‘S’il vous plaît, laissez-nous risquer notre vie en haute montagne’

Onze alpinistes sont morts en trois jours en tentant l’ascension du Mont-Blanc. Notre contributeur Eric Mettout est rédacteur en chef du site de L’Express, et alpiniste amateur. Il refuse que l’accès à la montagne soit réglementé.

Je ne suis pas un montagnard chevronné, à peine un alpiniste amateur et très (trop) occasionnel. J’ai gravi mes quelques 4000 dans les pas de guides qui m’ont souvent ramassé à la petite cuillère dans la descente, les muscles des cuisses tétanisés, le souffle court, les pieds à l’agonie – manque d’entraînement, mon gars, y’a moins d’air ici, faut t’accrocher, c’est maintenant que c’est dur…
J’ai eu peur deux fois, l’une sur une ligne de crête surplombant 800 mètres de vides et étroite comme une langue de chat, l’autre au milieu d’un orage, en traversant le Grand couloir, à l’ombre du Mont-Blanc, là où des cailloux gros comme le poing dégringolent à la vitesse d’une météorite. Je n’en suis pas particulièrement fier (mais un peu quand même ;o). J’ai simplement compris là, ou plutôt RESSENTI là, dans mes tripes et au fond de mon cerveau reptilien, que la montagne est belle mais dangereuse. Vraiment dangereuse

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