Adieu voitures électriques : ce bouleversement va tout changer d’ici 15 ans
Préparez-vous, passionnés d’automobile et adeptes du volant, à voir votre rapport à la bagnole (même branchée sur secteur) complètement chamboulé ! Au-delà des applis connectées et des mises à jour dignes des meilleurs smartphones, c’est bien un changement profond, presque silencieux, qui est en train de bouleverser la notion même de propriété automobile. À l’horizon d’une quinzaine d’années, posséder sa voiture pourrait bien n’être qu’un lointain souvenir. Tour d’horizon d’une révolution déjà en marche.
La tech, moteur de notre « non-propriété » automobile
Les innovations affluent dans nos voitures électriques : conduite autonome qui fait rêver (ou pas), planificateurs d’itinéraires, applis pour trouver la borne de recharge la plus proche, accessoires pour piloter à distance son précieux bolide… Le futur, c’est aujourd’hui. Mais derrière ces gadgets se cache une mutation plus discrète : celle d’un monde où devenir l’unique maître à bord de sa propre auto n’est plus garanti.
Initialement, la technologie nous promettait une conduite plus agréable et plus sûre. Mais elle favorise aussi l’émergence d’une automobile évolutive, dont une partie des briques – logicielles et matérielles – ne sont jamais vraiment à nous. Et ça, ça change tout.
Mises à jour : pour le meilleur… et le (beaucoup) moins bon
Qui n’a jamais râlé contre une mise à jour qui flingue son appli préférée ? Désormais, ce scénario s’invite dans votre garage ! Votre voiture Tesla, par exemple, s’améliore régulièrement comme par magie grâce à des updates distillées à distance.
- Nouveaux services et fonctionnalités.
- Surplus de puissance (quand Musk est de bonne humeur).
- Mais aussi… retrait d’options, voire dégradation de certaines capacités.
Souvenez-vous : Tesla a réduit l’autonomie de certaines Model S, sans prévenir, pour sauvegarder la batterie. Plus tard, les radars embarqués ont été désactivés via une mise à jour, rendant l’Autopilot moins performant pour plusieurs modèles. Résultat : des propriétaires en mode anxiété et allergiques aux notifications de mise à jour.
La voiture en mode « abonnement » : êtes-vous vraiment propriétaire ?
Autre coup de bambou pour le sentiment de propriété : l’accès à certaines options logicielles payantes après l’achat. Louer la climatisation ou le pilotage automatique pour quelques euros par mois devient possible avec la Porsche Taycan. Mais attention :
- Si vous cessez de payer, adieu l’option, même si elle est physiquement dans la voiture !
- Litige ? Dysfonctionnement ? Vous découvrirez peut-être que votre Porsche n’est pas vraiment à vous, mais au bon vouloir du constructeur.
Cette logique pourrait bien s’étendre à toutes les fonctions de nos autos, au point de fabriquer une voiture « à la carte », souple facultativement… et dé-évolutive si le porte-monnaie ne suit plus.
Location, réparations et fin du garage à papa
Les galères continuent si jamais votre carrosse se froisse. Les propriétaires de Tesla ne peuvent pas vraiment choisir leur réparateur : seulement les prestataires certifiés, qui paient pour accéder aux outils de diagnostic. Évidemment, ça coûte plus cher, ça prend plus de temps… et ça nourrit le sentiment d’être locataire de son propre véhicule.
Côté usage, les services de ridesharing s’envolent. De Citiz à la promesse (non tenue à ce jour) de Tesla de permettre la location de Model 3 sans chauffeur, on va vers un modèle où le véhicule sert plusieurs conducteurs, piloté ou non, et où la notion de « posséder » une voiture semble ringarde.
Même la batterie n’est plus systématiquement à vous : certains modèles comme ceux du constructeur vietnamien VinFast proposent la location de batterie, pour des montants mensuels, tout comme Renault l’avait tenté auparavant avec la Zoé. Avantage : prix d’achat affiché plus attractif, inconvénient : vous ne serez jamais complètement propriétaire de votre moyens de transport.
Et que dire du financement ? La location longue durée (LLD) cartonne, masquant le prix réel de l’auto derrière des mensualités enjôleuses. Sauf que la seule vraie certitude dans ce cas, c’est que le véhicule ne sera jamais à vous. Seul hic : pour obtenir le bonus écologique, il faut quand même afficher le tarif, ce qui trahit (un peu) le subterfuge marketing.
Bientôt, la fin de la propriété (auto)mobile ?
La voiture – et tout particulièrement la voiture électrique – prend la voie du service évolutif, à mi-chemin entre abonnement et gadget connecté. Ce modèle s’inspire d’ailleurs du monde numérique : regardez votre smartphone, dicté par le constructeur et verrouillé même sans justification technique.
Enfin, imaginez un gouvernement décidant, lors d’une crise énergétique ou par plaisir interventionniste, de brider d’un coup de mise à jour toutes les puissances du parc roulant. C’est faisable techniquement et l’idée n’est pas si folle vu certains précédents. Pas convaincu ? Demandez donc à ce cher Elon.
Morale de l’histoire : garder à l’œil ce qui se passe du côté du cloud et des notifications ; demain, la liberté d’aller où bon nous semble pourrait bien partir en fumée… de batterie lithium-ion !