Interview : Philippe Gatta et Ludovic Challéat de retour du Kangchenjunga

Interview de Philippe Gatta et Ludovic
Challéat, 4ème et 5ème français au sommet du Kangchenjunga, 8586m.


Au camp de base du « Kangch », après
une énième chute de neige. Photo : Alexia Zuberer.

 

– De retour au
pays, comment se passe la récupération ? Heureux ?!

Ludovic :
Physiquement, aucun problème par contre les retours d’expédition nécessitent
toujours une « ré acclimatation ». Il faut un peu de temps pour
« digérer » tous les moments intenses vécus en altitude. Quand une
expédition se passe bien et c’était le cas du Kangch, l’expérience humaine est
un aspect essentiel (à mon sens !). On parle souvent uniquement de
l’aspect montagne, pour moi, les deux vont de pair…

Sinon heureux évidemment d’avoir réussi
car ce n’était pas gagné jusqu’au sommet.

Philippe :
C’est toujours le bonheur de retrouver nos proches et un peu de confort après 7
semaines passées en expédition. Je suis rentré un vendredi, le samedi
j’étais déjà en falaise, trop heureux de retoucher le caillou. Les jours
suivants j’étais épuisé mais content de reprendre progressivement les autres
sports. Finalement il m’a fallu 2-3 semaines pour récupérer complètement.

 

– Ludovic, tu
étais déjà venu avec une expédition commerciale dans la région du
« Kangch », d’abord en 2001 en repérage puis en 2003 pour
l’expédition au Gimmigela Chuli : cette région a t-elle définitivement achevé
de te conquérir ?!

Ludovic : En
2001, j’avais tout de suite aimé la région pour l’aspect sauvage d’où l’envie
d’y retourner sur un 7000 en 2003 avec des clients. A l’époque, je n’avais pas
l’expérience suffisante pour envisager le Kangch sans oxygène mais le sommet,
impressionnant quel que soit le côté, était resté dans un coin de ma mémoire…
Les années ont passé, j’ai acquis de l’expérience et cette année, je me sentais
prêt pour faire une tentative sans oxygène.

 

– Comment est
né ce projet d’expédition, quels membres composaient l’équipe ? 

– Ludovic : C’est moi
qui ait monté le projet. Comme précisé c’était un objectif d’envergure que
j’avais en tête depuis 2003 mais il m’a fallu quelques années pour acquérir
l’expérience nécessaire à ce type d’ascension sans oxygène.

A la base, l’équipe était complètement différente, j’avais
pas mal de copains intéressé. Mais plus le projet approchait, plus il y a eu de
désistement ( !). Benoît, avec qui j’étais parti au Makalu en 2008 a été
le premier à s’engager (été 2010), puis Jean-Marc au cours de l’automne 2010
(Makalu en 2008 et Gasherbrum 2 en 2010). J’avais rencontré Alexia en 2007 à
l’Everest, je lui ava
is proposé ce projet.
Elle a dit ok l’automne dernier. Jean-Marc était parti à l’Ama Dablam en 2010
avec Philippe et lui a proposé le projet. Philippe, que je ne connaissais pas
s’est engagé en janvier 2011 et à proposé à Gorgan (Gasherbrum 2 en 2009) qui
s’est inscrit en février 2010. J’ai connu Régine et Cédric par internet (ils
ont vu le projet Kangch sur mon site
expes.com), on s’est rencontré en décembre et ils se sont engagés en
février.

Au final, le groupe a super bien fonctionné et on repartira
sans doute ensemble dans le futur…

 

Philippe : Au départ je voulais organiser
une expédition légère sur le Makalu. J’ai contacté Jean-Marc avec qui
j’étais parti plusieurs fois et il m’a dit qu’il allait sur
le Kangch avec Ludovic. L’idée m’a plu tout de suite. J’ai contacté
Ludovic, le courant est bien passé, nous avions tous la même approche pour
cette expédition et j’ai décidé de partir sur le Kangch au lieu
du Makalu. Ensuite j’ai proposé à Gorgan de se joindre à nous et lui aussi a
changé d’objectif (il avait prévu de partir sur le Shishapangma).

 

– Quelle stratégie d’ascension avez-vous employé ?

Ludovic : Pour ce qui est de la stratégie, j’ai
toujours une idée de trame avant de partir mais je pense que la clé sur des
gros sommet
s est de pouvoir s’adapter en
fonction des conditions de la montagne et de la météo. Cette année, il a neigé
quasi tous les après-midi, il fallait donc refaire la trace tous les jours.

