Les agriculteurs s’engagent sur la biodiversité…. En montagne aussi !

Alors que la discussion sur la loi sur la biodiversité débute ce matin à l’assemblée nationale, les syndicats agricoles majoritaires, FNSEA et JA, les chambres d’agriculture et Coop de France, principaux acteurs sur les milieux naturels, s’engagent sur la biodiversité.

Un engagement qui n’est pas nouveau

Les agriculteurs sont en recherche permanente d’adaptation de leurs pratiques pour protéger la nature. La biodiversité est une de leurs préoccupations depuis longtemps même si ce terme n’était pas employé. Mieux encore. En montagne, la qualité de l’herbage, c’est-à-dire de la nourriture de qualité de leurs bêtes, dépend de la biodiversité floristique.

L’édition 2015 du Concours Général Agricole des prairies fleuries est partie !

Le concours général agricole des Prairies fleuries

En juillet 2014, la FNSEA faisait connaître les résultats des premières tendances d’un autodiagnostic sur la biodiversité agricole. Les résultats ne manquent pas d’intérêt et constituent une réponse à de nombreuses critiques à l’encontre des agriculteurs.

L’engagement des agriculteurs

Dans un communiqué commun, FNSEA et JA, les chambres d’agriculture et Coop de France font connaître la nature de leur engagement. Il s’agit, pour les agriculteurs de « partager les orientations de la stratégie, notamment les objectifs de préserver, restaurer, renforcer, valoriser la biodiversité ».

La stratégie Nationale pour la Biodiversité

Les partenaires agricoles précisent que : « Par leur travail quotidien, les agriculteurs et leurs conseillers contribuent à la création et à la gestion de biodiversité. Ces services environnementaux méritent d’être reconnus et développés ». Il ne s’agit donc pas de la signature d’un chèque en blanc pour l’Etat mais d’une reconnaissance en vue de poursuivre le travail. Notons que pour la montagne, cette reconnaissance est inscrite à l’article L 113-1 du Code Rural.

« Par leur contribution à la production, à l’emploi, à l’entretien des sols, à la protection des paysages, à la gestion et au développement de la biodiversité, l’agriculture, le pastoralisme et la forêt de montagne sont reconnus d’intérêt général comme activités de base de la vie montagnarde et comme gestionnaires centraux de l’espace montagnard.

« En conformité avec les dispositions des traités instituant la Communauté économique européenne, le Gouvernement, reconnaissant ces rôles fondamentaux de l’agriculture, du pastoralisme et de la forêt de montagne, s’attache à :…. »

A partir de cette adhésion, « la profession agricole et agroalimentaire déposera un programme d’actions volontaires pour la biodiversité d’ici un an ». Et la profession agricole précise :

« D’ores et déjà, nous avons publié un recueil d’actions des partenaires agricoles et ruraux en faveur de la biodiversité, le 17 avril 2014. A cette occasion, les 46 partenaires de ce recueil avaient présenté leurs actions de maintien et de restauration des écosystèmes, leurs outils de gestion ou de communication sur la biodiversité, leurs programmes de recherche. Cela met en valeur des initiatives individuelles et collectives qui représentent bien la sensibilité et l’efficacité de femmes et d’hommes avec une vraie volonté de développement durable ».

La profession agricole n’est donc pas en retard et est bien décidée à jouer un rôle dans le domaine de la biodiversité.

Le rôle de l’élevage de montagne

Souvent décrié pour son opposition aux grands carnivores ours, loups et lynx, l’élevage de montagne joue un rôle majeur en faveur de la biodiversité, légalement reconnu et inscrit dans le Code Rural. Certains parcs nationaux, comme celui des Pyrénées, jouent un rôle dans la reconquête des estives intermédiaires. D’autres préfèrent exclure les éleveurs au profit du tout sauvage.

‘Le loup et l’ours menacent-ils la biodiversité de nos territoires ?’

Ces divergences de politique et le développement des grands prédateurs ont amené le milieu agricole montagnard à se poser une question : ‘Quelle biodiversité voulons-nous sur nos territoires ? ‘ Les espèces animales sauvages sont-elles les seuls à devoir être protégées ? Comment entretenir une diversité de milieux ouverts et fermés sans les troupeaux ? Quels apports de l’élevage en faveur de la faune insectivore ? Etc…. Autant de questions et de réponses que le militantisme écologique a occulté depuis plus de 30 ans au profit de quelques animaux emblématiques pas vraiment indispensables à la biodiversité et dont la présence peut avoir des effets inverses.

La biodiversité apliquée à la montagne – La biodiversité dans les Pyrénées

Le tourisme n’est pas à négliger. Tourisme de masse favorisé par des points d’accueil d’espaces protégés où le visiteur vient admirer le milieu dit « naturel ». Le tourisme de randonnée qui a besoin de cette diversité paysagère trouve son intérêt le plus souvent là où l’homme et ses bêtes ont imprimé leur marque dans le paysage par des chemins, cabanes, cultures en terrasses, villages, etc…. Depuis des millénaires. Les espaces sauvages n’existent plus depuis plusieurs millénaires.

Tourisme et agriculture de montagne

Biodiversité et animaux d’élevage

La biodiversité dépasse largement les enjeux purement écologiques. Elle ne peut se concevoir que dans le cadre d’un développement durable incluant bien sûr les problématiques environnementales réalistes de terrain et non idéologiques, les aspects sociaux vis-à-vis des populations humaines concernées et des aspects économiques et espérant que quelques banquiers visionnaires ne s’en empare pas pour créer un marché de la compensation écologique qui échappera à tout contrôle autochtone.

Louis Dollo

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