Le point avec Nina Caprez

Quelques mots avec Nina Caprez glanés lors du récent Roc Trip dans les gorges du Tarn. Nina revient sur ses virées de printemps à Margalef, au Verdon ou à Chamonix et nous parle de ses projets d’été… Les photos qui illustrent, sauf mentions, sont de Mike Fuselier.

Kairn : Quelle est ton actualité du printemps ? Tu as passé un peu de temps en France ?

Nina : Oui, j’ai passé 10 jours dans le Verdon et là j’arrive d’une petite semaine à Chamonix.

Kairn : Reviens un peu sur ta répétition des « Spécialistes », cette voie mythique du Verdon.

Nina : J’ai commencé la voie il y a un peu plus d’un an lors d’un séjour avec Jonathan Siegrist. Pour moi, c’était une très très grande entreprise de répéter cette voie car c’est très déversant, très rési, très physique. Au début je bougeais pas du tout, et ce pendant plusieurs séances. L’automne dernier j’y suis retournée deux fois où j’ai failli enchainer. C’est une voie qui m’a beaucoup résisté car niveau grimpe, soit tu as vraiment la marge physiquement, soit il faut vraiment apprendre à tenir sur ses prises tournées bizarrement, un peu des verrous tordus. Ce printemps j’étais beaucoup plus forte physiquement et j’ai trouvé un partenaire motivé pour venir avec moi et je l’ai terminé. Sincèrement après cet enchainement, j’ai jamais été aussi heureuse d’enchainer une voie en couenne.

Kairn : tu as regardé la directe en 8c déjà enchainé il y a une dizaine d’années par Josune Bereziartu ?

Nina : Pour la directe, il y aune petite histoire à raconter. Avant, il y avait les Spés et la directe. Et la directe débutait sur un grand socle. Et il y a quelqu’un qui s’est amusé à creuser ce socle, et pour la version directe cela ajoute 5/6 mètres de grimpe très dure. Il n’y avait plus de spits en bas, donc personne ne l’avait refait depuis. On a rajouté 4 points pour protéger correctement le départ et en regardant Cedric (ndlr : Lachat) le faire, cela rajoute vraiment un début sordide aux Spé. La première partie est beaucoup plus dure maintenant que le reste de la voie. Donc ça change tout niveau difficulté, très gros 8c+. J’étais tellement limite pour le 8b+ que je n’y pense même pas !

Kairn : A Cham, tu as fait du repérage pour quelques projets en grande-voie, « La voie Petit » ou autres ?

Nina : Non, je suis allée voir « Digital crack » (ndlr : Aiguille du Midi, réputé être le 8a le plus haut de France). C’était l’occasion pour une séance photo mais il y a avait plus d’un mètre de neige sur le sommet du coup je suis montée là-haut au taquet car c’était mouillé et heureusement il y avait les dégaines en place. Je suis restée deux heures au sommet avec mon piolet pour enlever la neige et la glace. J’attendais que cela sèche mais une glace très épaisse s’est formée et cela coulait tout le temps. Je vais y retourner cet été j’espère que cela fera. C’est un bijou avec un petit peu de marche d’approche.

Photo : Greg Grenzke

Kairn : Des projets de grande-voie pour l’été ?

Nina : Je ne sais pas trop car j’ai un petit projet, à part (rires). J’essaie de rénover un appart et c’est dur de gérer les deux. Je fonctionnerai avec la météo sans me prendre la tête. SI la météo le permet, je me dépêcherai d’aller au Grand Cap avec Martina, ou alors essayer la grande-voie « Un hommage amer » vers chez nous(ndlr : une voie de Philippe Mussato en Chartreuse à l’Aulp du Seuil), 12 longueurs assez soutenues. Mais rien n’est planifié, c’est la meilleure façon de faire pour moi.

Kairn : Parle-nous de ton expérience dans « Era Vella le 9a de Margalef et de ton processus de travail de la voie ?

Nina : J’y suis retournée en mai et il faisait vraiment chaud. J’avais tellement mal à la peau que mes doigts ont gonflé. Ce n’était pas un réel plaisir de grimper dedans, donc j’ai laissé tomber, mais j’aimerai bien y retourner fin septembre quand il fera un peu plus frais. Je pense que c’est un projet dont je n’ai pas trop l’habitude dans le sens où je ne suis pas sûre de moi car je ne sais pas si cela va faire bientôt. C’est un peu bizarre pour moi de me dire que c’est peut-être un projet qui ne va jamais faire et de trouver la motivation pour y aller quand même. C’est un nouveau processus auquel je ne suis pas habituée. C’est très très très dur pour moi !

Kairn : Un petit mot sur le Roc Trip et l’esprit du rassemblement ?

Nina : Oui, c’est un retour aux sources, on est tous ensemble, avec tout le monde, pros, amateurs, on mange ensemble, on dort ensemble, le cadre est super. Le locaux se sont vraiment beaucoup investis à rééquiper les voies ici, à faire parler du Tarn et à nous faire découvrir des lignes géniales. Donc c’est le top !

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