Montagne – Environnement – Elevage: l’impact des loups

Rencontre avec des bergers de la Drôme et des Hautes-Alpes dont l’activité est mise à mal par les attaques répétées de «Canis lupus», espèce protégée qui continue d’étendre son territoire en France depuis son retour dans les années 90.

Thomas Vernay est éleveur ovin. Mais il n’a plus de brebis. A Glandage, village d’une centaine d’habitants posé à 900 mètres d’altitude dans le Haut-Diois (Drôme), c’est sur la terrasse de sa maison qu’on le rencontre. Sous le chaud soleil de septembre, une cigarette roulée à la main, ses yeux bleus derrière de fines lunettes cerclées de métal, il raconte comment les attaques de loups ont dévasté sa vie durant deux ans, fait basculer ses convictions, et finalement enterré son projet professionnel.

Ce «néorural» écolo de 35 ans, ainsi qu’il se décrit, s’est installé ici en 2005. Son projet, mené avec un associé, est atypique : il a acheté 150 brebis cachemire en Nouvelle-Zélande pour transformer la laine. Mais, de 2010 à 2012, son troupeau, comme d’autres à Glandage et à Boulc, la commune voisine, subit les attaques récurrentes de loups. «Elles se sont répétées durant trois années. Une meute s’était installée à proximité et ne nous a pas lâchés.» Une longue série de désillusions débute alors pour Thomas Vernay.
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PÉTOIRE ET GROS PHARE

En 2010, plus de 150 brebis sont tuées à Glandage, parfois «à 200 mètres à peine de la maison». En deux ans, Thomas Vernay adopte toutes les mesures de protection préconisées au sein du Groupe national loup, créé par les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie pour gérer la cohabitation avec Canis lupus : utilisation d’un parc électrifié pour contenir les brebis, soit «un changement radical dans notre mode de travail car il faut refaire ce parc tous les deux jours afin de suivre le pâturage» ; achat de chiens de protection – «à partir de 150 bêtes, on a droit à une indemnisation pour un chien, elle couvre 80% des frais réels…..’

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«EN PORTE-À-FAUX» AVEC LES ÉCOLOS

Depuis, Thomas Vernay est devenu l’animateur du groupe loup de la Confédération paysanne, pour lequel il collecte témoignages et études. Très divisé sur la question du loup, empreint de convictions écologiques, le syndicat agricole est longtemps resté silencieux. Mais le désarroi croissant des éleveurs, l’extension des attaques à de nombreux départements et, surtout, l’inefficacité constatée des mesures de protection préconisées ont convaincu la Confédération paysanne de sonner l’alarme pour sauvegarder l’activité multiséculaire du pastoralisme : un mode d’agriculture extensif, aux faibles revenus, mais reconnu pour ses bienfaits sur les paysages et l’environnement….
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BATTUE D’EFFAROUCHEMENT

Fait exceptionnel : le 10 juillet, pour protéger les troupeaux dans les alpages, une trentaine d’éleveurs et d’agents du parc national des Ecrins ont mené une battue d’effarouchement. L’objectif était de repousser le prédateur hors du cœur du Parc, jusque dans la vallée, où un tir avait été autorisé par le préfet des Hautes-Alpes. Aucun loup n’a été tué. Mais l’opération a fait hurler les associations de protection de la nature, outrées de voir que, même dans ces ultimes refuges pour la faune sauvage, dont la vocation est de préserver le patrimoine naturel, c’est aux moutons qu’on donnait la priorité. La direction et le conseil scientifique du parc ont répondu en prenant la défense du «pastoralisme» qui «participe à l’équilibre des milieux de ces alpages depuis des générations»….
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A lire intégralement….

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