Des dangers du manichéisme écologiste

La prise de conscience écologique de notre société a été accompagnée par une montée des extrémismes. Comme s’il fallait contre balancer des années de négligence, de dépravation environnementale et d’abus polluant par un stakhanovisme ascétique.

Pétris de bonnes intentions, et sensibilisés a grand renfort de campagnes racoleuses, beaucoup d’entre nous ont fait leur bilan carbone, pour découvrir que comme tout le monde, notre empreinte écologique est bien au-delà de l’acceptable.

Envahis d’un sentiment de culpabilité vis-à-vis des générations futures (et des milliards de terriens non nantis), l’étape suivante consistait à trouver des solutions pour rendre l’avenir plus radieux et pour ne pas vivre dans le péché de la sainte religion écolo.

Bien que la réalité mais surtout l’ampleur du problème et de ses racines (et ramifications) reste encore sujet à débat, de nombreux prédicateurs écologistes nous abreuvent de leur solution miracle pour soigner notre terre si mal en point.
Il faut alors appliquer les solutions les plus extrêmes à une situation donnée comme irréversible, sans aucune certitude de leur pertinence.

Le fameux « principe de précaution » si cher à nos politiques ne semble plus exister quand il s’agît d’une solution de la dernière chance pour sauver la terre.

De l’envoi de particules dans l’atmosphère pour lutter contre l’effet de serre en passant par des navette spatiale de déchets nucléaires vers le soleil, les solutions les plus abracadabrantesques sont prêtes à être mises en œuvre par les gouvernements (et surtout par des industriels flairant la bonne affaire). A notre humble niveau, des solutions bon marché censées mettre un terme à l’excès capitalistico-polluant de nos modes de société actuels fleurissent, relayées par autant d’associations écologistes au fonctionnement et au financement pas toujours très clairs comme autant d’églises au sein de la religion écolo. Et chacune de ces paroisses de fustiger a qui mieux mieux les inconscients qui n’appliqueraient pas à la lettre ces  poncifs.

Mais depuis l’avènement de l’écologie, le nombre de solutions radicales qui se sont révélées plus nocives que le problème sont pléthore.

Mais est-ce la terre qui est malade ou bien l’humanité ?
Comment peut-on imaginer qu’un problème aussi complexe que le réchauffement climatique va trouver sa solution au sein d’une religion manichéenne ?
Remplacer toutes les centrales nucléaires par des éoliennes est un délire irréaliste et dangereux. Pour autant, la solution éolienne n’est pas forcément à rejeter dans son ensemble. Dans certains cas, dans certaines conditions, elle peut être partie de la solution. De même pour les panneaux solaires. Oui mais voilà, on veut tout ou rien. On veut des solutions simples, radicales. Elles marchent ou ne marchent pas, mais il faut qu’elles soient blanches ou noires, efficaces à 100% ou à rejeter

Résultat des courses, l’individu lambda, avec son bilan carbone déplorable, ne sait plus à quel saint se vouer. Ayant appliqué X solutions miracle pour ce rendre compte a posteriori que son sacrifice à l’autel de l’écologie a été vain, le dépit et l’impuissance le pousse à la méfiance de tout ce qui à trait à cette religion.
On retrouvera donc lambda dans les rangs des fidèles de la dernière église à la mode actuellement, celle du « advienne que pourra ».

Il fût un temps ou le terme d’environnement prévalait sur celui d’écologie.
L’environnement c’est ce qui entoure l’humanité, ce avec quoi nous interagissons et avec lequel il faut trouver un équilibre durable.

C’est un concept qui nécessite des sacrifices de notre part. Mais pour êtres réellement mis en œuvre par l’humanité dans son ensemble, le problème et ses solutions doivent être évoquées dans leur réalité, sans superlatifs alarmistes. On joue peut être la fin du monde, mais la bande annonce américaine est galvaudée. L’approche « C’est pas sorcier » aura sans doute beaucoup plus d’impact à long terme que la version « Armageddon ».

A force de crier au loup, de faire peur a tout va et d’annoncer la fin du monde de manière inéluctable, le discours finit par se noyer dans le brouhaha des informations quotidiennes sur la grippe A, la crise économique mondiale, la chute de Ben Ali ou le tremblement de terre de Haiti.

Le terme d’écologie devient péjoratif de par l’extrémisme qui suinte au pied de ce mot. Oh, je sais bien ce que l’on va me rétorquer : « on a plus le temps pour faire de la pédagogie », « tu ne te rends pas compte que dans quelques années il sera trop tard ? ».
Bien au contraire, je pense que l’urgence nous oblige à faire les choses bien, à dialoguer, à trouver des solutions concertées et multiples, à « donner du temps au temps » pour pouvoir trouver des solutions viables.
Dans le cas contraire, l’écologie deviendra bientôt l’un des pires ennemis de l’environnement.

Cedric Larcher

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