Pour éviter de s’épuiser, on a décidé de faire une acclimatation
en un seul bloc sans redescendre au camp de base (5500m) : 1 portage au
camp 1 (6170m) puis 8 jours de suite en altitude avec une nuit au Camp 1 puis
déplacement du camp au Camp 2 (6400m, pas beaucoup plus haut mais avec 100m de
descente puis une grande traversée). De là, on a fait la trace avec portage à
6700m puis 6800m puis montée à 7000m. 3 nuits à 7000m avec un jour de trace à
7200m et l’acclimatation était terminée. Dans l’idéal, j’aurais aimé repérer le
dernier camp avant la phase de sommet mais on s’est retrouvé à 2 seulement avec
Alexia à 7000m (pas d’autres équipes sur le montagne) et pas de trace. On
aurait dépensé énormément d’énergie pour aller repérer le dernier camp, on a
donc décidé d’en rester là pour la phase d’acclimatation.

Ensuite, j’avais expérimenté à l’Everest une phase de
récupération de plusieurs jours à 4300m avant la phase de sommet qui s’est
avérée très bénéfique. J’ai donc reproduit ce schéma avec une descente à Ramche
(4450m) pour 4 nuits de récupération. La phase de récupération au camp de base
ou plus bas lors d’une tentative sans oxygène sur un gros sommet me paraît
essentielle. Sur 26 ou 27 expéditions sur des 7000 et 8000 et plus de 200
personnes emmenées en altitude, j’ai remarqué que la plupart des organismes se
fatiguent au-delà de 8/10j à plus de 6000/6500m et qu’une phase de récupération
est nécessaire avant de tenter le sommet. En plus, cette phase d’attente permet
d’optimiser le créneau de sommet en fonction de prévision météo même si, comme
cette année, ces prévisions peuvent ne pas être complètement exactes.

 

Philippe : La stratégie était celle d’une
petite équipe autonome, avec seulement 2 ou 3 Sherpas, un minimum de camps et
peu ou pas de corde fixes. Pour l’oxygène, certains avaient décidé de faire
sans, d’autres avec 1 ou 2 bouteilles. On a été un peu surpris par l’ampleur du
Kangch, la distance entre les camps et l’abondance de neige donc au final nous
avons dû faire 4 camps au lieu de 3. Mais pour le reste nous sommes restés
assez proche de ce que nous avions prévu, le tout dans une excellente ambiance.

Ensuite tout ne s’est pas exactement passé comme
prévu ! Dès le départ nous avons eu beaucoup de problèmes avec les porteurs ce
qui fait qu’une partie du matériel est arrivée au camp de base quand nous étions
déjà dans les camps supérieurs pour s’acclimater. On a donc fait avec les
moyens du bord. La partie entre le camp 2 (6400 m) et le camp 3 (7100 m) a été
longue à ouvrir, car elle serpente entre les séracs et qu’il a fallu en équiper
quelque uns. La météo n’a pas été très coopérative non plus avec des chutes de
neige tous les après-midi. On a aussi manqué de nourriture, donc au final on
est resté moins longtemps que prévu au camp 3.

 

 

 

– Comment s’est déroulé le ‘summit day’ pour vous et les autres membres de l’équipe ?

Ludovic : On a quitté le camp de base pour faire
un sommet le 17 mai. Rapidement, les prévis météo ont changé, d’abord pour le
18 puis pour le 19, puis mieux encore le 20. On a du faire des jours de repos
au Camp 2 puis au Camp 3 pour s’adapter et on a décidé de partir le 18 au soir
pour le 19, on n’avait plus de gaz et de nourriture !

Départ à 22h car il n’y avait ni cordes fixes ni trace et
personne ne connaissait l’itinéraire, pas vraiment rectiligne dans la partie
terminale. Le Camp 4 était à 7560m au GPS soit plus de 1000m sous le sommet.
Toutes les personnes que je connaissais qui avaient fait le sommet m’avaient
dit que la dernière journée était très longue, sachant que leur dernier camp
était à 7700m. En quittant le dernier camp, j’étais donc loin d’être sûr
d’aller au sommet : c’était plus long que prévu du fait de l’altitude de
notre dernier camp, il n’y avait pas de trace, je n’avais jamais fait plus de
1000m entre 7600 et 8600m. On a finalement mis 11h pour aller au sommet et 3h
de descente au dernier camp.

