La trilogie de Bonatti : interview de Christophe Dumarest


 

Christophe Dumarest et  et son compagnon de cordée Yann Borgnet viennent de réaliser un rêve d’alpiniste. Après six jours d’effort, ils ont enchaîné trois voies mythiques du massif du Mont-Blanc, toutes signées du maestro Walter Bonatti : face nord des Grandes Jorasses, Grand Capucin et Pilier Rouge du Brouillard au Mont-Blanc.
Kairn.com est donc allé posé quelques questions à Christophe sur cette réalisation remarquable.

Kairn.com :  Pourquoi Bonatti ? Il y a beaucoup d’autre pointure comme Gervasutti ?

Christophe Dumarest :  Depuis que j’ai ouvert mon premier livre de W.Bonatti je n’ai jamais cessé de rêver. Il m’a inspiré dans la manière grimper et de percevoir la vie. C’est un symbole d’excellence, il a toujours eu beaucoup de recul par rapport à ses ascensions, comme en témoigne son retrait du monde de l’alpi en 1965 suite à son ascension en solo hivernale de la face N du Cervin.

Kairn.com : Pourquoi ces 3 voies en particuliers ? Il a ouvert d’autre voie comme celle au Grand Pilier d’angle.

CD : Ces 3 voies permettaient de faire un tour complet du massif du Mt Blanc. Et les voies du Gd pilier d’Angle sont exposées aux chutes de séracs. C’est un choix personnel de ne pas vouloir m’exposer. J’ai un bébé de 3 mois et je ne veux pas jouer à la roulette russe !

Kairn.com : Pourquoi Yann Borgnet ? Tu grimpes souvent avec Aymeric Clouet

CD : Clouclou est en ce moment au Népal. Je porte ce projet depuis près de 3 ans et c’est très difficile de trouver qqn prêt à s’engager pour 1 semaine. Yann est très motivé, le projet lui a tout de suite donné envie de me suivre.

Kairn.com : As-tu parlé de ton enchainement à l’auteur des voies ?

CD : Je suis en train d’essayer de contacter W.Bonatti mais j’y vais à tâtons car je veux que ça marche, je prends donc mon temps.

Kairn.com : Conditions rencontrées, pas trop tard dans la saison ?

CD : Le défi était très serré car c’est très rare d’avoir la face N des Gdes Jo en condition en même temps que les voies rocheuses du Gd Cap et du pilier du brouillard. Mais cette fois c’est passé ! La voie Bonatti des Gdes Jo ne compte pas beaucoup de répétitions françaises (2 ou 3 ?) donc c’était un vrai challenge de faire cette voie 

Kairn.com : L’idée du parapente, une bien belle façon de finir ?

CD : Le parapente était une façon de redescendre dans la vallée assez rapidement. Nous sommes arrivés à 21h à l’aiguille du midi, donc plus de téléphérique, on avait quasiment plus rien a mangé donc nos copains Philippe Barnier et Julien Erilli nous on redescendu. Il faut savoir qu’il est interdit de décoller à cette heure-là mais dans le cadre de notre enchainement nous n’avions plus rien a mangé, c’est un peu pour ça que nous avons eu l’autorisation de décoller.

Kairn.com : Les liaisons en vélo et la non utilisation du téléphérique de Torino, un choix esthétique ou écologique ?
CD : Un peu les 2, mais dans notre enchainement cela rajouter un caractère humain à notre périple. Nous nous sommes vraiment éclatés avec Yann à redescendre dans les mélèzes. Le papa de Yann nous attendait en bas avec les vélos de course pour notre liaison. Le vélo c’était un grand moment de rigolade, avec nos grosses chaussures de montagnes sur les vélos de courses ! Le fait de redescendre dans la vallée nous a fait du bien, nous ne sommes pas des dieux de l’olympe. On a pu bien manger et ce reposer un peu. J’ai quand même perdu 5 kilos en 6 jours !
 

Voir également :
Portrait de Yann Borgnet
Le site internet de la cordée ACDC
Le site internet de Christophe

Photo 1 :  Arète du Brouillard
Photo 2: Yann dans le début du pilier Rouge
Photo 3 : Vaucher Jorasses


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