Le saut dans le vide de ce bébé oiseau va vous couper le souffle

Accrochez-vous à votre fauteuil : ce n’est pas un, mais tout un escadron d’oiseaux extraordinaires qui va aujourd’hui vous donner le vertige ! Parfois, toute la beauté du monde tient en quelques battements d’ailes, une chute libre soufflante ou la ténacité d’un minuscule migrateur. Prêts pour une série de records qui décoiffent ?

Le faucon pèlerin : le roi du piqué

Impossible de parler d’oiseaux sans évoquer le faucon pèlerin, ce missile à plumes qui rendrait n’importe quel pilote de chasse jaloux. Doté d’un corps fuselé et d’une large poitrine, il plane déjà à 90 km/h en croisière paisible. Pas de quoi faire trembler un pigeon pressé, me direz-vous. Oui, mais… dès qu’il repère une proie en vol, notre sprinteur du ciel explose son compteur : il double, voire quadruple sa vitesse !

La légende s’est confirmée grâce à une expérience hors normes menée par Ken Franklin, pilote et fauconnier américain. Accompagné de Frightful (« Affreux », de son petit nom), un faucon qu’il a élevé dès l’œuf, Franklin a effectué plusieurs sauts en parachute depuis un avion, lâchant à chaque fois un leurre pour simuler la proie parfaite. Résultat : les altimètres n’ont pas menti. Frightful a été chronométré à 389 km/h en pleine descente. Oui, vous avez bien lu : trois-cent-quatre-vingt-neuf kilomètres à l’heure ! Aucun oiseau n’a été aussi rapide.

Martinet à ventre blanc : marathonien de l’air

Si la vitesse du faucon impressionne, que dire de l’endurance du martinet à ventre blanc ? Des chercheurs de la Station ornithologique suisse ont, en 2013, équipé ces oiseaux de capteurs miniatures pour étudier leur migration entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. Et là, surprise totale : ces as du ciel sont restés en vol 200 jours et nuits d’affilée, soit plus de six mois, sans jamais se poser ! Oui, on parle bien d’un demi-tour du calendrier, suspendus entre deux continents. De quoi en énerver plus d’un dans les embouteillages du matin…

  • Pour se nourrir, le martinet chasse des insectes volants.
  • Pour se reposer ? Là, mystère. Les scientifiques hésitent : peut-être dort-il quelques secondes à la fois, ou n’utilise-t-il qu’une moitié de son cerveau pendant que l’autre fait la sieste. Ou alors, il ne dort… tout simplement pas. Infatigable, vraiment !

Wisdom : la grand-mère des océans

La palme de la longévité revient sans conteste à Wisdom (« Sagesse » en anglais), la plus vieille oiseau sauvage connue ! Cette albatros femelle, native de l’atoll de Midway dans le Pacifique, a été baguée à la patte droite en 1956 par le biologiste Chandler Robbins. À l’époque, Robbins estimait déjà qu’elle était adulte… puis plus de nouvelles pendant quarante-six ans !

En 2002, petit miracle : Wisdom réapparaît à Midway, fidèle au poste. Aujourd’hui, on estime son âge minimum à 66 ans, et en décembre dernier, le Service de la pêche et de la vie sauvage des États-Unis a signalé qu’elle se portait comme un charme. Elle est même revenue sur son site de ponte habituel, prête à couver un œuf. Une vraie leçon de persévérance et de maternité !

Sterne arctique et courlis tahitien : les grands voyageurs

Changement de cap : affichant à peine 100 g sur la balance, la sterne arctique est la star toutes catégories du voyage longue distance. En 2015, des chercheurs britanniques de l’université de Newcastle ont équipé vingt-neuf sternes des îles Farne de puces GPS avant leur migration. Au retour, au printemps 2016, un oiseau avait pulvérisé le record du vol le plus long jamais enregistré : 96 000 km ! Il a relié successivement l’Afrique du Sud, traversé l’océan Indien pour atteindre l’Antarctique, puis rebroussé chemin vers l’Angleterre. Pour mémoire, le précédent record : 91 000 km, était déjà détenu par une sterne arctique des Pays-Bas.

  • Petit format mais grand voyageur, la sterne arctique bat tous les plans de vol connus chez les oiseaux.

Enfin, clin d’œil scientifique avec le courlis tahitien : en 1769, lors d’une expédition du capitaine James Cook, des naturalistes collectent ces oiseaux au bec effilé à Tahiti. Mais impossible de mettre la main sur leurs œufs. Il aura fallu près de deux siècles pour résoudre l’énigme : en 1948, avec l’appui de la National Geographic Society, le professeur Arthur Allen localise enfin un nid sur la péninsule de Seward, en Alaska, à plus de 9500 km de Tahiti. Verdict : quatre œufs dissimulés dans une touffe de lichens. Victoire de la ténacité scientifique !

Conclusion : Entre piqués supersoniques, vols marathon et destins hors du temps, le règne des oiseaux n’en finit pas de fasciner. Moralité ? Ne sous-estimez jamais un bébé oiseau au bord du vide : il a peut-être hérité du souffle de Frightful, de la ténacité de la sterne ou de la sagesse de Wisdom. La prochaine fois que vous entendez piailler sous vos fenêtres, souvenez-vous : chaque petit battement d’aile cache peut-être un exploit dont la nature a le secret !

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