 

Philippe : Le premier problème a été la
météo ; les prévisions que nous recevions étaient complément fausses et le
temps plutôt chaotique. La fenêtre météo n’a pas cessé de se décaler au fur et
à mesure que nous montions. On a donc attendu plusieurs jours de plus aux camps
2 et 3 et comme cela n’était pas prévu, on était vraiment limite en nourriture
et en gaz. L’autre problème c’est qu’au moment où nous sommes partis pour
le sommet, aucune équipe n’avait encore réussi à traverser le plateau supérieur
pour atteindre l’emplacement du camp 4 (vers 7600 m). Il a donc fallu monter le
matos et faire le camp 4 en même temps que nous montions pour le sommet. Enfin
on avait convenu avec les autres équipes (une trentaine de grimpeurs) de faire
cet effort ensemble et surtout de tenter le sommet le même jour pour se relayer
pour faire la trace. Quand la fenêtre météo s’est décalée, tous les autres ont
décidé d’attendre et on s’est retrouvé seuls.

Le jour du sommet le temps n’était pas terrible ; très
nuageux avec même un peu de neige au début mais il y avait peu de vent. Au
niveau de l’ascension, les 300 derniers mètres en mixte ne sont pas extrêmes
mais jamais faciles et prennent donc du temps. En plus il y avait beaucoup de
neige dans l’ensemble de la face et au final on a été bien plus long qu’on ne
le pensait.

 

– Avez vous utilisé de l’oxygène ou non, pourquoi ?

Ludovic : Personnellement, utiliser de l’oxygène
en altitude est un « échec » puisque le défi en altitude est
justement le manque d’oxygène. Mais ça n’engage que moi. On n’est pas tous
égaux physiologiquement vis-à-vis de l’altitude et je conçois que certaines
personnes qui ont moins de facilité utilisent de l’oxygène pour aller sur des
sommets qu’elles ne pourraient sans doute pas atteindre sans oxygène ou en
prenant trop de risques. Par contre, je pense qu’une approche d’alpiniste
serait d’essayer de faire le maximum sans oxygène et non d’avoir recours à
l’oxygène systématiquement bien avant d’atteindre ses limites…

 

Philippe : En ce qui concerne l’oxygène,
j’avais décidé dès le début d’en prendre un minimum. J’accepte l’engagement, la
difficulté technique et physique mais je crains le risque de gelures et la
perte des facultés mentales (qui font commettre des erreurs stupides). J’ai le
sentiment que c’est du 50 / 50 et qu’on ne peut pas y faire grande chose. Pour
moi l’oxygène avec un débit relativement faible permet de limiter les risques
de gelure sans trop « piper les dés ». Peut-être que si je faisais
plusieurs expéditions sur des 8000m chaque année j’aurais un avis
différent mais ce n’est pas le cas ; j’essaye de concilier un boulot
à temps plein, des projets en falaise, Trails et
Ultras. Du coup je ne fais que quelques 8000 m et en les espaçant trop pour les
tenter sans oxygène. Dans le cas du Kangch, si personne n’avait eu
d’oxygène pour faire la trace, personne n’aurait fait le sommet.

 

– A quoi
avez-vous pensé au sommet ? Quelle émotion par rapport aux autres grands
sommets que vous avez gravi ? 

Ludovic : A la descente ! Pas d’émotion
particulière au sommet car je savais que la journée serait terminée au Camp 4
pas avant. Je savais qu’il y avait eu pas mal d’accident sur cette montagne à
la descente et que sans oxygène, plus le temps passe plus on se dégrade à ces
altitudes. Je ne suis pas resté plus de 15min au sommet, j’ai été le premier à
m’engager dans la descente, je voulais aller le plus vite possible. La première
fois au sommet de l’Everest, j’avais utilisé de l’oxygène à 80m sous le sommet.
Ça change tout ! J’ai pu rester au sommet, faire des images, profiter… La
2ème fois en 2009, je n’avais pas d’oxygène et je
ne me suis même pas arrêté au sommet pour faire des photos.

Philippe : Qu’il est grand temps de redescendre
:-). On a mis 11 h pour monter, la météo n’était pas terrible et on
appréhendait la descente, donc les conditions n’étaient pas idéales pour
apprécier le sommet. On est resté une dizaine de minutes et on est redescendu.
D’une manière générale je n’éprouve pas grand-chose au sommet, je reste
concentré et je commence à me relâcher et apprécier que lorsque je suis de
retour au camp de base.

 


Avez-vous eu une pensée pour Benoit Chamoux ou pour Érhard Lorétan qui vient de
partir ? Au sujet de ce dernier, quand vous resituez son ascension de 1995, qui
s’était passé en style alpin, avec juste un camp + un bivouac et en menant la
majorité de la trace dans la profonde sans oxygène, qu’est ce que ça vous
inspire ?!

