Quand on parle science-fiction au cinéma, une galaxie très lointaine nous vient illico à l’esprit : Star Wars, monument du genre, phénomène culturel, terrain de jeux pour petits et grands rêveurs. Mais tenez-vous bien : pour George Lucas, le papa de cette saga intersidérale, Star Wars n’est pas LE film de science-fiction ultime. Non, pour lui, un seul chef-d’œuvre décroche la médaille d’or… et c’est “2001, l’Odyssée de l’espace”.
Star Wars : Un empire culturel… mais pas le roi du genre
Essayez d’évoquer la science-fiction sans avoir des visions de sabres laser, de Vader respirant lourdement, ou de Luke et Leia regardant deux soleils se coucher sur Tatooine… C’est presque mission impossible ! Quand George Lucas a mis en orbite « Star Wars : Un Nouvel Espoir », il n’imaginait sûrement pas l’ampleur de la vague qui allait déferler. Certes, il croyait à son idée (heureusement !), mais que, près d’un demi-siècle plus tard, l’univers Star Wars continue de se déployer à vitesse lumière ? Voilà qui dépasse l’entendement même pour un Jedi.
Films, séries, BD, jeux vidéo comme le tout récent Star Wars Outlaws… la franchise n’en finit plus de faire rêver, inspirer et conquérir de nouveaux fans génération après génération. Mais – et c’est ici qu’on sort son sabre laser pour marquer un instant solennel – George Lucas l’admet sans détour : parmi les neuf volets principaux, aucun n’arrive au sommet d’un film qu’il estime inégalé… « 2001 : l’Odyssée de l’espace ».
Kubrick et son odyssée : la claque du siècle
Sorti en 1968, réalisé par Stanley Kubrick et co-écrit avec Arthur C. Clarke, « 2001 : l’Odyssée de l’espace » n’est pas qu’un simple film – c’est un carrefour culturel, une claque esthétique et intellectuelle. À travers des thèmes vertigineux et une esthétique révolutionnaire, Kubrick pose la barre à une hauteur que d’aucuns qualifieraient de stratosphérique.
Lors d’une interview récente, Lucas assume, sans la moindre hésitation : « Stanley Kubrick a fait le film de science-fiction définitif, et à mon avis, il sera très difficile d’en faire un meilleur. Techniquement, Star Wars tient la route, mais personnellement, je trouve 2001 bien supérieur. » On ne saurait être plus clair !
Dans le documentaire « Standing on the Shoulders of Kubrick: The Legacy of 2001 », Lucas se confie davantage : « C’était la première fois que l’on prenait la science-fiction au sérieux. Avant, surtout dans les années 1950, la SF ressemblait plutôt à du cinéma de série B : monstres géants, araignées, tout devait toujours être plus gros. » Avec Kubrick, le film de science-fiction a pris, selon lui, une stature inédite.
Monolithes, HAL 9000 et réflexion existentielle : retour sur le film culte
L’intrigue de « 2001 » vous embarque dans une odyssée où l’humanité croise de mystérieux monolithes noirs, perturbant et guidant l’évolution humaine. Le film démarre sur Terre, file vers Jupiter et même au-delà, tout débutant par un signal mystérieux émis d’un monolithe découvert sur la Lune. Mais le clou du spectacle – du moins pour les amateurs d’intelligences artificielles à la voix impassible – c’est HAL 9000, l’ordinateur qui pilote le vaisseau Discovery One. Effrayant, fascinant, il a marqué l’imaginaire collectif et symbolise aujourd’hui les dilemmes éthiques et existentiels que soulève l’IA.
- Un Oscar des Meilleurs effets visuels
- Le prestigieux prix Hugo de la Meilleure présentation dramatique en 1969
- Un statut de film culte (même si, à sa sortie, les critiques étaient parfois dubitatifs)
Ce qui fait la différence selon Lucas ? Le mariage unique de minutie, de profondeur philosophique et d’effets visuels révolutionnaires. Là où Star Wars nous offre l’aventure, l’action et la mythologie, Kubrick propose une méditation sur notre place dans l’univers, le tout avec un sens du détail qui frôle l’obsession. Résultat : une œuvre qui transforme un voyage dans l’espace en exploration du sens de l’existence.
Le verdict de Lucas : 2001, l’étalon-or de la science-fiction
Pour Lucas, pas de débat : le legs de « 2001 » dépasse tout. Ce film a posé les bases d’une science-fiction sérieuse, longtemps snobée comme simple fantaisie avant ce coup de maître. Malgré la popularité mondiale de Star Wars et son poids dans la culture pop, même lui s’incline : « 2001 » restera la référence absolue du genre.
Star Wars a remodelé la culture populaire, mais « 2001 : l’Odyssée de l’espace » a appris au monde que la science-fiction pouvait aussi être magnifique – et pousser à la réflexion profonde. C’est ce qui, aux yeux de Lucas, fait de ce film LE chef-d’œuvre du genre.
Et si, la prochaine fois que vous verrez passer un monolithe noir, vous vous interrogez soudain sur l’humanité, n’oubliez pas : il n’est pas interdit de rêver et de philosopher, même dans l’espace…