Décès de Xavier Eguskitza, historien des 8000 mètres

C’est une page de l’himalayisme qui se tourne en ce début d’année. Après le décès de Elizabeth Ann Hawley le 26 janvier 2018 à Kathmandou, nous apprenons avec tristesse, de sa veuve, le décès de Xavier Eguskitza, survenue samedi 3 mars, à l’âge de 77 ans.

Véritable historien de l’himalayisme, Xavier Eguskitza avait compilé des données très précises sur les 8.000 mètres depuis 1974.

Xavier Eguskitza, basque espagnol qui vivait en Grande Bretagne, avait fourni un travail passionné sur les expéditions et les sommets de l’Himalaya. Il était un spécialiste des statistiques. Informaticien de formation, il utilisait ses compétences pour rendre plus pertinente les bases de données qui recensent les exploits himalayens. Il avait travaillé avec Elizabeth Hawley dans le cadre du projet Himalayan Database.

Référence statistique des alpinistes

Xavier Eguskitza et Elizabeth Hawley ont été pendant des années la référence des alpinistes qui ont grimpé les quatorze plus hautes montagnes de la Terre. Ils fournissaient un travail rigoureux sur le résultat de ces expéditions, entrevues approfondies à l’appui. (lire : Los cronistas de los ochomiles)

Xavier Eguskitza faisait partie des nombreux chroniqueurs a avoir réalisé des compilation d’informations. Parmi eux, le plus reconnu à ce jour reste aujourd’hui, et depuis 1981, l’allemand Eberhard Jurgalski. Depuis 1997, Xavier Eguskitza et Eberhard Jurgalski collaboraient et complétaient leur travail mutuel.

Par ailleurs, Xavier Eguskitza avait rédigé un article scientifique important sur l’utilisation de l’oxygène dans les expéditions sur l’Everest et le K2. Son titre : “Supplemental oxygen and mountainering deaths – O2 : the extra breath of life on Everest and K2 ?

Xavier Eguskitza, héritier de Günter Oskar Dyhrenfurth

Quand Günter Oskar Dyhrenfurth revint de son expédition au pic Jongsang en 1930, il commença à compiler des données des hautes montagnes asiatiques. Ensuite, son collègue d’expédition, Marcel Kurz, rassembla tous les rapports d’expédition et les compila. Ces comptes rendus statistiques étaient publiés dans la revue suisse Die Alpen.

Ont suivi toute une lignée de rédacteurs, de journalistes, de chroniqueurs. Jusqu’à aujourd’hui ils effectuent un travail de fourmi, bien aidé depuis quelques années par l’outil informatique.

L’indien Harish Kapadia, les polonais Józef Nyka et Zbigniew Kowalewski, le slovène Franci Savenc ou encore le japonais Tsunemichi Ikeda ont tous contribué à leur façon à écrire l’histoire de l’himalayisme, tablettes à la main.

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