Non, la NASA ne s’est pas lancée dans la construction de portails interstellaires à la Stargate… Mais sur Terre, un homme et son association tracent des tunnels éthiques à travers le web, tout aussi fascinants, et ô combien nécessaires ! Découvrez l’aventure Respect Zone : un voyage périlleux, plein d’espoir et, qui sait, peut-être enfin quelques vrais panneaux pour les autoroutes de l’information !
Un déclic familial pour une croisade mondiale
Philippe Coen est juriste, avocat de formation et passionné du droit appliqué à l’informatique depuis un quart de siècle. Mais c’est à la maison, en écoutant son fils raconter qu’un groupe Facebook avait été créé pour se moquer d’un professeur noir, que naît Respect Zone. Constat effarant : sur Internet, on a tout inventé… sauf les panneaux ! Comment, alors, inviter la réflexion et l’éthique dans ces réseaux tentaculaires ? Voilà la question qui va animer Philippe Coen bien plus sûrement qu’un café du matin.
En 2014, l’association Respect Zone voit le jour, issue d’un brainstorming familial pour trouver le dénominateur commun « contre le racisme et le harcèlement ». Ce nom, facilement compris aux quatre coins du monde, se veut résolument positif. « Ce n’est pas une panacée, c’est une quête qui fait plus penser au mythe de Sisyphe qu’à autre chose, mais ce serait bête de ne pas tenter », confie-t-il. Bref, il est lucide, déterminé… et un brin philosophe.
Respect Zone : le label qui se fait remarquer
Trois ans à peine après sa création, Respect Zone voit son logo s’afficher fièrement sur des pages du site de l’Unesco et du ministère de l’Éducation nationale. Philippe Coen insiste : il s’agit « d’une initiative française qui s’exporte », mais qui préfère toujours parler pour plutôt que contre. Sa philosophie ? Jouer la carte de la bienveillance et de l’empathie, pour lutter contre toutes les formes d’intolérance, du racisme à l’homophobie.
L’association ne s’arrête pas là : elle s’attèle à trois piliers :
- le harcèlement,
- la discrimination,
- la radicalisation.
Et ce, sur une base globale. Peut-être est-ce pour cela que Respect Zone convainc TF1, l’Unesco, le ministère de l’Éducation nationale, et, espère Coen, bientôt d’autres ministères. Rien que ça !
TF1 et les écoles : l’effet papillon Respect Zone
Début décembre, TF1 officialise un partenariat avec Respect Zone : sur chaque réseau social ou espace numérique du groupe (soit 60 millions d’abonnés, rien que ça), le logo Respect Zone et un lien direct vers ses valeurs s’affichent. Philippe Coen dément tout simple coup de « com’ » : c’est « une réaffirmation de valeurs » et un engagement tangible pour ce groupe de 3 000 salariés.
La labellisation gagne aussi le milieu scolaire – en France et jusqu’en Belgique. Chaque semaine, un établissement s’engage ; le label Respect Zone n’est pas qu’un badge numérique. Il prend ses quartiers dans la réalité :
- panneaux d’un mètre carré dans 25 écoles,
- logo apposé sur les cartes d’identité scolaires, présentées chaque matin,
- cérémonies de signature de la charte, impliquant élèves, enseignants et parents – le seul document que les trois parties signent ensemble.
Car, précise Philippe Coen, les problèmes de harcèlement ou de comportement violent ne se cantonnent pas à la sphère « cyber » ; ils sont aussi bien physiques que numériques.
Modération, mode d’emploi (et le brevet bonus…)
Philippe Coen refuse que la modération soit réduite à un boulot « d’éboueur » – encore tout son respect pour ceux qui ramassent nos ordures, bien entendu. Il revendique trois approches pour la charte de Respect Zone :
- répondre par le contre-discours (pas réservé aux modérateurs, tout le monde s’y colle),
- signaler ce qui dérive : sinon, c’est être complice. Dans les cas les plus graves (harcèlement répétitif, injonction à la violence), l’inaction peut tuer, rappelle-t-il, en évoquant les 6 à 12 suicides annuels d’adolescents victimes de cyberharcèlement,
- retirer les contenus problématiques.
Un livret de 48 pages recense les bonnes pratiques pour les écoles, preuve que le pragmatisme guide chaque étape. À venir bientôt : un « brevet de modérateur » tous niveaux, du primaire au pro via collège et lycée. Toujours aussi Sisyphe dans l’âme mais porté par l’optimisme !
Pour Philippe Coen, il est crucial de rendre visibles et lisibles les règles, comme les panneaux routiers dans les années 1970. Selon lui, la majorité des internautes saura ce qu’est le respect, si on leur explique : « Le mot respect est un mot miroir, il en appelle à ce qu’on veut pour soi-même. »
L’ère des tunnels éthiques a commencé ! Ce n’est pas (encore) de la science-fiction façon Stargate, mais c’est déjà un saut vers un Internet civilisé : la prochaine fois que vous croisez le petit logo Respect Zone, vous saurez qu’ici, on veille au respect. À votre tour de propager l’exemple !