Le Freeride World Tour défend le ”Mountain Spirit”

L’aube se lève à peine sur le Mont Blanc, et déjà les freerider sont présents sur le petit replat, poste d’observation privilégié de la face de l’Hôtel. Ces pentes immaculées du Brévent sont fermées depuis un mois au freerider, et ont été sécurisées dans la nuit, suite aux grosses chutes de neige de la veille.


Ce matin, la face est prête à accueillir cette première étape du Freeride World Tour 2010. Deux options sont proposées aux riders. Au choix, la pente de l’Hôtel, 500 mètres de dénivelé, 30 minutes de marche, ou l’Aiguille Pourrie, 400 mètres de dénivelé, 45 minutes de marche.


Mais pour le skieur chamoniard Aurélien Ducroz, champion du Monde 2009, l’heure n’est plus à ce genre de décision. Sa ligne, il l’a déjà préparé depuis plusieurs jours. Hier, à midi, elle était d’ailleurs parfaitement calée dans sa tête, mètre par mètre. « Comme ça je peux passer à autre chose, rider toute l’après-midi, et passer une bonne nuit  », explique le Français en rigolant.


Pourtant, une dernière petite observation est encore nécessaire. Les compétitions de freeride ne se déroulent pas en milieu aseptisé, et ce matin, il faut encore s’assurer de l’état du terrain, de la neige, des coulées, etc. « On peut avoir quelques modifications à faire, des adaptations, poursuit Xavier Delerue, son compatriote snowboardeur.


Quelques heures plus tard, quand tout sera parfaitement clair dans la tête des rider, de barres rocheuses en petits couloirs, le petit groupe s’étiolera, pour une ascension en solitaire vers le départ. Une marche qui permet de s’échauffer, et de coller toujours plus à l’esprit du freeride.


« En compétition, comme à l’occasion de nos  sorties entre potes, nous sommes tous dans le même état d’esprit, poursuit Aurélien. Respect de la montagne et goût de l’effort sont des valeurs essentielles. Il faut mériter cette ligne, et conserver cette ambiance saine entre nous. »



Pourtant, le paradoxe s’impose. Difficile pour les puristes d’admettre que freeride et compétition puissent être associés. A cela, Aurélien est pourtant très clair : « il faut comprendre que pour qu’un sport existe, et soit vraiment reconnu en tant que tel, il faut qu’il y ait des champions, pour que les gens s’identifient et que le sport évolue, avance. Mais nous ne voulions surtout pas qu’il nous échappe, qu’il se retrouve dénaturé par les officiels, par les médias, ou par de gourmandes fédérations ».


 



 


Alors les organisateurs du Freeride World Tour, en collaboration avec bon nombre de riders ont mis au point un système de jugement qui a su mettre tout le monde d’accord. Pas de barre à 10 points et de tricks à 5 points, mais un départ, une arrivée, trois juges, et leur impression générale.


Un système qui fonctionne bien, et qui permet de conserver une ambiance particulièrement saine entre les riders. « On ne se dispute pas avec les autres, on est prêt même à échanger nos lignes, de toute façon on a tous des styles tellement différents, que rien n’est comparable ! Le combat, c’est juste entre nous et la face, comme quand on va filmer ou faire des photos, assure le Chamoniard. Le rapport à la compétition est vraiment différents que dans d’autre sport, et c’est ce qui nous permet de rester une famille super soudée, d’être tous potes, de continuer à voyager ensemble, et à rider ensemble… L’esprit de la montagne est encore bien là ! »


 


 


 


Résultats :


Vainqueurs de cette première étape :


Ski Homme: Candide Thovex FRA


Snowboard Homme: Mitch Toelderer AUT


Ski Femme: Jess Mc Millan USA


Snowboard Femme: Susan Mol USA


 


Aurélien Ducroz, surpris par une plaque de glace sur une réception se classe 13ème de l’étape.

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