Entretien avec marko prezelj, lauréat de son 3ème Piolet d’Or

Marco est un guide de haute montagne Slovène. Il est récompensé par un troisième piolet d’Or. Pourtant il avait refusé son second en 2007, Marco ne peut comprendre que l’on puisse noter des alpinistes. Les Piolets d’Or doivent être une fête, pas une course à la meilleure performance.

Chaque alpiniste est vainqueur, pour lui, il n’y a aucun perdant !

Il fait référence au cinéaste japonais Kurosawadont le film Rashômon met en scène une situationunique interprétée différemment par chaque personne. Pour l’alpinisme, c’est similaire. Vous pouvez avoir 4 juges qui regardent la même ascension, leur expérience au travers de cette vision ne sera pas la même.

« L’alpinisme n’a pas de règles, seules existent celles que nous nous créons. Nous n’attendons pas de secours, d’assurance. L’alpinisme c’est notre volonté, notre choix du moment, des conditions.

Il ne faut pas oublier qu’une expédition se prépare longtemps à l’avance, même si nous avons déposé notre objectif pour le permis. D’ailleurs bien souvent nous n’avons pas le permis pour le sommet désiré, alors nous devons rebondir et trouver une face qui puisse nous faire rêver. Nous sommes déjà prêts pour l’expédition, notre mental s’est préparé depuis longtemps ».

Pour Marco, Les Piolets d’Or peuvent se baser sur un mensonge, il y a eu des exemples que je ne citeraipas. La compétition impose toujours une tricherie, un non-dit.

Les Piolets d’Or doivent être créateurs, être une référence. Ils doivent montrer la voie, un respect des grimpeurs, de valeur et de partage.

Marco serait partisan d’un évènement où les alpinistes se retrouveraient ensembles pour promouvoir l’alpinisme.

L’histoire des Piolets d’Or est complexe.

Le piolet d’Or a été créé en partenariat en autres entre le GHM et Nivéales. Nivéales média très puissant dans le monde de l’outdoor ne désire qu’un seul vainqueur comme cela s’est fait lors de la remise de 2007 où Marco a eu l’audace de refuser son Trophée. Le GHM qui fait écho des demandes des alpinistes, a fait évoluer le format, par 3 nominés. Le nom évolue donc vers les Piolets d’Or.

Un cadre de valeur est mis en place pour mieux comprendre la quintessence de l’expédition. De ce fait, chaque alpiniste peut avoir la chance de remporter la victoire en fonction de ses moyens.

Cette rivalité en 1 ou 3 piolets d’Or est loin d’être réglée, puisque le groupe Nivéales est entré en procédure contre le GHM pour faire valoir son droit de n’avoir qu’un seul vainqueur !

La perte des valeurs de conquête, de découverte, de défi est totalement occultée, Le groupe Nivéales ne cherche-t-il pas à imposer une vision exclusive de business là où les alpinistes ne rêvent que d’exploit ?!

La montagne, terre de liberté et de responsabilité, exprime encore des valeurs que nous sommes souvent si fiersde partager.

L’argent ne mènerait il pas vers une perversion de la compétition, basé sur des mensonges – et plus ridicule encore – à du dopage ? Plus de risques pour les jeunes alpinistes qui rêvent d’être nominés au Piolet d’Or ne serait-ce pas aussi la porte ouverte à une accidentologie bien plus importante ? Quelle image montrera alors encore une fois la montagne ?

Nous devons tous garder dans nos cœurs la passion qui nous anime face à ces moments partagés en montagne.

Gardons à l’esprit que la Montagne est comme une femme, elle est fragile, elle a besoin d’attention, de compréhension. La montagne a besoin de romantisme, notre approche doit être digne de nos valeurs…

Les images de leur ascension du Hagshu.

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