Rencontre avec Tatiana Chatel

Vous voyez de plus en plus de personnes ayant l’air de s’amuser sur des fils qui bougent… Il s’agit de slackline, un nouveau sport en expension que l’on retrouve sur beaucoup d’évènements français.

Nous sommes partis à la rencontre de Tatiana Chatel, une jeune slackeuse qui promet de belles choses sur les contests de slack.

– Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Tatiana Chatel je suis en région parisienne, j’ai 26 ans et j’essaye de faire cohabiter mon métier d’enseignante avec ma passion pour la slackline depuis 1 an et demi maintenant. Après 10 ans de gymnastique et 5 ans d’escalade je trouve finalement un bon compromis dans la pratique de ce nouveau sport.

– Comment es-tu venu à la slackline ? Pourquoi avoir choisi ce sport ?

Je dirai plutôt que c’est ce sport qui m’a choisie et non le contraire étant donné que je l’ai découvert totalement par hasard grâce à un ami grimpeur qui avait une slack avec lui ce jour là (Merci Fabrice Rafart !). C’était précisément le genre d’activité dont j’avais besoin, ayant un travail intrusif sur ma vie personnelle. Je recherchais des sports permettant de m’évader, de ne penser à rien d’autre … Je me suis aperçue par la suite, au fil de ma pratique, qu’il apportait bien plus qu’un échappatoire et que cette recherche d’équilibre s’accompagne de nouveaux défis, de rêves, de nouvelles conceptions. J’ai vu mon corps changer, mes capacités de concentration augmenter, j’ai fais aussi de très belles rencontres et ça a donné un sens à mes voyages, appréhender les paysages sur le fil ça a quelque chose de magique.

– On te voit de plus en plus sur les contests, qu’est ce que cela t’apporte ?

Pour le moment je suis la seule française à participer sur les contests de Jump. c’était au départ une manière de valider mes progrès, c’est maintenant un moyen, pour moi, de faire rentrer la pratique féminine dans les compétions de slackline au niveau français (même si mon niveau n’est pas encore à la hauteur de ce que peuvent faire les filles dans les autres pays) , ça m’a permis également d’être aidée par Slackzone, un sponsor Allemand, qui est dans cette même optique, et de progresser en voyant d’autre styles.

– Quels sont les différents évènements de slack que tu conseilles aux lecteurs ?

Je recommanderai bien évidemment les Natural Games (à Millau le dernier week-end de juin), pour moi un des plus grands événements de slackline qui draine des sportifs du monde entier et qui permet au slackline de figurer aux cotés d’autres disciplines que j’affectionnent beaucoup comme l’escalade. On peut y pratiquer toutes les variantes de la slack (highline, waterline, jumpline, trickline)

Le FISE (Montpellier du 8 au 12 mai) est également un événement incontournable puisqu’il devient maintenant avec les NG une étape officielle pour le classement au championnat du monde.

Il y a également des rassemblements qui couplent slackline et jongle tel que le Karnaval (Lyon en général au mois de mars) auquel je reste très attachée car cet événement à connu mes débuts de jump.

– Tu es plutôt slack, jump, high,long … line ?

Par la force des choses je suis plus jumpline : j’ai commencé la slack seule avec un petit budget et 15m de slackline, du coup après la maitrise des traversées, l’évolution qui s’est offerte à moi était de faire entrer mes acquis de gymnaste dans des figures plus aériennes. Avec la rencontre de nouvelles personnes dans le monde du slackline j’ai progressivement ouvert mes horizons et pris plaisir à faire de plus longues distances ou me confronter au vide quand j’en ai l’occasion.

Ce qui est certain c’est que je ne pourrai jamais me restreindre totalement qu’à une seule pratique tant on trouve des plaisirs différents dans chacune d’entre elles.

– Tu as créé un club dans la région parisienne, tu peux nous en dire plus ?

Effectivement, l’idée est née dans un esprit de convivialité nous étions de plus en plus à venir assidûment slacker. J’avais l’an dernier beaucoup de temps à moi pour organiser des événements ou des rassemblements ce qui a permis à notre petit groupe de grossir au fur et à mesure. De contact en contact nous avons travaillé avec France Ô, Créatvif (association qui propose le développement de l’art et l’éducation par le corporel et la réflexion) et j’ai pu récupérer des propositions de prestations rémunérées … dès lors il nous fallait penser à officialiser ce groupement informel et utiliser toutes les valeurs qui nous réunissaient pour créer une association qui a pour but d’encourager, favoriser et promouvoir la pratique du slackline.

Slacklinkers 91 est devenu la première association de slackline en région parisienne. Nous sommes affiliés à la FFCAM ce qui nous permet à coté d’être assurés sur les pratiques des sports alpins en France comme en Europe et de faire vivre tout le panel d’activité autours de la slack .