Ludovic
: Une pensée pour Benoît quand on était sur la montagne, bien sûr…A propos de
Lorétan en 95, respect, tout comme Béghin en 83.

Philippe
: Respect, inspiration et motivation. Je ressens la même chose en ultra ou en
escalade où certains sportifs m’impressionnent vraiment.

 

– Vous êtes
tous deux allés au sommet de l’Everest, Philippe en 2007, Ludovic par deux fois
en 2007 et 2009. Vous cumulez à tous les deux 9 ascensions de 8000m désormais,
Kangch inclus. Si vous comparez cette ascension à l’Everest ou à vos autres
ascensions de 8000m, comment situeriez-vous le Kangch en terme de difficulté et
d’engagement ?

 

Ludovic :
Pour moi, physiquement, l’Everest est indéniablement plus difficile. Je parle
évidemment d’une ascension sans oxygène. De fait, le ratio sans / avec oxygène
est beaucoup plus élevé sur le Kangch que sur l’Everest ce qui montre à mon
avis (c’est ce que j’ai ressenti) que l’Everest sans oxygène est encore un
autre monde…A l’Everest, je suis allé à mes limites, il faisait très froid ce
jour là, Martine Marsigny s’est gelé la cornée à 8500m le même jour, je n’ai
quasiment aucun souvenir de descente entre le sommet et 8400m.

Par contre,
techniquement, la présence des cordes fixes change tout : pas de recherche
d’itinéraire, pas de problème de descente et l’itinéraire est peu technique sur
l’arête nord. Au Kangch, je suis arrivé au sommet après 11h d’effort
complètement lucide avec pas mal de marge. Je me suis engagé dans la descente
sans me faire de souci. Si j’avais été dans le même état qu’à l’Everest, je ne
serai sans doute pas allé au sommet du fait de la descente à gérer sans corde
fixe.

Ce qui était très
intéressant au Kangch, c’est le fait d’avoir ni trace ni corde et de devoir
« chercher » l’itinéraire par endroit. Quand on s’est retrouvé à
8200m sur les pointes avant des crampons dans la nuit sans vraiment savoir où
se situait l’itinéraire, on savait que si on s’engageait plus loin, il faudrait
avoir de la marge physique et technique pour redescendre. Benoît a décidé de
faire demi-tour dans cette zone sans doute du fait de son manque d’expérience
en très haute altitude (une seule expérience à 7400m). Alexia, beaucoup plus
expérimentée, a décidé de faire demi-tour en raison de la technicité de
l’itinéraire et de l’absence de corde pour redescendre.

 

Philippe :
Je trouve que le Kangch est plus dur est plus exigeant physiquement
que l’Everest. A cela s’ajoute la marche d’approche qui n’est pas simple non
plus. Le jour du sommet, le Kangch est plus technique, plus engagé et
plus long (1000 m), par contre les conditions météo que j’ai
eues à l’Everest étaient vraiment limites ; même en Antarctique et en
Alaska je n’ai pas eu aussi froid. Donc la réponse n’est pas si simple.

 

– Pouvez-vous
nous décrire l’itinéraire et si possible associer des cotations ?

Ludovic : Je dirai que le Kangch
serait côté AD dans les Alpes. Pour ce qui est de l’Everest, pas de cotation
possible, il y a des cordes fixes tout le long ! Quant à l’engagement, je
pense que l’Everest sans oxygène, malgré les cordes et le monde est très engagé
car on ne peut pas compter sur grand monde en cas de problème à 8800m. Pour ce
qui est du Kangch, engagement maximum également. Comme on a pu le voir lors de
la disparition de Chamoux / Royer en 95, personne n’a pu faire quoi que ce
soit…

– Quelques
temps après vous, un sauvetage inédit a eu lieu entre les camps 2 et 3 pour
Cléo Weidlich, première américaine sur ce sommet. Pensez-vous que le
développement des secours en Himalaya, qui devraient permettre progressivement
de désenclaver l’ensemble des régions du Népal, limite un peu le romantisme ou
l’engagement des ascensions ?

