Les ”bracelets magiques”, une trouvaille marketing ensorcelante




C’est un petit bracelet en plastique qui fait un carton. Vendus environ 35 euros sur les marchés, dans les boutiques de surf, mais surtout sur le Net, les bracelets Power Balance ou EFX – du nom des deux principaux fabricants importés en France – sont L’accessoire de l’été pour les sportifs professionnels ou amateurs. Vertu supposée : ils amélioreraient ‘la force, l’équilibre et la flexibilité’, grâce à un ‘hologramme programmé avec des fréquences qui réagissent positivement avec le champ énergétique du corps’, selon le site de Power Balance.


Le buzz autour du ‘bracelet magique’ est en grande partie lié aux stars du sport qui en ont fait, consciemment ou pas, la publicité, telles que Gaël Monfils, Fernando Alonso, Cristiano Ronaldo ou encore le basketteur américain Shaquille O’Neal, star du NBA, devenu effigie de Power Balance. ‘Il y a toujours eu des trucs comme ça, chez les sportifs, comme les aimants, à une époque. On les offre aux stars, qui les portent, et le buzz se fait’, explique Jean-Pierre de Mondenard, médecin spécialiste du dopage. Pour son confrère Guillaume Barucq*, installé au Pays basque, où le bracelet fait fureur, il est facile de les faire porter aux célébrités : ‘Il y a trois possibilités : soit ils sont superstitieux, soit ils y croient, soit ils ont reçu un chèque…’


Effet placebo


Si, à ce jour, aucune étude scientifique officielle n’a prouvé les effets du bracelet, les fabricants n’ont pas hésité à faire circuler des vidéos de tests, censés prouver l’efficacité de leur ‘technologie’. Des exercices d’équilibre simples y sont pratiqués. Et, à chaque fois, le constat est flagrant : avec le bracelet, les cobayes résistent mieux. Pour Guillaume Barucq, il existe une explication simple : ‘C’est enfantin. Lorsqu’on essaye ce type d’exercice deux fois, les muscles sont plus préparés à la deuxième tentative et l’on y arrive mieux. Ajoutez à ça l’effet placebo, qui, même pour des médicaments classiques, contribue à au moins 30 % de l’effet…’


Pour Guillaume Barucq, le problème de ces bracelets ne réside pas tant dans leurs effets – réels ou supposés -, mais dans la façon dont ils sont vendus. ‘Je ne conteste pas qu’il puisse y avoir un effet’, explique-t-il, ‘mais ce qui me choque, c’est qu’on puisse vendre ce produit en prétendant qu’il a des effets bénéfiques, sans que cela ait été approuvé par le moindre scientifique. J’ai vu des gens penser que cela pouvait aider à guérir la maladie de Parkinson ! Il ne faut pas tout mélanger…’ Jean-Pierre de Mondenard : ‘Leur force repose sur la médiatisation’, tranche-t-il.


Du côté du fabricant EFX, on ne nie pas l’absence de preuve scientifique : ‘Des études vont être faites. Mais c’est une technologie très récente et cela prendrait des années, alors…’, explique-t-on. Étonnante défense quand, sur la plupart des sites qui commercialisent le bracelet, le principe est justement présenté comme ‘ancien’, ou même ‘vieux comme le monde, apparu en Égypte antique’, sur le site KeepKontrol.


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