Piolets d’Or : un simple « S » qui fait toute la différence

En passant au pluriel, c’est un changement radical dans le concept et dans l’esprit qu’a vécu la plus célèbre des récompenses alpinistiques mondiales. Une nouveauté reconnue et adoptée par l’ensemble des alpinistes de haut niveau et leurs institutions internationales.

C’est au terme d’une véritable révolution de palais qui a eu lieu ces dernières années dans le cénacle de l’alpinisme de haut niveau que les Piolets d’or sont nés. Une évolution des mentalités qui ont forgé l’alpinisme depuis ses origines et qui ont dû s’adapter à la réalité de la pratique d’aujourd’hui.

Alors que l’alpinisme a depuis sa naissance (1492 au Mont Aiguille ?) été synonyme de compétition pour la conquête des sommets des Alpes, puis des massifs lointains, puis enfin de la très haute altitude, il semble que le XIXème siècle a sonné le glas de ce point de vue.

Les plus hauts sommets gravis, il devient en effet difficile d’établir clairement des critères de difficultés. Comment comparer en effet une hivernale au Makalu en équipe et un enchaînement en solitaire au Cerro Torre ?
Qui de celui qui fait du A5 aux Drus et de celui qui fait du 5+ a 8400m a le plus de mérite ?

Si les cadors du GHM (Groupe de Haute Montagne) n’étaient pas capables de se mettre d’accord sur le sujet, comment le péquin de base allait-il comprendre qui devait remporter le précieux trophée.

Hors le but initial DU Piolet d’Or était de faire connaître l’alpinisme au plus grand nombre en délivrant une sorte de « César » annuel de l’alpinisme permettant un coup de projecteur sur l’activité dans les médias grand public qui ne soit pas pour une fois lié à un drame ou à une polémique

Mais c’est un véritable schisme qu’a connu le petit monde de l’alpinisme.

D’un côté les partisans d’un Piolet d’Or unique, d’une grand-messe médiatique avec un seul vainqueur, d’une compétition qui ne veut pas dire son nom mais qui ne se cache pourtant pas, on retrouve bien sur Nivéales (Cofondateur et copropriétaire du nom) L’éditeur de presse monopolistique de la grimpe et de la montagne français y trouvait en effet son compte au travers d’un prix qui a défaut d’avoir une véritable portée grand public soulevait suffisamment de débats et de polémiques pour booster quelques peu les ventes.

Le concept marketing éculé de la compétition des performances alpines s’est cependant heurté à l’absence de critères objectifs évoqué plus haut, et la mayonnaise n’a jamais vraiment pris auprès des médias traditionnels. https://www.kairn.com/fr/activites-montagne/89855/alpinisme-competition-quel-avenir-pour-le-piolet-d-or.html
La presse de montagne française (c’est à dire Nivéales) avait beau faire la « Une » de ses titres sur la manifestation, les retours hors milieu étaient toujours très limités.

En face on trouvait un certain nombre de membres du GHM (également cofondateur et copropriétaire du nom) qui ont peu à peu pris conscience de l’abîme qui se creusait entre la réalité de la pratique alpinistique d’aujourd’hui et ce prix qui ne correspondait plus aux aspirations des membres. Il aura fallu le refus d’être nominé de l’argentin Rolando Garibotti, ou les prises de position d’un certains nombres de nominés ou d’Ex Lauréats du prix pour que la mutation s’effectue.

LE piolet d’Or, a donc muté. Plus grand-chose en commun d’ailleurs entre LES piolets d’Or et son singulier. La compétition aux règles fluctuantes et polémiques a laissé la place à une célébration de l’alpinisme de pointe au travers de vidéos, photos, partages. Une évolution que nous avions nous même souhaité chez Kairn.com au vu des éditions précédentes https://www.kairn.com/fr/activites-montagne/89855/alpinisme-competition-quel-avenir-pour-le-piolet-d-or.html

Niveales déjugé, ses représentants (Claude Gardien et Manu Rivaud) s’étaient retiré l’année passée, ne pouvant accepter ni communiquer sur 6 Piolets d’Or
Les deux journalistes et leur patron ont alors clairement désavoué le jury.

De retour cette année, le groupe Niveales semble vouloir coller à un évènement qui ne lui correspond plus du tout sans toutefois pouvoir accepter se désolidariser d’un évènement qui fait référence dans le monde de l’alpinisme et qui rend incontournable l’éditeur vis-à-vis de ses pairs internationaux ce que son tirage ne lui permettrait sans doute pas.

Peut-être aurait il fallut changer de nom pour marquer plus profondément l’évolution qui a eu lieu, mais qui ne fait après tout que suivre l’évolution de l’alpinisme lui-même.
Après les conquêtes nationales, la course au 8000, aux 14×8000, aux Seven Summits… l’alpinisme retrouve sa dimension esthétique. Tairraz, Magnone ou Rébuffat seraient sans doute ravis de cette « re »-evolution.

Le Piolet d’Or n’est plus, vive Les Piolets d’Or.

Le site des Piolets d’Or

Le Teaser des Piolets d’Or

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