Ludovic :
L’hélico a essayé dans un premier temps un sauvetage à 7000m, sans succès. Même
si progressivement, quelques hélicos vont réussir quelques sauvetages entre
6000 et 7000m, je pense que compter sur des sauvetages pour s’engager un peu
plus serait dangereux…

Philippe :
Paradoxalement j’ai peur que le développement des secours entraine une dérive
de la pratique et un faux sentiment de sécurité. Les secours par hélico à ces
altitudes restent aléatoires comme le prouvent les exemples de l’Ama Dablam (https://www.kairn.com/news.html?ident=73416 )
et celui de Cléo où il a fallu plusieurs jours pour la
redescendre à 6400m avant que l’hélico ne puisse l’évacuer. Sans l’espoir
de l’hélico, elle aurait été descendue et traitée plus rapidement. Personnellement
je préférerais que l’engagement et l’isolement en Himalaya restent tels qu’ils
le sont aujourd’hui.

 

– Il y a eu pas
mal de summiters par la voie normale ce printemps, dont 6 sans oxygène.
Pensez-vous qu’un développement des expéditions commerciales sur ce sommet est
à prévoir ?

Ludovic
:  En ce qui me concerne, je
n’organiserai jamais d’expédition commerciale sur ce genre de sommet, trop de
risques liés à la très haute altitude, le terrain technique, l’éloignement. Je
ne pense pas que ce genre de sommet soit une cible privilégiée pour les
organisateurs d’expéditions commerciales. Il n’y avait pas d’expédition
commerciale sur le Kangch cette année.

Philippe :
Toutes les expéditions commerciales ne sont pas comparables. En
l’occurrence la grande expédition commerciale qui était sur
le Kangch réunissait une majorité de grimpeurs qui avaient une bonne,
voir une grosse expérience Himalayenne (plusieurs sommets de 8 000 y compris le
K2 pour certains) donc je ne suis pas sûr qu’on puisse la considérer comme
une expédition commerciale standard. D’une manière générale
le Kangch est un sommet engagé et relativement technique, en
particulier le jour du sommet avec 1000 m de dénivelé et peu ou pas de cordes
fixes, donc ce qui compte c’est le niveau technique, l’expérience et la forme
de chaque grimpeur plutôt que le type d’expédition (commerciale, entre amis ou
autres).

 


Retournerez-vous dans le coin explorer d’autres sommets ?

Ludovic :
Dans l’immédiat, je ne pense pas retourner dans cette région mais je sais qu’il
y a plein de beaux sommets à explorer et c’est dans un coin de ma mémoire…

Philippe :
Je ne pense pas, il y a tellement d’endroits où je rêve d’aller que
j’essaye de varier les destinations autant que possible.

 

– Quel est
votre prochain objectif himalayen ? Et ailleurs sur la vaste terre, il n’y a
pas que l’Himalaya après tout !

Ludovic : De
mon côté, je pars au Manaslu fin août avec des clients puis en Péninsule
Antarctique en janvier pour du ski exploration…

Philippe
: D’abord j’ai beaucoup de projets en falaise, quelque uns dans le Massif du
Mont Blanc, et pas mal de Trails et d’Ultra (Sahara Race, Atacama,
Gobi…). Côté expéditions, j’aimerais changer de région l’année prochaine
et aller dans le Pamir en Inde. Ensuite on verra, ca fait déjà pas mal pour les
12 mois à venir.

‘Pour retrouver toute l’actualité de Philippe Gatta
et Ludovic Challéat et revivre les temps forts de l’expédition 2011 au
Kangchenjunga, reportez vous aux websites :

http://www.philippegatta.fr/index1.html

http://www.expes.com/

 

Les
français qui ont touché la cime du Kangchenjunga
:

– Le 15
Octobre 1981 : Michel Parmentier et Jean-Jacques Ricouard sont les premiers
français à parvenir au sommet, sans oxygène, par la voie normale de la face
Sud-Ouest. Jean-Jacques Ricouard se tue à la descente de la partie finale. 

– Le 17
Octobre 1983 : Pierre Béghin parvient au sommet seul et sans oxygène par la
même voie normale. Exploit remarquable, sachant qu’à l’époque très peu
d’himalayistes ont osé entreprendre et réussi l’ascension d’un 8000 en solo.
Récit à lire dans son livre « Les Cinq Trésors de la Grande Neige »
aux Éditions Arthaud. 

Pour revenir
sur les évènements de l’ascension dramatique de Benoit Chamoux et Pierre
Royer en 1995, le lien de l’article de Charlie Buffet paru dans
« Libération » :

http://www.liberation.fr/sports/0101170340-les-derniers-jours-de-benoit-chamouxretour-sur-ce-jeudi-5-octobre-ou-l-alpiniste-choisit-d-aller-vers-son-reve

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