La chasse au trésor des cristalliers du Mont Blanc

Épuisés, courbatus, les mains cisaillées par les éclats de quartz, mais comblés par leurs trouvailles, Stéphane Dan, guide de haute montagne, et son coéquipier Alexandre Pittin, ancien skieur de l’équipe de France, reviennent de quatre jours de «cueillette» dans les confins du massif du Mont-Blanc.

A 4000 mètres d’altitude, dans «leur jardin secret», les deux acolytes ont découvert «un four», une cavité étroite regorgeant de minéraux. En l’occurrence des quartz fumés, aux arêtes tranchantes et aux faces transparentes, formés il y a 14 à 20 millions d’années dans le mouvement des plaques terrestres à l’origine de la naissance de la chaîne des Alpes.

«Cela faisait quatorze ans que je prospectais la zone», souligne le guide de haute montagne à la silhouette sèche, qui escalade les parois sans assurance et avec pour seuls outils une massette et un burin.

«J’ai la passion des pierres, mais aussi de l’engagement. On va dans des zones instables où un alpiniste ne devrait rien avoir à faire en raison du risque», poursuit le quadragénaire, skieur freeride de haut niveau.

Comme lui, ils sont environ une quinzaine de cristalliers sur les 80 déclarés en mairie de Chamonix, à exercer de manière assidue cette activité ancestrale. Pratiquée jadis par les paysans et guides pour arrondir leurs fins de mois, elle alimente aujourd’hui un marché de collectionneurs international.

«C’est une quête du Graal. Une chasse au trésor pendant laquelle on rêve tous de découvrir une fluorine rose», le cristal le plus convoité dans le massif, reconnaît le maire de Chamonix Éric Fournier, initié à cette passion par son père.

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