J’ai fait un rêve… des grimpeurs respectueux et unis !

Mes amis des sites web telque Kairn, Escalademag, Grimpisme, Zebloc, (pour ne citer que ceux-là) ect. relayent quasi quotidiennement les limitations ou interdictions d’accès aux falaises et autres sites d’escalade à travers le monde.

Vous le savez peut être, je milite depuis 1995 au sein du COSIROC (Comité de défense des sites et rochers d’escalade), sorte de fédération d’associations créée en 1962, contre une mise sous cloche de la nature et contre les interdictions abusives. Il est clair que depuis une vingtaine d’années, les choses se sont accélérées et que ces interdictions, de plus en plus nombreuses, sont aussi, de plus en plus justifiées par les autorités ou propriétaires, par des problèmes de non respect et de comportements de la part des grimpeurs et autres usagers des sites. Force est de constater que bien souvent, ils n’ont pas tort !

Les raisons de ces interdits sont multiples et plus ou moins justifiées. Je les classe en trois catégories :
– Les interdictions ou limitations préventives liées à la sauvegarde de l’environnement.Elles sont souvent dues à la présence d’une faune et d’une flore remarquable qui justifie des mesures de protection plus ou moins justifiées du biotope mais souvent concerté et limité dans le temps et l’espace. A moins de les attaquer devant les tribunaux, ce qui suppose d’en avoir connaissance (délais très court), le plus souvent sur la forme plus que sur le fond, le mieux à faire est de les respecter et petit à petit de renouer le dialogue (par exemple en intégrant les comités locaux de pilotage Natura 2000) pour négocier une « réouverture »).

– Les interdictions ou limitations préventives liées à la sécurité des biens et des personnes. Lorsqu’elles sont justifiées et précises comme c’est le cas de la falaise du Cimaï actuellement, il est nécessaire et impératif de les respecter. Lorsqu’elles sont non fondées ou évasives, le mieux est sans doute de tenter très vite la conciliation et, en cas d’échec, d’attaquer l’arrêté municipal ou préfectoral au tribunal administratif. Cela demande du temps et des moyens…

– Enfin, troisième catégorie, les interdictions ou limitations « punitives », liées d’abord à un problème de comportements du propriétaire ou des usagers…
A l’origine des conflits sur l’usage d’une falaise, d’une zone de blocs ou d’un canyon, on trouve un scénario classique : des sportifs investissant un lieu, souvent sans aucun renseignement sur le ou les propriétaires, qui se mettent à décaper les blocs, purger la falaise…, avant d’y attirer une myriade de pratiquants. En outre, pour accéder à ce site, il faut souvent improviser un stationnement, traverser une ou plusieurs propriétés privées, etc.

Conséquences : des propriétaires mécontents qui saisissent parfois l’autorité publique pour faire valoir leurs droits, des associations locales de chasseurs, pêcheurs ou de naturalistes qui protestent contre le saccage du site, des agriculteurs en colères par ce que des grimpeurs piétinent leurs champs, ne ferment pas les barrières, stationnent dans les chemins d’accès nécessaires à leur travail quotidien… et le clash survient plus ou moins vite, plus ou moins violemment suivant la résistance des uns et des autres et leur capacité respective à nouer un dialogue. Si ce dialogue avait existé au départ, peut être que… mais ce n’est même pas certain car, « l’étranger », celui que l’on ne connaît pas, fait peur… ! Parfois c’est juste la peur d’être tenu responsable en cas d’accident. D’ailleurs, cette mécanique fonctionne avec tous les loisirs de pleine nature mais aussi avec les oppositions aux industriels quand ils envahissent une campagne avec un projet incertain (le pire étant le Gaz de schiste actuellement) ou l’arrivée dans une petite commune un groupe d’étrangers. Je ne juge pas, c’est un constat.

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