Ueli Steck : des ascensions bidonnées?

C’est une étude sensible dont se saisit le Groupe de haute montagne (GHM), organisateur des oscars de l’alpinisme. Elle pointe des incohérences dans le récit de la star au Shishapangma, gravi selon lui en 10 h 30, et pour son aller-retour en 28 heures dans la face sud du premier 8000 atteint par l’homme.

Qui le conteste ? Il est le meilleur alpiniste du moment. Suffisant pour le croire sur parole au retour de ses incroyables solos express ? On ne prête qu’aux riches. Seulement Ueli Steck est fâché avec les appareils photo, économe avec son GPS, grimpe souvent seul, si léger qu’il a tendance à ne laisser aucune trace, pas même celle de ses pas. Les indices de ses exploits manquent.

Collaborateur de l’Himalayan data base, qui passe au gril les expéditions, l’historien de l’alpinisme Rodolphe Popier s’est intéressé, sourcilleux comme un agent du fisc, à deux hauts faits du Suisse. Et le croisement de ses interviews avec les rares témoignages des camps de bases, le peu d’images et les timings annoncés sème le doute.

Ces 10 h 30 dans la face sud-ouest du Shishapangma (8027 m), en 2011, d’abord : « Il est 9 h 15 à 7300 m d’altitude, lorsqu’on le voit pour la dernière fois. Pour que Steck soit à 11 h 40 au sommet comme il le dit, il lui faut doubler son rythme d’ascension (150 m/h jusque-là) et accélérer à 305 m/h.

Du jamais vu

Du jamais vu, d’autant que sur ces 730 derniers mètres il y a la partie la plus verticale ». Popier enquêtera aussi sur l’apothéose du Suisse : l’hallucinant aller-retour dans les 2500 m de la face sud de l’Annapurna (8091 m) en 28 heures, le 9 octobre 2013. Deux semaines après, les Français Yannick Graziani et Stéphane Benoist mettront… 10 jours, sans voir ni trace ni matériel sur cette voie inédite.

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