Piolets d’Or : les 6 ascensions nominées

Les Piolets d’Or auront lieu du 3 au 6 avril 2013 à Chamonix et à Courmayeur

L’année 2012 a été une année exceptionnelle pour le Grand Alpinisme International, comme le montrent les nombreuses réalisations marquantes recensées par le comité technique des Piolets d’Or. Des alpinistes de nombreux pays ont prouvé que les défis modernes peuvent être relevés en cordées alpines sur les plus hautes montagnes du monde dans un style très léger et respectueux qui ne laisse pas de traces, certaines grandes premières étant même réalisées en style alpin pur.

Esprit de cordée, exploration, gestion de l’incertitude, technicité, engagement total : l’Aventure avec un grand ‘A’ sera donc au rendez-vous des prochains Piolets d’Or à Chamonix et Courmayeur. Un jury international composé de quatre alpinistes extrêmement expérimentés et présidé par le Britannique Stephen Venables a choisi de nominer parmi toutes ces grandes premières six très belles réussites : trois d’entre elles ont eu lieu dans le Karakoram, ce qui prouve le potentiel important pour le futur de l’Alpinisme moderne de ce massif très sauvage et quasi inhabité situé aux confins du Pakistan et du nord de l’Inde.

Les protagonistes de ces ascensions nominées seront présents à Chamonix et Courmayeur du 3 au 6 Avril prochain pour présenter leurs réalisations, rencontrer le public et – peut être – recevoir un Piolet d’Or.

Kyashar (6,770m), Nepal

Il s’agit là d’une voie très convoitée qui a été l’objectif d’au moins sept expéditions. La première ascension des 2200m du pilier sud du Kyshar a été l’une des plus belles réalisations en style alpin au Népal l’automne dernier. Tatsuya Aoki, Yasuhiro Hanatani et Hiroyoshi Manome (Japon) ont mis six jours pour grimper cette élégante ligne jusqu’au sommet, réussissant ainsi sa seconde ascension. Au-delà de la section clé sur le fil de l’arête au cinquième jour, l’engagement a été total et les trois alpinistes sont ensuite redescendus par l’arête ouest, avec un bivouac supplémentaire.

Muztagh Tower (7,284m), Pakistan.

Souvent envisagés mais jamais tentés auparavant, les 2000m de l’éperon nord-est de cette montagne emblématique du Karakoram ont exigé 17 jours d’ascension aux russes Dmitry Golovchenko, Alexander Lange et Sergey Nilov. Les trois alpinistes ont grimpé en style alpin mais avaient pris un grand sac de hissage avec de la nourriture et du fuel, une stratégie qui leur a permis d’attendre ou de progresser lentement pendant les périodes de mauvais temps. Le crux technique de l’ascension fut le mur rocheux particulièrement raide situé entre 6600m et 6900m. Les trois alpinistes ont épuisé leurs provisions juste avant qu’ils n’atteignent le sommet principal (Est). Pour la descente, ne pouvant pas en raison du mauvais temps rejoindre l’arête nord-ouest initialement envisagée, ils ont dû se rabattre sur la face nord délicate et dangereuse.

Baintha Brakk (a.k.a The Ogre, 7,285m), Pakistan

Malgré de nombreuses tentatives, L’Ogre, une des plus célèbres montagnes du monde, n’avait jusqu’alors été gravie que deux fois, et encore jamais par le versant sud. Kyle Dempster, Hayden Kennedy et Josh Wharton (USA) ont choisi une ligne audacieuse suivant l’arête puis la face sud-est pour rejoindre la face sud. Atteindre sa partie supérieure a nécessité une traversée très raide et précaire dans du rocher pourri. Ensuite, les alpinistes ont dû faire face à des sections de mixtes difficiles. Après un bivouac à 6900m seuls Dempster et Kennedy ont pu atteindre le sommet. La descente avec Wharton malade fut très délicate.

Nanga Parbat (8,125m), Western Himalaya, Pakistan

Ayant été tentée de nombreuses fois et par certains des plus grands alpinistes, l’ascension intégrale de l’arête Mazeno du Nanga Parbat est sans aucun doute l’un des objectifs les plus convoités sur les très hauts sommets du Karakoram ou de l’Himalaya. C’est indiscutablement l’arête la plus longue des sommets de 8000m, estimée entre 10 à 13km. Les vétérans-himalayistes Sandy Allan et Rick Allen (UK), accompagnés pour une grande partie de l’ascension par Cathy O’Dowd (Afrique du Sud), Lhakpa Rangdu Sherpa, Lhakpa Zarok Sherpa et Lhakpa Nuru Sherpa (Nepal), ont adopté une approche pragmatique adaptée à cette énorme entreprise en s’acclimatant sur la première section de l’arête avant de partir en style alpin du camp de base. Après avoir traversé les huit sommets de Mazeno et à partir d’un bivouac à 7200m ils ont fait une tentative infructueuse sur l’arête vierge menant directement au sommet. A ce stade, tous sauf Allan et Allen ont abandonné et entrepris une descente difficile vers le sud. Les deux Britanniques ont fini par traverser le flanc nord jusqu’au sommet et sont redescendus par la délicate voie normale côté nord, atteignant le pied de la face après une longue traversée de 18 jours !

 

Kamet (7,756m), India

Le Kamet est la plus haute montagne d’Inde pour laquelle il soit aujourd’hui possible d’obtenir un permis d’ascension. Sa face sud-ouest haute de 2000m n’avait pas encore vu de tentative. Après avoir installé leur camp de base avancé dans la combe du glacier, au pied de la face de mixte, Sébastien Bohin, Didier Jourdain, Sébastien Moatti et Sébastien Ratel (France) ont gravi ce sommet en style alpin pur en cinq jours. Ils ont bénéficié d’excellentes conditions qui leur ont permis de relier une succession de pentes de neige raides avec des longueurs de glace souvent verticales pour atteindre un bivouac sur l’arête sud à 7500m. La journée les menant au sommet a encore révélé des difficultés inattendues. Les quatre alpinistes ont ensuite rejoint le bivouac pour redescendre le surlendemain par la face sud restée vierge jusque là.

Shiva (6,142m), India

Beauté et élégance sont les termes qui caractérisent l’itinéraire ouvert sur l’arête nord-est, dénommée « proue de Shiva », de cette magnifique montagne à l’est du Kishtwar. Redescendant par l’arête Sud, Mick Fowler et Paul Ramsden (UK), Piolets d’Or 2003, ont accompli en style alpin pur une traversée en neuf jours, réalisant au passage la cinquième ascension connue de cette montagne. Ils ont rencontré une escalade soutenue sur la proue, où alternaient de nombreuses longueurs de fissures gelées du type « granite Chamoniard » avec des longues dalles recouvertes d’une fine pellicule de glace et difficilement protégeables rappelant l’escalade au Ben Nevis.

Retrouvez toutes les informations sur http://www.pioletsdor.com/

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