Critique : King Of Da Caillasse II

 Deuxième œuvre de la Team Les Collets,  « King of Da Caillasse 2 » débarque cette fin d’année. Il tombe à point nommé, manière de réchauffer un peu l’atmosphère avec toute cette neige qui s’accumule derrière la porte !




Le but de ce film est de nous faire partager de beaux spots de grimpe et des lignes majeures, pas forcément à l’autre bout du Monde, mais à le plus souvent  à quelques centaines de kilomètres de voiture  de nos logis au plus. « King Of Da Caillasse 2 » se veut être un documentaire du terroir, où s’enchaînent différents clips aux thèmes variés un peu comme la série des « Dosage ». A part qu’ici, nous avons affaire quasi exclusivement à des sites d’escalade français, que ce soient des bases comme le Verdon ou la Sainte Victoire, ou alors les spots du Briançonnais chers aux frères Sémiond, réalisateurs du brûlot et originaires de la vallée. L’objectif du DVD : prouver que ce n’est pas la peine de partir aux antipodes pour capturer des images plaisantes. De même, les acteurs sont voulus 100% français, histoire d’adresser un petit message explicite aux grosses boîtes de prod étrangères : nous aussi nous avons nos stars et ils nous présentent leurs cailloux !




Et justement Le beau caillou est mis en avant, avec par exemple le cadre verdoyant de Bonneval Sur Arc , à l’image du superbe « Huracan », tout en serrage et gainage en bord de rivière. De même, on retrouve un peu plus tard une escapade touristique sur le spot de grès de Santa Gadea, la nouvelle Mecque du Pays Basque espagnol. Au rayon beauté cachée, l’ambiance alpine de l’Aup Martin ou la magnifique colonnette de « Hulkosor » au Verdon ne seront pas sans nous émouvoir. On se rend compte que dans chaque séquence, l’acteur principal c’est bien la « caillasse ». Le plaisir de se mouvoir  sur des morceaux de choix est particulièrement présent, à l’image des nombreux commentaires des grimpeurs placés ça et là qui expriment avec enthousiasme leurs ressentis, que ce soit sur l’effort proposé par les challenges comme Gérôme Pouvreau dans « Aubade », des approches plus historiques comme Jérôme Meyer qui nous conte la découverte de Tralenta ou des explications sur des coups de cœur comme Tony Lamiche ou le local Rafael Gomea sur Santa Gadea. On retrouve toujours la marque de fabrique de la team Les Collets dans les séquences : des gros plans sur des préhensions, des partages de sessions entre potes et un coté nature assez omniprésent. Pas question de nous montrer des enchaînements dans des gymnases extérieurs, chaque séquence présente un cachet particulier avec des endroits à la fois sauvages, magnifiques et exceptionnels. Hmm l’eau turquoise de la séquence deep water solo…




La falaise est à l’honneur ! Gérôme Pouvreau se fâche tout rouge dans « Aubade », une voie aux mouvements exigeants, Tony Lamiche offre un finish époustouflant dans l’esthétique « proue débridée » dont certaines réglettes ne font pas rire, « Briançonnais style ». « Touffe enought », ou la colo de « Hulk » nous dépaysent complètement. Mais je trouve globalement que les prises de vues pourraient gagner en punch. L’imbriquement dynamique entre zooms sur des préhensions et plans plus larges rend les ascensions particulièrement vivantes. Mais il manque un truc. Les plans en plongée dans l’axe du grimpeur sont relativement peu nombreux. Peut-être est-ce l’origine du trouble ?




Rien à redire sur les séquences de bloc en revanche. Le grand Art est maîtrisé. L’essence de l’activité ressort à merveille. Des originalités sont mêmes de la partie comme quelques images d’une session de nuit, un dépaysement sur le grès ibérique du pays basque espagnol avec des passages purs comme « Yogano », le dévers de « La proa » ou encore le très à sensations « El budedo ». Nous n’oublierons pas la sublime séquence finale à Ailefroide avec le défrichage du joli highball « Ce que Lola veut ».




Enfin, un petit mot sur un autre atout décellé tout au long du visionnage : le son. La musique, qui est autoproduite, est ma fois remarquable, avec des ballades rock aériennes qui se calent très bien sur les mouvements de grimpe. Vraiment plaisant de A à Z, ce qui est assez rare pour un DVD de grimpe.




King Of Da Caillasse II offre un tour du proprio 100% french touch fort séduisant. Sortez le camembert, le béret et le vin rouge et la baguette, et direction l’Argentière !

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