Chemins de montagne interdits d’accès dans la Drôme


 

Comme nous l’avions déjà laissé comprendre dans plusieurs de nos News, des éleveurs de la Drôme ont décidé d’interdire l’accès de sentiers de randonnée pour des raisons de sécurité.

Nous apprenons de Jean-Louis Fleury, président de l’association solidarité pastorale, que par mesure de sécurité certains éleveurs de la Drôme ont déjà fermé un premier chemin sur la commune de Truinas dans le canton de Bourdeaux (26). Un second chemin pourrait suivre le même sort sur la commune d’Orcinas sur le canton de Deulefit (26). 

Trop de procès pour un bon travail de chien


 


Ces mesures font suite aux nombreuses mises en cause d’éleveurs par des randonneurs qui ont été agressés par des chiens de protection des troupeaux (Bergers des Pyrénées dit « Patou »). Il faut rappeler qu’en raison de la présence de loups en montagne et dans le cadre du plan de conservation de celui-ci, l’Etat, notamment le Ministère de l’Ecologie, incite et même subventionne les éleveurs pour intégré ces chiens dans les troupeaux afin de les protéger d’une attaque éventuelle de loup. Ces chiens, élevés au milieu des brebis, sont faits pour écarter tout intrus et tout danger du troupeau auquel ils appartiennent. L’homme « étranger au troupeau » est donc perçu par le chien comme étant un intrus potentiellement dangereux pour les brebis dont il assure la protection. De plus, pour être efficace et écarter le danger, le chien doit être un minimum agressif et capable de réagir fermement. Comme le loup, le randonneur ou vététiste en fait les frais. Normal !  Le chien fait son boulot de protection.


 


Bien entendu, la victime humaine ne l’entend pas de cette oreille. On la comprend. Des vêtements lacérés, des blessures, des soins, parfois un séjour à l’hôpital… Cela laisse des traces, parfois psychologiques, pour lesquels réparation est demandée. C’est alors que l’engrenage s’opère : dépôt de plainte, instruction, interrogatoires, jugement et les ennuis du berger et de l’éleveur ne font que commencer avec les amendes, les dommages et intérêts, etc… En octobre 2009, le tribunal d’Albertville a condamné un éleveur à 20 000 Euros en partie avec sursis. Avec la crise de la filière ovine la charge devient vite insupportable et le randonneur n’est plus le bienvenu au milieu des alpages ou au chalet.


 


Danger reconnu


 


Au nom du principe de sécurité, les préfectures alpines imposent la mise en place de panneaux d’information (ci-contre) annonçant la présence des chiens de protection. Des consignes de contournement du troupeau sont également mentionnées. Autant d’éléments prouvant une prise de conscience de l’administration de l’existence d’un risque Il s’agit en fait de panneaux « parapluie » pour couvrir une incohérence administrative, que certains éleveurs qualifient également « d’incompétence administrative ». Il est curieux de voir que le principe de précaution introduit dans la constitution depuis 2005 n’ait jamais été respecté dans ce domaine. Pourquoi l’administration, en s’obstinant à vouloir protéger les grands carnivores, n’a-t-elle jamais admis, jusqu’à ce jour, l’existence d’un danger réel pour les autres usagers de la montagne ?  Pourquoi aura-t-il fallu attendre plusieurs années pour que le danger soit enfin reconnu ? Pourquoi les éleveurs, qui ne sont pas demandeur de grands carnivores en montagne et sur les alpages, seraient-ils les seuls à subir les conséquences du retour du loup ? Pourquoi cet engouement pour l’écologie du « tout sauvage » n’a-t-il jamais pris en compte les conséquences de la présence du loup ? Il faut peut-être aller chercher, non pas dans des principes de protection de la biodiversité mais plus dans des principes idéologiques qui exclus l’homme, responsable de tous les maux de la planète.


 


Une réaction légitime des éleveurs.


 


Il est évident que de simples panneaux informatifs sont très insuffisants. Il faudrait également une formation des randonneurs et autres usagers de la montagne pour aborder de tels chiens dont la mission est la protection et la défense. Quant à être condamnés, les éleveurs préfèrent légitimement, au nom du principe de précaution, fermer temporairement les accès pendant la durée des pâturages. Les éleveurs se défendent de vouloir interdire la nature aux autres usagers. Ils veulent seulement assurer leur sécurité.


Des éleveurs font remarqués que d’autres interdictions existent notamment en escalade, pour la protection des rapaces. Ils rappellent le cas d’Archiane  pour la protection gypaète barbu ou ce qui se prépare dans l’indifférence totale des pratiquants de la randonnée et de l’escalade dans les Calanques avec la création du Parc National.


 


 


Pour les éleveurs, le véritable problème n’est pas la présence de ces chiens, mais bien l’absence de gestion des loups (canis lupus italicus) par l’administration. Pour de Jean-Louis Fleury c’est aussi la preuve que « la présence du loup, du pastoralisme et des autres usagers n’est pas compatible ». Selon nos informations, cette mesure d’interdiction d’accès se poursuivrait tant que « d’autres solution bien plus efficace ne seront pas misent en place ».


S’agirait-il du droit à la défense contre le loup ?


Peut-être faudra-t-il que, comme la Suisse, la France demande une révision de la Convention de Berne mais aussi… des directives européennes.


 



 


 


 


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