Drame au viaduc de Perrassier : le saut à l’élastique vire au cauchemar
Une journée festive qui tourne à la tragédie
Dimanche après-midi, la petite ville thermale de Néris-les-Bains (Allier) aurait dû vibrer au rythme de l’adrénaline et des éclats de rire. Le célèbre viaduc de Perrassier, rendez-vous prisé des amateurs de sensations fortes, accueillait comme chaque année plusieurs dizaines de passionnés de saut à l’élastique. À l’origine, tout sentait bon la camaraderie et la légèreté, entre ambiance décontractée et encadrement par des habitués de la discipline. Le site, connu des férus d’extrême, s’apprêtait une fois encore à offrir le grand frisson…
Mais voilà : une erreur humaine tragique a fait basculer la journée dans l’horreur. Adeline Pelaez, 22 ans et originaire de Limoges, s’est élancée en tandem avec son compagnon, Alexandre Drault, 22 ans également et venu de Coussac-Bonneval (Haute-Vienne). Leur chute s’est achevée 67 mètres plus bas, sans qu’aucune magie ne les retienne. Adeline est décédée sur le coup. Alexandre, lui, a été transporté à l’hôpital dans un état jugé critique.
Les circonstances d’un accident rarissime
Que s’est-il passé sous les yeux incrédules des participants, des témoins et même d’une équipe de France 3 Auvergne, venue filmer des sauts spectaculaires ? L’organisation, confiée à la société « Elastique-Frissons » basée à Caen, paraissait irréprochable. Quatre animateurs, des habitués, étaient présents pour encadrer l’activité. Cette structure, comme le rappellent les connaisseurs, opère sur le site depuis 1996 et n’avait jamais connu le moindre problème. L’assurance, la routine… jusqu’à cette terrible défaillance !
- L’animateur, un homme d’une trentaine d’années, devait préparer Adeline et Alexandre à leur grand saut.
- Mais il a tout bonnement oublié de les attacher au filin conçu spécialement pour les sauts en tandem, capable de supporter jusqu’à 130 kilos.
- Le couple a donc été relié à un élastique prévu pour maintenir un poids de 80 kilos maximum…
Un oubli qui ne pardonne pas. Comme l’explique le commissaire Guiraud, l’élastique n’a pas craqué. Il s’est simplement étiré au-delà de sa limite, laissant les deux jeunes s’écraser au sol, soixante mètres plus bas. Un accident rarissime, dont l’issue ne pouvait être que fatale.
Sidération, émotion et enquête à Néris-les-Bains
Le drame a laissé Néris-les-Bains sous le choc. Hier encore, les stigmates de la tragédie restaient visibles en contrebas du viaduc : traces de sang, va-et-vient silencieux des badauds, aimantés par une curiosité que certains qualifieraient de morbide… Chacun voulait comprendre comment la scène a pu se produire.
Thomas et Jean-David, deux adolescents du village, confient : « C’est à peine croyable ! Même si on ne les connaissait pas, on se sent proche d’eux. L’accident aurait pu arriver à n’importe qui. » Une impression partagée par de nombreux habitants, parfois eux-mêmes clients de la fête quelques heures plus tôt.
- Les enquêteurs retiennent aujourd’hui la thèse de la négligence.
- Le responsable du saut, mis en cause pour « homicide et blessures involontaires par imprudence et mise en danger de la vie d’autrui », a été placé sous contrôle judiciaire.
- L’équipe de France 3, témoin direct, a été entendue par les gendarmes.
Toutes les pistes sont méticuleusement étudiées pour faire toute la lumière sur cet accident qui choque la France entière.
Conséquences immédiates et silence en sursis
En réaction, la municipalité de Néris-les-Bains n’a pas tardé : décision a été prise de suspendre provisoirement les sauts à l’élastique dans la commune. Le viaduc de Perrassier, d’ordinaire théâtre de frissons exaltés, résonne aujourd’hui du silence pesant de la stupeur et de la peine.
Ce drame, fruit d’une simple mais fatale omission, rappelle à quel point la vigilance doit être la première alliée de l’extrême. Si l’appel du vide séduit tant d’aventuriers, que l’identification claire des risques et la rigueur d’organisation soient toujours au rendez-vous : le goût de l’aventure ne saurait s’accommoder du moindre oubli.