Scène surréaliste à Florence : un client furieux du prix de son café appelle la police, et le verdict final surprend tout le monde, restaurateurs y compris. Petite histoire d’une tasse qui déborde et d’une Italie où l’expresso ne plaisante pas.
Un matin pas comme les autres au Ditta Artigianale
Tout commence le 16 mai 2022, à Florence, dans le charmant café Ditta Artigianale. Jusque-là, rien d’inhabituel : des arômes flottent dans l’air, un client pénètre l’établissement, commande un décaféiné. Il le savoure – jusqu’à ce que l’heure de régler l’addition refroidisse l’ambiance. La note affiche deux euros pour son précieux breuvage, soit le double du prix courant d’un expresso en Italie. Le client, visiblement attaché à ses racines caféinées (ou décaféinées, en l’occurrence), ne décolère pas. C’est trop fort de café !
Sans hésiter, il décide de faire appel… à la police. Oui, vous avez bien lu ! Oubliez les complaintes au serveur ou les avis salés sur internet : ici, on appelle les forces de l’ordre pour défendre l’honneur du café italien. Et contre toute attente, la police donne raison au client.
La justice dans une tasse : la police tranche et le gérant trinque
Pourquoi ce zèle policier ? Selon le rapport, le Ditta Artigianale n’avait tout simplement pas affiché le prix de l’expresso sur le menu qui trônait derrière le comptoir. Résultat : amende de 1 000 € pour le gérant. Ce dernier, désabusé, partage sa mésaventure sur Instagram dans une vidéo partagée à l’intention de ses (potentiels) soutiens.
- Le client estimait le tarif abusif pour une boisson phares des Italiens.
- La police a sanctionné l’absence d’affichage du prix, non le prix en soi.
- L’affaire fait écho bien au-delà de Florence, car en Italie, le café, c’est une institution.
Le café italien : bien plus qu’une boisson, un patrimoine national
Il faut dire qu’ici, le café n’est pas une simple pause. L’expresso, vendu traditionnellement pour un euro, fait partie de l’ADN du pays. D’ailleurs, l’Italie a officiellement demandé l’inscription de son expresso au patrimoine mondial de l’Unesco – c’est dire !
Dans la Péninsule, c’est la boisson la plus bue et la plus populaire – jusqu’à 30 millions de tasses savourées chaque jour. Imaginez la scène si chaque buveur décidait d’appeler la police pour un écart de prix ! Pourtant, pour beaucoup d’Italiens, payer davantage qu’un euro pour cet or noir, c’est déjà un sacrilège. Alors, deux euros, c’est presque l’appel au scandale.
Le café du Ditta Artigianale, facturé à deux euros ce jour-là, coûtait en effet deux fois plus cher que le prix habituel. D’où la réaction épidermique du client, qui a trouvé là une injustice à réparer sur-le-champ – au nom de la sacro-sainte tradition.
Quand la note grimpe : inflation, inquiétudes et résignation
Ce fait-divers aurait pu prêter à sourire, s’il ne révélait pas une tendance plus inquiétante. D’après une association de consommateurs citée par le quotidien britannique The Guardian, les prix élevés pourraient bien se banaliser.
- La cause ? Une inflation galopante (+6,2 % en avril),
- Des problèmes d’approvisionnement,
- De mauvaises récoltes de café.
Résultat : le prix du sacro-saint expresso pourrait bientôt grimper à 1,50 € en 2022. De quoi donner des sueurs froides (ou brûlantes) aux amateurs, mais pour le gérant florentin, il est peut-être temps d’accepter de payer un peu plus de deux euros, voire davantage, pour un café. Vaste débat, dans un pays où l’identité nationale passe aussi par la dose de café quotidienne.
Après tout, quand on sait que 30 millions de cafés sont servis chaque jour en Italie, chaque centime compte – et chaque hausse se remarque. Mais soyons rassurés : tant qu’il y aura de bons cafés et des clients passionnés, l’Italie ne manquera pas de sujets de conversation animés… café à la main !