Barkley 100 : “J’estimais mes chances de terminer entre 2 % et 3 %”

Valery Caussarieu

Le français Valery Caussarieu, 47 ans, participait pour la première fois à la Barkley 100 (lire Barkley 100 : personne à l’arrivée cette année (encore)). Remis de ses émotions, nous lui avons posé quelques questions sur cette course hors norme. Il a remporté la TransPyrenea en 2016.

Kairn.com : Cette course est qualifiée de la plus dure du monde. Comment vous êtes-vous préparé ?

Valery Caussarieu : Généralement, pour les courses montagnes de format 100 miles (Grand Raid des Pyrénées, Diagonale des Fous…), j’ajoute à mes sessions classiques d’entrainement trail quelques sessions de randonnée en montagne à l’occasion de weekend chocs.

En raison de la difficulté et de la spécificité de la Barkley, j’ai réalisé une préparation de type « hill training » qui consiste à cumuler un maximum de dénivelées en gravissant les collines autour de chez moi dans les pentes les plus raides.

Pensiez-vous pouvoir finir ou pas ?

J’estimais mes chances de terminer entre 2% et 3%.

Comment s’est déroulée la course ?

Le départ a été un peu rapide à mon goût pendant les deux premières heures, puis je me suis callé au rythme de Benoît Laval avec qui nous avions prévu d’aller le plus loin possible ensemble. Le reste du premier tour s’est bien déroulé, nous n’avons perdu en tout et pour tout qu’une vingtaine de minutes en navigation pour trouver sur les livres 11 et 13 et finissons en 9H07’, un bon temps.

“Le terrain déjà difficile s’est transformé en patinoire”

Le second tour à lui dès le début très mal commencé, l’orage, le brouillard et un déluge se sont abattus sur la course à l’entame du tour. Le terrain déjà difficile s’est transformé en patinoire et nous a tous fortement éprouvé. La navigation est devenue très aléatoire sans repères.

Ce deuxième tour a anéanti toutes nos chances de finir la course.

Les conditions météo très éprouvantes cette année, comment l’avez-vous vécu ?

Tout d’abord, nous avons pris un orage qui est passé relativement vite, puis des pluies torrentielles et le brouillard se sont abattus toute la première nuit. La visibilité, notamment sur les hauteurs, s’est particulièrement réduite ce qui a entraîné de grosses difficultés de navigation.

“C’est un format de course bien plus fun que les ultra trails classiques où tout est fait pour que vous finissiez”

Le surcoût d’énergie nécessaire pour monter et se maintenir en équilibre dans les descentes à particulièrement durci la course et diminué les vitesses de progression.

Votre meilleur et votre pire souvenir ?

Meilleur souvenir : finir mon premier tour et revenir à la barrière pour la première fois.
Pire souvenir : prendre un bain en pleine nuit en traversant New River et grelotter pendant plus d’une heure.

Que retiendrez-vous de cette course ? C’est une course mythique et vous avez réussi à y participer. En êtes-vous fier ?

Je n’ai pas été déçu. J’ai trouvé à la Barkley ce que j’étais venu y chercher : une course rustique, minimaliste, des pentes extrêmes, de la pression psychologique, de l’autonomie… Au-delà de cela, c’est un format de course que je trouve génial et passionnant, bien plus fun que les ultra trails classiques où tout est fait pour que vous finissiez.

N’étant pas un coureur « élite », j’ai été très surpris d’avoir été retenu pour participer dès ma première candidature. C’est un honneur et une chance inouïe pour moi d’avoir été sélectionné.

Justement, quels ont été les différentes étapes de l’inscription jusqu’au départ ?

Le processus d’inscription est particulièrement simple mais à l’image de la course, il demeure mystérieux et nécessite un minimum d’investissement personnel…

Comment expliquez-vous selon vous que cette course soit devenue un événement à part entière connu dans le monde entier ?

Je ne pense pas que la Barkley soit aujourd’hui mondialement connue. Elle a effectivement un fort écho en France en raison des participations de « nombreux » coureurs français et du relais qui a été fait dans les médias notamment les films de France 2 et de Canal +.

Le blog de Valery Caussarieu est consultable ici.

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