Les prédations d’ours se poursuivent dans les Hautes-Pyrénées : Jusqu’à quand ?

En l’absence de toutes informations officielles fournies par la DREAL et l’ONCFS malgré les obligations légales dans ce domaine, il est difficile de dire s’il y a un ou deux ours comme il est impossible de dire où nous en sommes en matière de prédation.

Combien d’ours ?

Nous avons depuis quelques années, dans les Hautes-Pyrénées, la présence de l’ours baptisé « Cannellito », entre le Pays Toy et Estaing, qui fait régulièrement des prélèvements alimentaires sur le bétail. Apparemment, il serait toujours dans ce secteur sauf qu’à la vision de certaines caméras de surveillance, l’équipe de suivi indique « ours indéterminé ». Mais il semble bien être présent en Pays Toy où il laisse quelques traces.

Depuis plusieurs mois, nous avons un autre ours qui s’est manifesté, notamment à Arras en Lavedan, en vallée de Ferrière et au-dessus d’Arcizans-Dessus, qui serait celui baptisé « Néré », géniteur de « Cannellito ». Venu du Béarn, depuis son passage à Arras le 11 juin 2013, il a curieusement disparu de la circulation et plus personne n’en parle. Est-il encore dans le département ? Les services officiels sont muets.

De ces deux observations, nous ne savons pas très bien où nous en sommes dans le département d’autant que le site Web de la DREAL n’est pas à jour depuis avril…. 2012

Combien de victimes de l’ours dans les Hautes-Pyrénées ?

Savoir combien de victimes a fait ou ont fait l'(les) ours relève de la confusion la plus totale. Selon un document qui circule dans le milieu syndical de l’élevage, il y aurait 8 brebis tuées par l’ours de manière certaine auxquelles il faut rajouter 3 brebis tuées lundi, mardi et mercredi, soit un total de 11. Nous savons par ailleurs que Jean-Jacques Camara, responsable de l’équipe de suivi, en annonce 20 à la presse. Qui croire ? Que croire ? Rien d’écrit. Que des paroles. Quelle autre manipulation est-il en train de se créer ? Nous le saurons sans doute en fin d’année. Une chose est certaine : Entre le 4 et le 7 août, 5 brebis de race barégeoise (AOP Barèges-Gavarnie) de Thierry Lassalle-Carrère ont été tuées sur l’estive de Bachebirou malgré des mesures de protection et un effarouchement officiel.

Les protections n’y font rien.

En 1989, dans le cadre d’une étude pour le Parc National des Pyrénées, Laurent Nédélec écrivait : « De toutes ces données, il ressort qu’aucun type de gardiennage n’est dissuasif quand l’ours a décidé d’attaquer même s’il préfère éviter la proximité humaine. Les Patous, les clôtures électriques ne l’intimident pas. » (1). Référence à retenir d’autant que depuis que l’auteur de cette conclusion célèbre est garde au Parc National il claironne à travers monts et vallées tout le contraire de ce qu’il a écrit. Qui croire ? Quoi croire ? En attendant, les faits sont évidents : les mesures de protection, ça ne marche pas. Et l’effarouchement ne sert à rien sauf à aller ennuyer le voisin. Mais le protocole « ours à problème » le prévoit…

Protocole ? Etablit par qui ? Avec quelles compétences ? Toute une histoire qui devait d’ailleurs faire l’objet d’une révision en mai 2012 suite à des engagements pris lors d’une réunion à la mairie de Luz. Depuis, mutisme total de Pierre-Yves Quenette de l’Equipe Technique Ours (ETO). Encore une fois, qui croire ??

D’autant que dans le cas de Bachebirou, (et quelques autres estives) au-dessus de Luz-Saint-Sauveur, l’équipe de suivi a eu l’heureuse idée d’y mettre un « piège à poil » avec de l’essence de térébenthine pour… attirer le plantigrade. Il faut le faire… Comme si les brebis ne suffisaient pas pour servir d’appât. Provocation ?

« Les Toys font ch…. » se dit-il ouvertement dans certains milieux… Curieux comportement qui pourrait bien un jour conduire aux mêmes effets que dans le Parc National du Mercantour

Vers un retrait des ours ?

Le retrait des ours des Pyrénées…. C’est ce qui est demandé par les éleveurs, chasseurs et élus des Pyrénées. Les mettre à un endroit qui ne gênerait personne et surtout pas au milieu des troupeaux. C’est l’idée qui a été présentée par tous les acteurs du terrain aux représentants des Ministères de l’Ecologie et de l’agriculture mercredi à la Préfecture de Foix. C’est aussi ce que demanderont Frédérique Massat, députée de l’Ariège et Jeannine Dubié, députée des Hautes-Pyrénées que nous avons contacté : « Je vais écrire au Ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, pour solliciter un rendez-vous à la rentrée en septembre. Nous lui demanderont le retrait ou l’isolement, en tout cas ne pas mettre en péril le pastoralisme et les troupeaux ». D’autant que nous savons aujourd’hui que ces ours ont été importés sur la base d’un mensonge et d’une manipulation environnementaliste sans aucun respect de la directive habitats (article 2 et 22) dont se revendique abusivement les associations écologistes et qu’il convient, pour l’Etat, de respecter l‘article L 113-1 du Code Rural, Code royalement oublié et occulté durant ces 30 dernières années.

Dans tous les cas, l’avenir de l’ours dans les Pyrénées est compromis. Une idée à laquelle il faudra sans doute se faire.

Louis Dollo

(1) L. Nédelec, L’ours brun (Ursus arctos, L.) dans les Pyrénées Occidentales – Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes -27 septembre 1989.

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