LETTRE OUVERTE AUX DIRIGEANTS DU SNGM ET À LEURS FANS (SUITE À LEURS PROPOS METTANT EN CAUSE LES ASSURANCES DE LA FFME)

Messieurs les élus (pas de Mesdames, malheureusement, parmi vous),

J’ai pris connaissance de vos propos sur les forums du SNGM critiquant comme par principe l’arrivée des contrats d’assurance FFME destinés aux professionnels de la montagne. Comme chaque année de façon récurrente, quand de nouvelles solutions d’assurances arrivent sur le marché (celles du SIM et désormais celles de la FFME), vous essayez d’en priver vos collègues et vous faites assaut des mêmes arguments : “ces contrats ne sont pas sûrs, ils n’ont pas été rédigés par des professionnels qui connaissent notre métier, vous n’aurez pas d’assistance en cas d’accident, unis on est plus forts et si tous les guides n’adhèrent plus au SNGM, c’est la fin des guides voire du monde.” Mais ce n’est pas en répétant des bêtises ou des mensonges qu’on en fait des vérités et, s’il est sans doute vain (et abusif) d’exiger de vous une compétence experte en matière de management de projet, de droit et de négociation commerciale en général et dans le domaine des assurances en particulier, chaque guide adhérent du SNGM est en droit d’exiger de vous l’honnêteté et la transparence à son égard, et de ne le prendre ni pour un mouton ni pour un crétin.

Ayant contribué très activement à l’émergence de ces contrats FFME pour tous les pros (même non syndiqués au SIM, ce dont je m’honore), et considérant qu’il s’agit là d’une avancée majeure voire “historique”, je vais donc me permettre de vous répondre publiquement, bien que vous refusiez (peut-être par crainte) tout débat sur ce sujet comme sur tout autre. On peut espérer que sinon vous, d’autres guides et pros de la montagne liront.

Reprenons donc vos arguments un à un, et notamment ceux développés par Denis Crabières, ex-président du SNGM.

1. En introduction, M. Crabières semble conspuer le principe de libre concurrence, le libre choix, voire même tout simplement la liberté. On peut comprendre les réticences d’un homme qui s’est sérieusement fait recadrer pour sa gestion des réservations professionnelles au refuge du Goûter, qualifiée “d’entente anticoncurrentielle” par l’Autorité de la Concurrence… C’est un sujet qu’il maîtrise donc moins bien que le planter de crampons! Et puis la liberté de choix (notamment syndical), c’est la porte ouverte à moins d’adhérents et donc moins de budget pour le SNGM, et quand on a fait profession (rémunérée) de son poste d’élu syndical, cette perspective de réduction budgétaire a de quoi déstabiliser.
Mais on notera quand même que c’est du seul fait de l’émergence du SIM, et de la très modeste concurrence qu’il a commencé de créer que les garanties et les tarifs des contrats d’assurance proposés par le SNGM n’ont cessé de s’améliorer depuis 3 ans, quand ils restaient stables ou renchérissaient systématiquement auparavant.

2. Sur la légitimité de certains, et notamment de Denis Crabières, pour invoquer le besoin d’unité de la profession, et sur les risques de l’unité à tout prix
Rappelons quand même que c’est sous l’un des mandats de Denis Crabières qu’un autre syndicat de guides, le SIM, est né – sans que ses fondateurs Françoise Gendarme et moi-même aient jamais manifesté auparavant de quelconques velléités de séparatisme. Il est donc amusant que l’un des principaux responsables de cette scission, ou qu’un Christian Trommsdorff excluant des guides “non alignés” de l’UIAGM, ose venir tenir un discours de nécessaire unité – mais il est vrai que MM. Trommsdorff et Crabières ont démontré leur sens du discours politicien avoir l’humour à fleur de peau.
Et puis attention quand même à l’unité à n’importe quel prix, et au sacrifice des convictions et libertés individuelles sur l’autel de l’intérêt présenté comme collectif par tel ou tel “petit chef” : c’est comme cela qu’on vire au fascisme.

