tout sauf irréaliste. Il usine donc, seul, la grande majorité des pièces nécessaires, montant à la force du poignet chaque élément de sa future supercar. Gare aux puristes : chez un professionnel, une réplique de GT40 peut dépasser les 500 000 €. Niveau budget ? En matières premières, il n’aura investi « que » 15 000 €. Mais du côté du temps… « J’y ai passé plus de 3 000 heures !» Pas de doute, il ne compte pas les soirs (ni les litres de café).

De la 3D à l’asphalte : méthodologie pour gagner la pôle

  • Documentation : première étape (et pas des moindres), rassembler les infos, photos et plans : « Tout est sur la toile. Impossible de dire qu’on ne sait pas faire, le Web, c’est une bible ! »
  • Modélisation : place ensuite à la conception 3D la plus complète possible. Mais gare aux illusions d’optique : même si la 3D s’approche du modèle réel, tout n’est pas parfait. La carrosserie, réalisée sur un moule d’origine, affiche ses petites imperfections de symétrie. La technologie des années 60, c’est joli, mais moins précis que les ordis d’aujourd’hui.
  • Usinage et assemblage : enfin, place au concret. De nombreuses pièces sont moulées, découpées, ajustées — parfois après bien des hésitations. Juste pour le châssis, il aura fallu… un an de travail !

L’astuce de Benjamin pour que la motivation tienne la distance ? Couper le gros chantier en une myriade de petits défis : moteur, direction, roues… À chaque étape atteinte, la satisfaction le pousse à poursuivre. Il faut dire qu’assembler une supercar, ce n’est pas comme monter un meuble suédois : aucune vis en trop, mais beaucoup plus d’adrénaline…

Des premiers tours de piste qui décoiffent (et pas qu’un peu)

Cet été, la bête sort enfin du garage. Avec 300 chevaux pour une tonne sur la balance, Benjamin se retrouve derrière le volant d’une GT40 aux performances dignes de l’originale. Les sensations sont là, brutes, authentiques : « Les sensations sont complètement folles, dès les premiers mètres, j’ai exulté ! Je conduis une GT40, ma GT40 ! » Mais attention, ce n’est pas le moment de jouer les Fangio. Aucune assistance électronique, ni ABS, ni filet. Benjamin confie sans détour : « C’est ma première expérience sur ce genre de voiture, je ne suis pas un pilote. Il n’y a aucune assistance, pas d’ABS… J’ai un peu peur de me lancer à son bord. » Prudence est mère de sûreté… surtout quand chaque virage demande un sang-froid d’acier.

La prochaine étape pour Benjamin : apprendre à apprivoiser son bolide, exclusivement destiné aux circuits. Et là, c’est une autre aventure qui démarre…

Comme quoi, avec une bonne dose de passion et un brin de folie, même les rêves d’enfant peuvent se transformer en bolide grandeur nature. Si, après avoir lu cela, il vous vient l’envie de fabriquer votre propre supercar : une bonne connexion internet et une sacrée réserve de patience seront vos meilleures alliées !

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