Quels sponsors pour l’escalade de compétition ?

 

 

En dehors des éternels(?) Petzl, Beal, TNF et autre Millet, le petit monde de l’escalade de compétition a bien du mal à trouver des financements.
Il y a bien eu quelques tentatives au début (plutôt réussies) avec Bercy à la fin des années 80, mais le souffle est vite retombé.

La suite a plutôt été houleuse. Parmi les (rares) sponsors de la FFME, on comptera une faillite (laissant un trou béant dans les comptes), ou encore Quechua mis à mal dans
l’affaire du célèbre T-shirt d’Alex Chabot. Faites une recherche sur Google sur « sponsor FFME » et vous serez surpris du désert de réponse. L’escalade de compétition n’est visiblement pas une activité recherchée pour porter une visibilité de marque.

Il y a une petite dizaine d’années, Serge Koenig, alors membre du Comité Directeur FFME, avait réussi à réunir des dirigeants de grandes entreprises pratiquants de sports de montagne au sein d’un club « Montagne et Entreprises » de la FFME.
L’objectif était de fédérer autour de leur passion des financiers potentiels des activités de la FFME. Las, le manque de professionnalisme, les jalousies, les maladresses et enfin le départ de Serge avaient sonné le glas de ce beau projet.


Kairn.com avait été présent sur les quelques réunions effectuées ce qui avait permis de dialoguer avec les autres membres et de savoir quelle était l’image que renvoyait l’escalade pour ces cadres de grandes entreprises.

1- ‘Sport de hippies’

L’époque de Patrick Edlinger et de son combi Wolkswagen est pourtant bien révolue. L’escalade est un sport qui coûte cher, et une grande partie des pratiquants sont des enseignants, professions libérales, médecins avocats ou « fils de ».
On retrouve aujourd’hui plus souvent des Audi ou des 4×4 aux pieds des falaises que des super 5 ou des Logan.

2- «  Pas de star système »


Allez faire un tour au pied des falaises et demandez aux grimpeurs qui sont les champions de France de difficulté, de vitesse et de bloc… on n’a pas 1% de bonnes réponses.
Et dans les non pratiquants, quand on demande des noms de grimpeurs connus, on a plus de chance d’entendre Edlinger, Destivelle ou Alain Robert que Desgranges ou Durif.

3- «  Pas de prescripteur »
Dans la même catégorie, qui peut me dire quels chaussons utilise Caroline Ciavaldini, quels vêtements porte Guillaume Glairon-Mondet ou quel est la marque de la corde de Dave Graham ??
Il est sans doute plus facile d’obtenir une bonne réponse au sein même de la population grimpante sur le sponsor de Federer, de Manaudou ou de Noah (le fils)
Au fait, qui savait qu’Allianz (groupe AGF) est partenaire de la FFME ? Si, si, c’est sur le site FFME.fr !! Bon, il faut dire qu’ils assurent les 90 000 licenciés, ça vaut bien un petit retour non ?

 

4- «Manque de professionnalisme »

Les grimpeurs ne sont pas des pros de la comm (c’est rarement leur métier), et n’ont en général pas les moyens de faire appel à des agents. La FFME est composée de bénévoles renouvelés tous les 4 ans, pas forcément à la pointe du démarchage sponsors. Dans le milieu freeride, ça passe car il y a de gros enjeux financiers avec un investissement personnel des riders. Dans le milieu de l’escalade… ça coince vis-à-vis des grosses boites.
Quand en plus ceux qui arrivent à travailler de manière pro sont traités de marchands du temple par quelques jaloux… ca complique les choses.

5- « Pas de précédents »

Il est vrai qu’en dehors de Patrick Edlinger et sa fameuse pub Grany les grimpeurs français ayant fait les beaux jours de la pub de marque hors milieu se comptent sur les doigts… sur un doigt !
Si l’alpinisme a eu son heure de gloire dans les pubs tous médias confondus, on attend toujours la percée de l’escalade.

 

6- « Pas de relais médias »
Les médias « grimpe » n’arrivent pas à pénétrer le marché des grimpeurs alors intéresser un public non captifs…  
Il est toujours intéressant de voir que Land Magazine vend plus de numéros qu’il n’y a de propriétaires de Land Rover (et la marque ne soutient pas le mag) et que son tirage est plus important que Grimper…

 

7- « C’est pas compréhensible »
Je me souviens encore de championnats de France à MurMur. Dans un quartier pas folichon, une espèce d’hangar industriel (il y avait encore les problèmes de revêtements de sol), une 50aines de personnes en train d’assister aux « CHAMPIONNATS DE FRANCE » Roulement de tambour… en clair, les grimpeurs et leurs copines dans le meilleur des cas.
Au bout d’une demi-heure, ma copine a voulu partir. Elle m’a dit avoir l’impression d’être dans une église. « On regarde en l’air, on attend que le gars tombe, on applaudit et on recommence. On n’arrive pas à savoir qui a gagné ». Chiant au possible. J’avoue le fait que je suis grimpeur, j’avais du mal à ne pas penser comme elle.
Les choses se sont très nettement améliorées avec le temps et certains championnats de France ont eu un cadre remarquable, mais le problème semble lié intrinsèquement à la pratique elle même.
Le bloc que l’on nous annonçait un temps comme révolutionnaire de par sa proximité avec les spectateurs s’est révélé finalement encore plus abscon.
La vitesse est sans doute le plus pertinent… mais les puristes ont encore du mal…
Le duel semblait également apporter un plus dans la compréhension… mais a été abandonné.


8- « C’est un panier de crabes »
Prenez un grimpeur et faites le parler 5 minutes du milieu… et vous aurez un panorama assez édifiant de l’image que peut renvoyer cette activité…
Guéguerre CAF/FFME, teneur des forums, polémiques diverses et variées… bon c’est sûr que le cyclisme a aussi quelques belles casseroles, mais une fois que l’activité est médiatique et sponsorisée, c’est plus un atout. Dans le cas contraire… c’est un frein.

 

Bref, tout ca pour dire qu’il y a du travail pour arriver a rendre l’escalade de compétition attractive pour des partenaires financiers… dans le cadre de l’olympisme ou pas.

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