Cinq ans après l’avoir sauvé, il refuse de se séparer d’elle

Une histoire d’amitié improbable, née dans l’adversité, qui prouve que le cœur n’a décidément pas de taille (sauf, peut-être, quand il s’agit d’un éléphant !). Aujourd’hui, découvrez comment un éléphanteau sauvé dans un état critique refuse désormais de quitter celle qui l’a arraché à la mort, cinq ans après leur première rencontre.

Le coup du destin sur les rives du lac Kariba

Tout commence en février 2014, au Zimbabwe. Roxy Danckwerts, fondatrice de « Wild Is Life », sanctuaire dédié aux animaux sauvages, n’imaginait pas que sa journée de travail lui réserverait une rencontre qui bouleverserait sa vie (et accessoirement sa décoration intérieure). Ce jour-là, elle tombe sur un minuscule éléphant, isolé, terrifié, à peine âgé de quelques jours, et séparé de son troupeau après avoir frôlé la noyade lors de la traversée d’une rivière. Déniché sur les rives du lac Kariba, le pauvre animal était dans un état critique : seuls, ses grands yeux trahissaient sa détresse.

Malgré les efforts pour retrouver sa famille, aucune trace du troupeau dans la région. Devant ce drame silencieux, Roxy n’a pas hésité une seconde : elle s’est lancée à corps perdu dans le sauvetage de cet orphelin. Ce qu’elle ne savait pas alors, c’est que cette décision allait bouleverser leur existence à tous les deux…

Moyo : de la fragilité à l’attachement indéfectible

Le jeune éléphanteau, baptisé Moyo (à juste titre, puisque le nom signifie « du cœur »), était dans un état de maigreur alarmant : 56 kg à peine, quand un éléphant africain du même âge plafonne normalement à près de 100 kg. Il portait également les lourdes séquelles d’un traumatisme psychologique : il était apeuré, fragile, et la vie semblait être un lointain espoir.

Certains auraient juré qu’il n’y survivrait pas. Mais c’était sans compter sur la détermination de Roxy. Pendant plusieurs mois, elle veille nuit et jour sur son protégé :

  • 18 litres de lait par jour (impossible de faire le poids face à un tel appétit !)
  • Nuits passées à dormir près de lui, pour lui offrir chaleur et sécurité

Porté par cette tendresse inébranlable, Moyo est peu à peu sorti de sa coquille. Aujourd’hui, à 5 ans, il grandit vite—tellement vite que Roxy commence à se demander s’il ne faudra pas abattre des murs pour l’accueillir plus longtemps ! Entre eux, le lien est si fort que Moyo voit en Roxy une seconde mère : la quitter ? Pourtant peu probable.

Un compagnon atypique à la maison : quand un éléphant s’invite au salon

Élevé au biberon, mais aussi à la vie de château… ou plutôt de grande demeure ! Moyo, malgré l’immensité du sanctuaire à l’extérieur, semble privilégier les intérieurs confortables aux aventures en plein air. Vous l’imaginez jouer comme un chiot ? Il préfère déambuler paisiblement d’une pièce à l’autre, s’invitant parfois en cuisine, à la recherche de nouvelles découvertes gustatives (le garde-manger de Roxy en tremble encore !).

Avec son gabarit, il est bien loin du cliché de l’animal de compagnie classique :

  • Il n’aboie pas, mais peut déplacer un canapé d’un simple coup de trompe.
  • Il ne chasse pas les souris, mais veille à ce que sa « maman » ne manque de rien. (À sa manière un peu imposante)

Ceux qui pensaient qu’un éléphant ne pouvait être un animal d’intérieur n’ont manifestement jamais rencontré Moyo. Malgré la perspective de grands espaces extérieurs, il ne semble pas pressé de troquer le plancher pour la savane.

Surmonter la peur, grâce à l’amour

Bien sûr, Moyo traîne encore les cicatrices de son drame originel : avoir failli se noyer et tout perdu à la fois. La traversée de la rivière, moment marquant de sa toute jeune vie, lui a légué une peur tenace de l’eau. Mais l’obstination et la patience de Roxy ont porté leurs fruits : après quinze mois de thérapie acharnée, Moyo a fini par affronter ses peurs et appris à nager. Aujourd’hui, grâce à cette attention quotidienne et à une véritable pluie d’amour, il peut désormais savourer la vie sereinement, entouré par celle qu’il ne quitterait pour rien au monde.

Cette histoire nous rappelle une vérité universelle : peu importe la taille ou l’espèce, c’est la tendresse et le temps offert qui font naître les plus belles amitiés. Si l’adoption d’un éléphant n’est pas à conseiller à tous (ni à toutes les cuisines), il ne fait aucun doute qu’avec de l’amour et de la persévérance, même les blessures les plus profondes peuvent être soignées.

Laisser un commentaire