Guide

Un silence assourdissant plane sur le petit groupe. On n’entend que les respirations sourdre de temps à autre, tel le vol désordonné du chocard lors d’une accalmie précieuse. Encordés au milieu du glacier, la tension est prééminente.

Le brouillard masque la moindre des aspérités, il se retourne : seules quelques ombres éparses le suivent. Aveuglés par les épines de neige qui cinglent leur visage, ils progressent à tâtons. Une seule direction à suivre : le refuge.

Bientôt une ombre plus grosse que les autres apparaît devant eux, de plus en plus grosse, massive, opaque.

Une porte bientôt s’ouvre … et la chaleur envahit tout.

Je suis fier d’être guide de haute montagne. Je suis heureux de pouvoir rassurer ceux que j’amène fouler les cimes, de pouvoir leur apporter un peu de sérénité. Je suis heureux qu’ils puissent vivre des moments de bonheurs peut-être un peu plus intenses que d’habitude, qu’ils apprennent un peu d’eux-mêmes, qu’ils ramènent chez eux des souvenirs bruts, sans fards.

Et pourtant à priori, ce métier ne sert à rien ; à priori ce métier ne crée aucune richesse.

C’est peut-être pour cela que ce métier est essentiel.

Nous ne transportons rien que nous même et ce dont nous avons besoin pour subsister. Accompagnés des voyageurs que nous emmenons, nous progressons. Nous ne découvrons et ne faisons découvrir souvent que des images, des sensations qui s’importent et s’imposent en bribes dans nos inconsciences.

Pourtant là haut, nous regroupons le monde.

Parce que dans l’effort de l’incertitude le seul repère est en l’Homme.

Lire la suite sur le blog de Paul Bonhomme

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