Urbanisme en montagne et avalanches : Ségolène Royal valide les zones ?jaunes?

Chaque commune, notamment de montagne, doit disposer d’un « Plans de prévention des risques naturels » (PPRN) qui délimite et conditionne les plans locaux d’urbanisme. Sont inclus dans ces plans l’ensemble des risques dits « majeurs » dont les avalanches.

Qu’est-ce qu’un risque majeur ?

Selon Haroun Tazief, un risque majeur ‘c’est la menace sur l’homme et son environnement direct, sur ses installations, la menace dont la gravité est telle que la société se trouve absolument dépassée par l’immensité du désastre’

La définition des pouvoirs publics est légèrement différente : ‘Un risque majeur est un événement rare et d’une grande gravité sur les plans humain, matériel ou environnemental’

L’avalanche de Montroc le 9 février 2013

Une validation récente

Le 28 septembre, Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, signait l’instruction gouvernementale donnant consigne aux préfets de prendre en compte le guide méthodologique avalanches, rédigé… en 2004.

Plan de prévention des risques naturels – Avalanches : Guide méthodologique

Prévention des risques d’avalanches – Question écrite d’un député

Il aura fallu attendre 16 ans pour que soit publié un document tirant les conséquences et les enseignements de la catastrophe de Montroc (Chamonix) qui avait fait 12 morts le 9 février 1999. On se souvient que cette coulée c’était déjà produite selon la même trajectoire en 1843, 1908 et 1945. Néanmoins l’urbanisme s’y était développé.

Les modalités de prise en compte des avalanches exceptionnelles pour améliorer la prévention des risques et renforcer la sécurité des personnes.

Définir des zones inconstructibles ou à risques n’est pas sans poser de problème quant à la valeur des terrains et au développement de l’urbanisme ou des activités humaines ou de loisirs. Un long débat s’est engagé avec les élus, notamment l’Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM) afin de trouver un consensus autour de deux points nouveaux:

1/ retenir les avalanches dont on trouve la trace jusqu’à 300 ans en arrière c’est-à-dire ce qui était dans le passé la référence centennale.

2/ instaurer, aux côtés des trois zones qui portent sur la construction (blanche, sans risque ; bleue, constructible avec protection ; rouge, inconstructible), une quatrième, de couleur jaune, appelée “avalanche maximum vraisemblable”.

Conséquences de cette nouveauté

Cette nouveauté de « zone jaune » sont des zones à » suspicion de coulées » liées à l’ancienneté, la puissance ou une météo ou nivologie exceptionnelle. Il s’agit ici de tenir compte de la sécurité des hommes et non du bâti.

C’est ce dernier principe que Ségolène Royal vient de valider et dont il doit être tenu compte pour l’élaboration des PPR avalanches dans les 292 communes de 17 départements en France où se trouvent quelque 1429 sites habités au pied de couloirs.

Les 17 départements concernés : Ain, Alpes de Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ariège, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Drôme, Haute-Garonne, Isère, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Haut-Rhin, Savoie et Haute-Savoie parmi lesquels 292 communes

Le dossier de l’ANEM

En savoir plus sur les avalanches

Certains médias citent des cas récents d’avalanches notamment dans les Pyrénées :

– A Aulon (Vallée d’Aure) l’hiver dernier où il s’agissait d’une grange ancienne habitée et hébergeant une exploitation ovine et non le fait d’une urbanisation récente.

– A Barèges en 2013 une avalanche tombée en zone urbanisée, en fait sur un parking dégagé prévu à cet effet depuis pratiquement l’origine du village.

Même si le risque n’est pas nul et toujours possible comme ci-dessus, il faut parfois savoir modérer les ardeurs de descriptions médiatiques catastrophiques.


L’avalanche de Barèges en 2013 @Joël Adagas

Louis Dollo

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