La sécurité en cascade de glace

La glace est un liquide solidifié qui est fragile et instable. Une cascade de glace est un élément en mouvement permanent comme peut l’être un glacier. L’évolution permanente de la glace en raison de son support de base, l’eau, et des conditions environnementales tel que froid ou chaleur en font une structure d’escalade sensible susceptible de s’écrouler à tout moment et dans laquelle tout matériel sécuritaire n’est efficace qu’en raison de la solidité du support de fixation.

Nous voyons clairement que le risque zéro n’existe pas et n’existera jamais pour ce type de pratique quel que soit le niveau du pratiquant.

Néanmoins, il existe quelques règles à respecter pour limiter les risques.

Voici les 10 commandements aux pratiquants de l’escalade de cascade de glace :

1/ Prudence, et modestie.
2/ Estimation de ses capacités personnelles et de sa technique. De ses capacités du jour.
3/ Savoir en garder sous le pied et dans les bras (les brochages sont pénibles !).
4/ Bannir la fuite en avant, bien se protéger régulièrement.
5/ Anticipation. Anticiper les points d’assurage et les difficultés.
6/ Tous les sens aux aguets savoir regarder, écouter, sentir, comprendre. Savoir renoncer. . .
7/ Gérer ses efforts.
8/ Rester courtois avec les autres cordées, s’entraider.
9/ Bonne connaissance de la haute montagne hivernale, de la neige et des techniques de cascade10/ Autonomie en terrain d’aventure, ascension pouvant se dérouler dans des vallons parfois très isolés.

Les unités du secours en montagne (CRS & PGHM) ne sont pas avares de conseils. Leur expérience de l’accidentologie dans ce milieu spécifique est majeure quant à la qualité des recommandations. Nous pouvons citer entre autre :

            • * Pour s’é
              quiper, se décaler du pied de la cascade et se mettre à l’abri.
              * Ne pas s’engager à plusieurs cordées dans une cascade sinon, se décaler mais toujours rester vigilant.
              * Aux relais relier les broches entre elles (Relais multi directionnel) et assurer directement son leader sur soi.
              * Ne pas utiliser le relais comme point de renvoie.
              * Préférer une broche juste au-dessus avec un absorbeur de choc.
              * Mousquetonner qu’un seul brin de corde, afin de réduire la force de choc en cas de chute.
              * Décaler les relais de la ligne de progression et l’installer dans un emplacement protégé (des chutes de glace ou de pierre).
              * La fuite en avant en glace est à proscrire.
              * Ne pas aborder la glace comme l’escalade en falaise.
              * Etc….

Christophe Moulin, guide de montagne

‘ Le meilleur moment pour grimper se situe lors d’un réchauffement ambiant modéré car celui-ci donne à la glace une plus grande plasticité et un meilleur amorti des ondes de choc. Dans ce cas, il faudra prendre bien soin de ne pas trop attendre car lors de la fonte, la glace perdra rapidement sa cohésion première.
‘ Si une période de froid survient après ce réchauffement, l’escalade sur glace deviendra fastidieuse, le regel de surface faisant éclater la glace (en’assiettes’) sous les coups de piolet. ‘

Et il précise en donnant quelques conseils techniques :

* Observez la structure et les dangers objectifs éventuels avant de vous lancer.

    • * Ne partez pas dans une cascade si une cordée s’y trouve déjà.
      * Organisez le matériel sur vous avant de démarrer et essayez de bien viser l’endroit où vous allez ancrer un piolet ou poser le crampon.
      * Ne vous faites jamais bloquer sur une broche et encore moins sur votre piolet par votre camarade (effet de poulie) mais vachez vous dessus si besoin.
      * Portez un casque si vous voulez vivre longtemps et pensez qu’il vous protège autant des chutes de glace ou de pierres que des chocs durant votre chute.
      * Entretenez votre matériel et changez souvent vos lames (dès l’usure de la 1ère dent), vous apprécierez la différence.
      * Rappelez-vous que la connaissance de cette matière changeante qu’est la glace, la subtile perception des ancrages ainsi que la mise en place correcte des broches nécessitent de l’expérience.

Voir tous les conseils des pros

Au-delà des aspects techniques la FFME rappelle dans ses recommandations :

‘ Il est de la responsabilité de tout pratiquant des Activités fédérales de pleine nature en site naturel, non encadré par un professionnel ou un diplômé bénévole, d’estimer lui-même les risques qu’il prend en s’engageant dans un itinéraire…. ‘

‘ . …. l’alpiniste, …. ou tout pratiquant des activités fédérales de pleine nature, est seul responsable de sa propre sécurité ‘
‘ …. Il est donc nécessaire que le pratiquant :


* S’assure par tous les moyens possibles (examen visuel, bibliographie, renseignements communiqués par des tiers dont il doit apprécier la fiabilité, etc.) que l’itinéraire ou la voie correspond à son propre niveau technique et sa propre expérience ;
* S’assure également par tous les moyens possibles que l’aménagement ou équipement en place est suffisant en quantité et en qualité, compte tenu de son niveau, de l’équipement personnel dont il dispose et de l’estimation qu’il fait de ses risques de chute ou d’accident ;
* Choisisse et sache utiliser les moyens et matériels de protection adaptés, en fonction de son propre niveau, à l’itinéraire choisi et aux conditions géographiques et météorologiques possibles ;
* Sache reconnaître un terrain ou une prise instable, un aménagement ou un ancrage vétuste ou inapproprié ;
* Sache renoncer s’il estime que l’itinéraire où il s’est engagé présente des caractéristiques qu’il ne peut maîtriser compte tenu de son niveau (terrain instable, mauvais rocher, équipement jugé insuffisant, conditions météorologiques, crevasses, risque d’avalanche ou de crues, etc.).

A lire impérativement :

· La préparation

· Les questions du néophyte


· Les conditions de glace sur divers sites Web


* Vallouise – Ecrins

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