Pyrénées : Accident mortel en montagne sur les crêtes de La Garénère dans le massif du Balaïtous

C’est au cours d’une course d’application dans le cadre d’une formation d’initiateur d’alpinisme que Dominique Pinault, instructeur d’alpinisme FFME (Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade) a fait une chute mortelle samedi en milieu de journée sur les crêtes de La Garénère face au refuge de Larribet.

Des crêtes relativement faciles

Les crêtes de La Garénère sont cotées AD inf. Course classique pour débutants c’était, à la belle époque des camps du CAF de Lourdes la course traditionnelle après quelques séances «école » à la Brèche de La Garénère. Il était normal, comme il y a 50 ans en arrière, de choisir ces crêtes pour faire une course d’application avec de futurs initiateurs accompagnés d’alpinistes moins expérimentés notamment des débutants. Peu de vide, un assurage facile, des difficultés limitées même si le départ est sans doute la partie la plus technique.

Une évolution normale

Afin de ne pas surcharger l’itinéraire, ce qui serait devenu ingérable voir même dangereux, les stagiaires initiateurs ont été répartis en deux groupes avec leurs « élèves ». Un est allé vers le Cap Peytier-Hossard avec un guide de haute montagne ariégeois qui assurait également l’encadrement du stage, l’autre sur La Garénère avec un instructeur fédéral dont la réputation de ses compétences le situait, selon d’autres cadres fédéraux, à un niveau d’aspirant-guide. Sur La Garénère, 3 cordées conduites par 3 stagiaires initiateur avec en second des « débutants » que devaient conduire l’initiateur en formation : une cordée de 3 et deux cordées de 2. Quant à l’instructeur il évoluait en autonomie pour s’assurer de la bonne marche de chaque stagiaire et du respect des règles de sécurité et de pratique. Le début de la crête étant plus exposé il était attaché par un « prussik » à une des cordées, puis en solo.

L’accident

C’est en solo que Dominique évoluait d’une cordée à l’autre pour assurer son rôle de formateur. En solo sur un terrain techniquement facile. Mais le plus souvent, c’est sur des terrains faciles que se produisent les accidents. Une prise cède et c’est le drame. Une chute de 50 à 60 m dans la rimaye versant Pabat face au refuge et une vie d’alpiniste se termine. C’est ainsi que nous ont quitté de nombreux grands alpinistes. Les exemples ne manquent pas.

Après que le guide alerté au Cap Peytier-Hossard ait pu se rendre au refuge pour donner l’alerte (le téléphone portable ne passe pas dans tout le secteur du Balaïtous), les CRS de la section montagne et un médecin du SAMU 65 se sont rendu sur les lieux avec l’hélicoptère de la Sécurité Civile basés à Gavarnie. Les initiateurs en formation ont posé un rappel e 50 m en bas duquel les CRS les ont pris en charge pour ramener le groupe de 8, particulièrement choqué, jusqu’au refuge.

Très engagé dans la sécurité et la formation

Âgé de 56 ans, licencié au club de l’aérospatial à Toulouse depuis de nombreuses années, Dominique Pinault avait passé tous ses diplômes fédéraux jusqu’au niveau d’instructeur de ski alpinisme, alpinisme, escalade…. Très engagé dans la vie associative et la formation des jeunes c’est naturellement qu’il assurait l’encadrement des futurs initiateurs de clubs organisés par la fédération française de la montagne et de l’escalade. La sécurité, comme pour tous les cadres de son niveau, est le maitre mot. Mais la montagne fait partie de ces éléments naturels que nous ne maitrisons pas toujours. Une petite prise lâche contrairement à tout attente et….

Toutes nos condoléances à sa famille et ses amis.

Texte : Louis Dollo
Photo : Danielle Forgues

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