Prévention des risques, quoi de neuf ? : 3×3

L’étude des risques naturels est un travail très complexe dont les enseignements peuvent avoir une incidence non négligeable sur toute une pratique sportive.

Mais a trop se cantonner a une spécialité, on en arrive souvent a tourner en rond et a ne plus pouvoir avancer.Il convient alors d’aller chercher dans d’autres environnements, parfois avec des problématiques qui paraissent au premier abord très éloignées, des angles d’attaque, des stratégies, des idées nouvelles.Quel rapport il y a t il de prime abord entre le parapente, le canyonning et le ski de randonnée ? L’un se déroule dans l’air, l’autre dans l’eau et le troisième sur la neige, mais chacune des ces activités se pratique dans un milieu naturel complexe, évolutif, et potentiellement dangereux.

Le risque naturel, une constante évolutive

Tout le monde s’accorde à dire que le risque zéro dans ces activités n’existe pas. Parailleurs aucun test, aucune méthodologie n’offre une réponse manichéene quant à la présence ou non d’un danger.

La nature offre d’innombrables aspects qu’il est impossible de rentrer en équations. Le moindre effet papillon peut ainsi changer complètement le résultats de calculs longs et complexes, soudain devenus inutiles.

La problématique avalanche

Dans le domaine des avalanches, Werner Munter est devenu une référence. Pourtant il y a 20 ans, au début des années 90, ses études le faisait plutôt passer pour un hurluberlu peu crédible.

L’homme avait en effet l’audace de remettre cause la pertinence de tous les tests, analyses du manteau neigeux, démontrant par A+B que leur représentativité n’était que très aléatoires et que l’exception tuait.

C’est sur ce constat que Werner Munter a développé une méthodologie d’analyse des risques intégrant les tests et les analyses mais les considérants simplement comme un paramètre informatif comme bien d’autres.

La méthode 3×3

La méthode 3×3 développée par Munter n’est en fait qu’une check-list croisant 3 filtres avec 3 facteurs.

Les 3 filtres géo-spatiaux sont :
– Le filtre régional : avant de partir, lors de la préparation de la sortie.
– Le filtre local : en arrivant au début de la sortie
– Le filtre : le filtre zonal : tout au long de la sortie

Les trois facteurs sont :
– Les conditions climatiques (et nivologiques dans le cas des avalanches)
– Les conditions topographiques
– Les conditions humaines et matérielles.

Le filtre régional

C’est ainsi qu’au moment de préparer une sortie (filtre régional), on va prendre en compte les prévisions météo (facteur climatique), la difficulté de la course envisagée (facteur topographique) et le niveau technique, physique des participants ainsi que le matériel dont ils disposent (facteur humain).

On sera aidé en cela par le bulletin météo, le topo, les informations recueillies auprès de tierces personnes et toute autre élément permettant d’apporter des informations. En croisant toutes ces informations, on pourra ainsi décider si la course envisagée est raisonnable en fonction des participants prévus et des prévisions météo. Si la réponse est non, il est alors possible d’intervenir sur les différentes variables pour modifier les choses.

On pourra ainsi :

  • Reporter la course si le climat ne s’y prête pas et/ou que les participants ne sont pas à niveau ou ne disposent pas du matériel adéquat,
  • Changer d’objectif si le climat n’est pas propice et/ou que les participants ne sont pas à niveau ou ne disposent pas du matériel adéquat
  • Demander a un ou plusieurs participants de s’orienter vers autre chose si le niveau de la course et les conditions sont au dessus de leurs compétences ou qu’ils ne sont pas équipés pour cela.

Le filtre local

De même à l’arrivé au début de la course, on observera la réalité des conditions vis à vis des prévisions (facteurs climatique), on aura un premier aperçu de la réalité de la difficulté de la course vis à vis des informations obtenues jusqu’alors (topo, forums, conseils…) et enfin on prendra soin de vérifier l’état physique et psychologique des participants ainsi que la présence du matériel nécessaire.

On vérifiera également la concordance des horaires avec ceux envisagés.L’analyse de chacun de ces facteurs permet alors de nouveau d’annuler la course ou de modifier les paramètres pour rendre la course réalisable.

Le filtre zonal

Enfin tout au long de la course, ces trois facteurs seront analysés en permanence. La présence d’un leader, décidé au début de la programmation de la course, est un élément clef pour inciter les participants à dialoguer et effectuer une analyse en commun de la situation, chacun apportant alors son expérience et ses observations.

Comme on le voit, cette méthode est aisément applicable à des environnements naturels différents de celui de la montagne enneigée.

Il suffit de remplacer les conditions nivo-météo par le niveau d’eau et le risque d’orage pour le canyon, ou par les conditions de vent et de thermiques pour le parapente.
En s’appuyant sur cette méthode, on pourra ainsi annuler une sortie canyon si les prévisions météo ne sont pas ad-hoc, prendre un échappatoire si le débit devient supérieur à l’acceptable ou que le ciel se couvre malgré de bonnes prévisions météo, ou encore refuser un participant qui aurait oublié son casque ou son baudrier.

De même en parapente, on pourra renoncer à un vol au vu de force du vent réel, faire un vol moins engagé ou décrocher et descendre si le temps change.

N’oubliez pas que vous êtes acteur de l’évaluation ! L’évaluation est par nature subjective : VOUS observez, VOUS évaluez et VOUS décidez.

Chacun est responsable de ses décisions qu’il doit assumer. Il n’y aurait donc en principe pas d’évaluation juste ou fausse, mais des observations plus ou moins fines, des appréciations plus ou moins précises et des décisions plus ou moins appropriées. Ceci n’est pas dû au hasard, mais à l’apprentissage et à l’expérience… Ainsi, en vous exerçant régulièrement, vous limiterez grandement les risques encourus.La liste des champs d’application de la méthode 3×3 est exhaustive.

On pourrait ainsi imaginer d’appliquer cette méthodologie de gestion du risque pour toute activité en milieu naturel ou dont les paramètres multiples compliquent l’analyse.

On pourrait ainsi traiter un trajet Paris – Marseille en voiture en y intégrant les conseils de Bison Futé, le type de véhicule, les horaires, l’itinéraire choisi…

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