3. Mais reprenons cet argument du besoin de “collectif” pour bien défendre les intérêts d’une profession et, en particulier, négocier des assurances : il est parfaitement légitime! C’est d’ailleurs pour cela que le SIM a dès sa création pris soin de se regrouper avec d’autres syndicats de sports nature pour négocier en commun ses assurances; et c’est pour cela qu’il a proposé en 2016 à la FFME de mettre à disposition de tous les pros de la montagne des assurances fédérales. Les contrats spécifiques du SIM sont aujourd’hui souscrits par une dizaine d’organisations regroupant plus de 10 000 membres (soit 7 fois les effectifs du SNGM). Les contrats proposés par le FFME (auxquels le SIM donne aussi accès) sont négociés par une fédération qui regroupe quelque 90 000 adhérents (60 fois la taille du SNGM) et qui verse chaque année plusieurs millions d’euros de primes à la compagnie d’assurance. La force de négociation est donc bien là, et les résultats sont probants avec des contrats proposant un maximum de garanties à des tarifs sans équivalent.
DONC L’INTÉRÊT DES GUIDES (ET DES PROS DE LA MONTAGNE), AUJOURD’HUI, RÉSIDERAIT EFFECTIVEMENT DANS LE REGROUPEMENT, MAIS PLUTÔT À LA FFME ET/OU AU SIM QU’EN RESTANT DANS DES SYNDICATS IMMOBILES ET QUI ONT SURTOUT DÉMONTRÉ JUSQUE-LÀ LEUR INAPTITUDE À NÉGOCIER LES MEILLEURES CONDITIONS D’ASSURANCES POUR LEURS MEMBRES.

4. Sur le manque de compétence et de connaissance des pros prêté par Monsieur Crabières à la FFME.
La FFME compte quand même un certain nombre de professionnels (notamment guides) parmi ses cadres. Ils y ajoutent, souvent à la différence des élus du SNGM, d’autres compétences utiles pour négocier correctement des contrats.
Et même à la tête d’un petit syndicat comme le SIM, qui a participé étroitement à la conception de ces contrats, certains élus ont des compétences en la matière qu’envieraient sans doute bien des membres du comité directeur du SNGM.

5. Sur le risque de se retrouver délaissé, livré à soi-même, en cas d’accident et de suites judiciaires avec ces assurances FFME (ou SIM).
La FFME propose l’assistance de son courtier et peut orienter vers des avocats spécialités dans la défense des moniteurs sportifs, qui font autorité au sein du mouvement sportif national. Les honoraires de ces avocats sont pris en charge par les assurances de la FFME, ou du SIM.
Et si un vrai service d’assistance syndicale apparaît utile aux uns ou aux autres, le SIM a toutes les compétences requises pour l’apporter à la fois grâce à ses ressources humaines internes, à la plate-forme d’assistance juridique à laquelle il a souscrit auprès d’une compagnie spécialisée (DAS), à ses 2 avocats (en plus de ceux proposés par la FFME)… Il arrive d’ailleurs régulièrement que des pros délaissés par leurs syndicats d’origine fassent appel à nous en dernier recours pour les sortir d’affaire, on ne doit donc pas être si mauvais en la matière… Rappelons que Françoise Gendarme a dirigé durant 3 ans le SNGM, et géré un certain nombre d’accidents de guides à l’époque…

6. À la différence du SNGM, le SIM s’engage sur l’innovation et le service de l’intérêt général dans tous les domaines, par exemple en matière de formation continue (le fameux recyclage) qu’il veut réformer en profondeur (pour en faire une vraie formation professionnelle individualisée répondant mieux aux besoins de chacun) en proposant des tarifs vraiment confraternels : gratuit pour les guides seniors ou dans la “galère” sans possibilité de prise en charge, et à moitié prix pour tous les autres!

Pour résumer, les guides ont désormais le choix entre :
1) une solution syndicale et d’assurance RC Pro traditionnelle, réduite à l’activité de guide et à quelques activités connexes, au SNGM pour quelque 980 € (de mémoire, parce que je ne suis plus ça de très près)
2) une solution syndicale innovante au SIM (avec tous les services associés) et tout un éventail d’assurances elles aussi innovantes (FFME et autres), pour tous leurs diplômes sportifs à la fois, à partir de 285 € le forfait cotisation syndicale + RC Pro pour les guides
3) une solution “sèche” d’assurances FFME RC Pro/IA/IJ/cordiste à partir de 210 € la RC Pro (pour les guides) + le prix d’une licence FFME.

Pour ma part, je m’en réjouis pour tous les pros, et je regrette que ce ne soit pas le cas de tout le monde. Pour justifier de la nécessité d’une adhésion syndicale, désormais, les syndicats vont devoir démontrer la nécessité et la qualité de leurs services. Et je suis prêt et enthousiaste, en ce qui me concerne, à la perspective d’une saine émulation entre le SIM, d’une part, et le SNGM, le SNAM et le SNAPEC, par exemple, d’autre part.
Et puis qui sait : peut-être un jour prochain nous retrouverons-nous tous au sein du SIM ou, au moins, à la FFME, réalisant ainsi votre rêve d’unité et de cordée commune?

À bientôt avec nous, donc.

Bien confraternellement,

Yann Vallençant

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