Retour avec Maël Bonzom sur son titre de champion d’Europe de difficulté junior

Retour avec la parisien Maël Bonzom qui a raflé hier la seule médaille d’or en difficulté aux championnats d’Europe jeunes d’Edimbourg (Ecosse). Rencontre avec cet habitué des podiums des compétitions nationales et internationales jeunes.

– Kairn : Félicitations pour ce titre, Tu étais 3ème à l’issue des qualifications, comment as-tu vécu ta compétition et plus particulièrement cette voie de finale que tu sors ?

– Maël : Le but de cette compétition était (pour moi) de faire un podium afin de me qualifier pour Nouméa. Je n’étais pas très sûr de moi à cause de mes résultats précédents (Voiron, Imst) même si je me sentais en forme. Du coup j’ai décidé de donner tout ce que j’avais dans chaque voie. Donc même si je n’ai pas réussi à m’exprimer au mieux dans la Q2 j’ai fini quand même 3ème des qualifs ce qui m’a permis d’envisager le meilleur. En finale je suis parti dans la voie me doutant qu’elle avait été sortie juste avant. Mais bon j’ai réussi à gérer la pression et à me faire plaisir dans la voie. En clippant le relais mon objectif était atteint : au pire je finissais 3ème. Après quand j’ai vu les suivants tomber en dessous de moi j’ai été un peu déçu pour eux mais finalement bien content d’avoir enfin gagné. Mais bon, dur retour à la réalité je n’ai pas pu chanter sur le podium car notre avion n’allait pas tarder à décoller (3 filles passaient le bac le lendemain donc mieux valait ne pas arriver trop tard).

– Kairn : C’est ta dernière année chez les jeunes, que retiendras-tu de ces années sur le circuit ? Comment est l’ambiance dans l’équipe ?

– Maël : Que tout peu basculer. Je m’explique : à Imst (compétition sélective pour Edimbourg) j’ai fini 10 des qualifs car Ghislain Pipers a réalisé une contre performance dans la deuxième voie. Sur le coup ça m’a vraiment embêté car il était vraiment en canne et méritait sa place en finale et du coup il finissait 11ème et premier non qualifié… Donc c’est entre guillemet grâce à la contre performance d’un super pote que je dois mon titre… Je savais bien que ça n’allait pas être facile de se qualifier mais là c’était carrément horrible. Autre petite remarque : au fur et à mesure de mes années jeunes j’ai vu le nombre de français à l’international diminuer très fortement. En 2010 il y avait 4 français par catégorie au championnat du monde jeune (Édimbourg) et ce weekend nous n’étions que 9 au championnat d’Europe qui avait lieu au même endroit. Sinon l’ambiance est au top, étonnamment je trouve que quand les critères sont plus durs l’équipe est plus soudée (à Imst personne ne s’est isolé et tout le monde a chanté de vive voix la Marseillaise pour Arsène).

Photo : coll. Brieuc Deleage

– L’an prochain, c’est le grand bain chez les séniors. Sur quels aspects comptes-tu travailler pour arriver à franchir le cap et progresser encore ?

– Maël : Très clairement là je suis au top et je ne peux plus progresser. Non en vrai il faut que je progresse sur tous les points : mental, technique, coordination, rési, force… Donc j’ai de quoi m’occuper pendant au moins une dizaine d’années, si ce n’est plus !!!

– La grimpe est une histoire de famille chez les Bonzom. Raconte nous un peu tes débuts et décris cette passion familiale pour la grimpe.

– J’ai commencé à grimper quand j’ai commencé à marcher. Ça n’a pas été trop dur puisque je suis né à Fontainebleau et qu’il y a de quoi grimper pour les plus jeunes. Après j’ai commencé plus sérieusement l’escalade après avoir rencontré un ami en falaise. Et depuis peu c’est moi qui traîne mes parents (en salle et à Bleau quand le temps le permet).

– Tu viens du club de Massy numéro 1 des clubs. Explique un peu ton quotidien à l’entrainement et l’émulation avec ton partenaire d’entrainement Alban Levier ?

– C’est simple, je suis en Staps tout comme Alban et habitant ensemble nous faisons tout pareil. Dès que c’est possible on va grimper une ou deux fois par jour. Il faut dire qu’en région parisienne on a le choix entre les salles d’escalade et même les sites extérieurs. De temps en temps quand la fatigue se fait sentir ou qu’on a plus de peau sur les doigts, direction la fac pour faire la sieste.

– L’avant championnat d’Europe a été marqué par le rajout de Solène Amoros dans la liste des sélectionnés alors qu’elle ne rentrait pas dans les critères. Quel est ton avis sur la question ?

A fond pour mais… Pourquoi ne pas avoir justifié ce rajout ? Pourquoi juste elle ? Il n’y avait aucune minime fille à cette compétition (ce qui me parait aberrant) et puis un seul athlète dans une catégorie ne lui donne pas le droit à l’erreur… Après je trouve ça bien que la DTN choisisse de rajouter des athlètes plutôt que d’en enlever. Mais bon les critères étaient tombés depuis quelques mois et étaient très clairs. Du coup je pense qu’il y a du bon mais aussi quelques éléments à revoir pour l’an prochain. Personnellement je serais pour une équipe réserve comme en sénior mais après je ne connais rien à la logistique que cela demande…

– La semaine passée, tu étais en stage avec la fac à Buoux où tu n’as pas réussi à enchaîner ‘Rêve de pap’ (8a), comment expliques-tu ce décalage entre ton niveau sur mur et ton niveau en falaise ?

– Houlà… Tout simplement sachant que j’avais une échéance très importante j’ai dû faire un choix. Soit je faisais le bourrin sur des prises traumatisantes (par rapport à la résine), soit je travaillais une de mes lacunes : les sensations. Du coup faire beaucoup de voies dans le 7 en essayant de ne pas forcer ne me paraissait pas être une bêtise. Donc certes au cours de cette semaine je n’ai pas enchaîné de 8 et je suis même tombé dans des 6 mais visiblement cette stratégie a payé à Edimbourg puisque j’avais notamment des super sensations. Et puis les rochers ne vont pas bouger d’ici quelques années. J’ai encore de belles années devant moi pour faire des voies dures.

– Hormis les championnats du Monde jeunes à Nouméa pour ta dernière compétition chez les espoirs, quels sont tes objectifs pour les mois à venir ?

– Je vais d’abord aller jouer avec les séniors à Cham et Briançon. De plus je vais également aller à Gijon voir à quoi ressemble un Championnat du monde sénior et puis ça me permettra de me caler pour Nouméa. Après si c’est possible j’irai un peu en falaise avec ma copine ou mes parents.

Photo : coll. Bonzom

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