La fondation Petzl : vitrine ou mécénat ?

crédit photo : S.Lozac’hmeur

Le mécénat est une pratique assez peu connue du grand public français. Cette pratique peut même susciter des doutes quant à son bien-fondé. A ce titre, L’exemple de la fondation Gates est édifiante. Il semble donc assez prudent de s’assurer des intentions d’une société investissant dans une telle pratique. Qu’en est-il dans le domaine de la montagne ? Nous avons voulu nous intéresser à la fondation Petzl, entièrement dédiée au financement de projets ayant trait à la verticalité. Est-elle une fondation désintéressée ou l’entreprise Petzl bénéficie-t-elle d’un retour sur investissement, des presque 400000 euros annuels de budget ? S’il ne les nie pas, les impacts de cette fondation sur l’image de l’entreprise n’est pas la préoccupation d’Olivier Moret, son secrétaire général dont la mission est de superviser les projets (une quarantaine par an) avant tout utiles aux communautés de la montagne et du monde vertical.

La fondation Petzl, pour être un acteur du monde de la montagne

Fondée en 2006 par le fondateur de l’entreprise, la fondation était un moyen pour Paul Petzl de s’impliquer dans le milieu de la montagne autrement qu’à travers une relation marchande. Ainsi, à travers la fondation, l’entreprise soutient des projets d’intérêt général portés par des organismes à but non lucratif en lien avec la montagne et la verticalité et ce dans trois domaines :

  • prévention des accidents
  • préservation de l’environnement
  • amélioration de la connaissance

Le statut choisi de fondation d’entreprise permet de récupérer 60% des fonds investis sous forme de crédit d’impôt. Cela signifie que la société dépense réellement environ 160000 euros annuellement. Autrement-dit, même avec le soutient de l’état, il y a un véritable investissement de la part de l’entreprise.

De grandes réussites

Pendant que certains élus s’agitent autour de l’accès au sommet du Mont-Blanc, la fondation a réalisé une étude poussée sur l’accidentologie sur la voie normale du Mont-Blanc. il serait bon que les décideurs s’en emparent.

Aussi, à l’occasion de la refonte du site camptocamp.org, à laquelle la fondation a participé financièrement, l’alimentation d’une base de données des accidents (SERAC) a été mise en place.

L’implication dans la rénovation du refuge de l’Aigle est aussi une grande fierté pour la fondation. Car, au-delà, de la réussite opérationnelle de la rénovation, la fondation a contribué à résoudre un long conflit  en finançant des études techniques et le projet architectural qui a permis de contenter la quasi totalité des acteurs.

Notons également le travail réalisé pour convaincre l’IGN d’afficher, sur le site geoportail, la carte des pentes qui constituent une aide précieuses pour préparer des sorties en montagne l’hiver.

Aussi, on doit à la fondation Petzl l’organisation de la sustainable summit conference en juin 2018 à Chamonix, conférence internationale réunissant les spécialistes de la montagne pour échanger sur les impacts humains et climatiques sur les hautes montagnes.

Enfin (parce qu’il faut bien s’arrêter) notons la création puis les mises à jour du mémento UIAA de la montagne qui sert de référence technique pour les sports de montagne, dans le milieu associatif et fédéral.

Les projets en cours

Dans le tuyau, 40 projets sont en cours. Ceux qui se terminent laissent leur place. Bientôt, parmi les nouveaux, deux projets remarquables vont occuper la fondation.

Dans le cadre de la prévention des risques, la fondation a décidé de recruter une doctorante en sociologie pour exploiter l’ensemble des données de la base SERAC. L’objectif est d’identifier les scénarios accidentogènes typique pour mieux les prévenir.

La collaboration avec l’IGN ayant bien fonctionné, un projet permettant de mettre à disposition des outils de préparation de courses en montagne entre l’IGN et la fondation est à l’étude.

Un suivi régulier pour éviter les échecs

Nous avons tenté de nuancer cette description en poussant Olivier Moret dans ses retranchements. Nous avons donc tenté de le faire sur le plan utilité et réussite car à peine 2% des projets échouent. La raison ? Une instruction très poussée en amont des projets et un suivi au plus près. Il est arrivé à Olivier de demander à ce que l’objectif des projets soit redessiné pour être réaliste. En tant qu’ancien journaliste, il saura vous poser les bonnes questions pour déceler la faille dans votre projet. Inutile donc de prétexter une cause humanitaire ou environnementale pour vous faire financer votre expé.

Pour aller plus loin :

Une étude pour analyser les accidents des sports de montagne, soutenue par la fondation Petzl

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