Nous sommes une 15ène pour le moment et l’entraide est de mise avec le soutien d’Hugo Basserau (secrétaire) et Christophe Lacan (vice président) qui apportent à l’association toute l’impulsion dont elle a besoin dans ses premiers mois de vie et qui fournissent un travail remarquable. Si notre vocation première reste le loisir et le plaisir de se rassembler, je n’en exige pas moins une irréprochabilité du coté des installations de façon a être un point de repère et de « formation » pour les débutants qui s’initieraient sous notre coupe.

La dynamique de groupe amène progressivement l’association à évoluer vers de nouveaux objectifs : la participation sur des compétitions, l’investissement bénévole pour certains projets (le téléthon 2013 normalement) des prestations pour des démonstrations ou des initiations dans toute la région. S’équiper et se former pour la highline semble également être de mise avec pour certains membres, la possibilité de trouver des temps de rassemblement avec « Line Up » un groupe de highlineurs à dominante urbaine mené par Cédric Chevalier et Patrick Evesque. Bref en deux mots cette association a, je l’espère, de beaux jours devant elle, tant qu’elle se fera l’écho des 15 personnalités uniques et motivées qui la compose ainsi que tout ceux qui voudront par leur petites pierres embellir l’édifice.

– Tu as assez rapidement progressé en slack, pourrais-tu donner quelques conseils aux débutants voulant s’initier ?

Ce qui est frappant dans cette activité c’est en effet la marge de progression, une traversée de 10m est envisageable très rapidement. Le plus simple est de prendre une sangle de 5cm (les plus larges) et d’y mettre beaucoup de tension afin de limiter au maximum les mouvements latéraux. Les pieds doivent se poser dans l’alignement de la sangle (éviter les pieds en danseuse) le regard doit être porté sur un point fixe devant soi (ne pas regarder ses pieds). Le reste est lié aux sensations : certains préféreront pratiquer pieds nus, d’autres en chaussures. Il faut proscrire à tout prix les chaussures non adaptées ainsi que la pratique en chaussette beaucoup plus accidentogène. Le dernier conseil serait : respire, prends ton temps et persévère car il y a de belles victoires à conquérir en slackline.

– Quelques groupes se font ‘virés’ de parc publics ou places, … d’après toi que faudrait-il faire pour remédier à cela ?

C’est vrai que la pratique prend de l’essor, et il n’existe pas encore dans les règlements des parcs, des articles clairement spécifiques sur le sujet de la slackline. Il est donc nécessaire de se munir d’arguments solides pour continuer à pratiquer dans le respect des règles et ne pas attirer sur nous la mise en place d’une législation qui nous desservirait. Il faut donc que chacun se rende responsable de sa pratique en s’engageant à protéger les arbres, en sécurisant ses installations pour lui (sécurité du cliquet) et pour les autres (ne pas couper de chemins, baliser sa slack dans les espaces publics sur de la longline…) en respectant les contraintes environnementales : utiliser des arbres assez gros.

– Parlons voyage, un peu de rêve… Tu bouges pas mal en France et étranger, quels sont les plus beaux spots que tu as pu voir ?

J’ai pas mal bougé en France pour des festivals choisis pour leur capacité à accueillir de nombreux slackeurs et je commence depuis 1 an à passer régulièrement les frontières. Chaque environnement à son charme que ce soit entre deux palmiers à Barcelone, dans un bâtiment à l’architecture unique à Genève, un morceau de forêt près de chez moi, la neige des montagnes Suisses, les hauteurs du Saussois …

– Quels sont tes plus beaux souvenirs ?

Assurément ceux que j’ai pu partager, et il faut dire que j’ai eu l’occasion de faire la connaissance de personnes formidables sans qui ces parcelles de rêves n’auraient pu exister : une 1ère highline validée avec Emily Sukiennik qui s’est avérée un très bon coach.

Une session slackline improvisée à 2500m d’altitude au détour d’une rando avec Chrislaine Hug qui en plus de m’avoir ouvert les yeux sur des paysages sans pareil, a su m’apporter une grande et belle amitié.

Une après-midi dans une piscine municipale avec des slacks au-dessus de la fosse à plongée et du bassin principal, l’occasion de rencontrer les fondateurs de Paris slack et ceux qui deviendront par la suite le noyau dur de notre belle association sportive.

Mon premier rassemblement à Lyon : j’ai vu pour la première fois une 20ène de sangles tendues dans tous les sens, une véritable toile d’araignée si bien qu’on ne savait plus où donner de la tête. J’étais impressionnée. Certains, comme Yoann Moulin, étaient venus avec de quoi jongler :une première pour moi qui découvrait que tenir sur une sangle c’était bien mais que les possibilité pour rendre sa pratique originale était infinies.

Photos : Chrislaine Hug, Cédric Chevalier.
Merci à Tatiana Chatel

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