Assemblée générale du SIM, le syndicat frondeur des professionnels de la montagne

Le Syndicat Interprofessionnel de la Montagne (ou SIM) tenait ce samedi 13 octobre son assemblée générale à Chambéry. L’occasion d’un tour d’horizon des actions et positions d’un acteur énergique du milieu montagne, qui veut révolutionner jusqu’au ministère des Sports.

Que représente pour vous le professionnel de la montagne ? Le moniteur de ski souriant, le guide passionné ? En apparence, il s’agit d’un monde où les gens vivent chichement mais en harmonie car ils ont fait le choix d’un métier épanouissant plutôt qu’un métier qui rapporte. La réalité est tout autre. Les enjeux financiers dans le business de l’outdoor sont conséquents. Cela a mené, depuis des années, à de multiples dérives tant dans les syndicats professionnels qu’au sein de l’administration des Sports, qui ont poussé des pros révoltés à former le SIM, le syndicat interprofessionnel de la montagne. A l’origine de ce nouveau syndicat, des personnes impliquées dans les syndicats historiques (guides, moniteurs de ski, …) et parfois mis au ban de leur corporation (voire exclus) pour avoir dénoncé des pratiques nocives voire illégales au préjudice de l’économie et des professionnels de la montagne comme des finances publiques .

Un syndicat qui obtient des victoires

Particulièrement actif sur les terrains médiatique (ayant collaboré à divers articles d’investigation ici ou ), administratif et judiciaire (à l’origine ou en appui de multiples requêtes et procédures à l’encontre de syndicats historiques), le SIM s’est forgé une solide réputation d’empêcheur de tourner en rond. Et la ténacité de ses élus paye puisque plusieurs combats emblématiques ont déjà été gagnés, par exemple, la mise en lumière de conflits d’intérêt et au sein du syndicat des moniteurs de ski ou encore la fin de l’exclusivité d’accès des syndicats historiques dans les instances de concertation avec le ministère des Sports (un monopole vieux de 70 ans). Pour 2019, le SIM annonce déjà de nouvelles procédures (notamment contre l’ENSA de Chamonix et le ministère des Sports lui-même).

Entre syndicats qu’ils estiment corrompus, des organismes de formation considérés incompétents et sous influence, de plus en plus de guides, moniteurs d’escalade, moniteurs de ski, moniteurs de canyon et même mushers se tournent vers le SIM dans l’espoir de trouver un contrat d’assurance professionnelle accessible, de bénéficier d’un recyclage utile à un coût raisonnable tout en bénéficiant de bénévoles compétents qui défendent leurs prérogatives auprès du ministère des sports.

Une volonté de changer un système usé

Au-delà de l’ambiance bon enfant de l’AG, les problèmes évoqués sont structurants. Les adhérents du SIM sont conscients que, étant données la multitudes de dysfonctionnements dans les sports de montagne, la survie de leur métier passe par de profondes remises en cause de certains monopoles. Notamment la formation initiale et recyclage des guides et des moniteurs dis « à corde » doivent être refondus. Réalisant que l’organisation des structures sportives bénévoles et professionnelles datent de Vichy, déplorant le manque de concertation, la mauvaise qualité pédagogique et les pratiques abusives en matière de formation initiale et continue, le SIM propose une modification de ces structures en demandant à ce qu’elles soient gérées par les professionnels eux-mêmes.

Petit à petit, le syndicat gagne en crédibilité. Suite à une alerte envoyée au ministère des sports sur les dysfonctionnements des organismes de formation puis une série de suggestions permettant de rendre la formation initiale et le recyclage bien moins onéreux, le SIM a été invité à rencontrer la ministre des sports elle-même. On peut s’amuser du fait que le SIM est le seul syndicat français à proposer au ministère dont il dépend de réaliser des économies !

Pour aller plus loin :

Montagne – Yannick Vallençant : Interview d’un syndicaliste novateur.

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