Erri De Lucca, Le poids du papillon

Le poids du papillon raconte la vie parallèle de deux Grands solitaires : le roi des chamois et le roi des braconniers.
Tous deux sont décrits au soir de leur existence. Leurs muscles sont encore vigoureux, leur connaissance du territoire pleine et intacte, leur expérience accomplie, leur orgueil non altéré et non corrompu, mais simultanément ils ressentent l’approche du but final, la nécessité de bientôt céder dignement la place.

« Sa mère avait été abattue par un chasseur. Dans ses narines de petit animal se grava l’odeur de l’homme et de la poudre à fusil »

C’est ainsi que commence le poids du papillon et dès les premiers mots on comprends que la thématique du texte sera centrée sur la rencontre entre ce petit animal – qui deviendra adulte, qui gagnera le duel pour devenir le mâle dominant du troupeau, qui transmettra son patrimoine génétique à plusieurs générations de chamois – … et ce chasseur.

« L’homme avait déjà un certain âge, une grande partie de sa vie à monter braconner en montagne. Il s’était retiré pour faire ce métier après une jeunesse passée dans la ville avec les révolutionnaires jusqu’à la débandade. »

C’est ainsi qu’est présenté le braconnier, dont on devine par quelques scènes successives un passé citadin turbulent et, lui succédant, un désir de solitude apaisante dans les silences de la montagne. Difficile, dans ce texte, de ne pas entrevoir des éléments autobiographiques connaissant la jeunesse de De Luca et sa grande passion amoureuse pour la montagne, ainsi que des animaux habitant les montagnes.

De Lucca montre qu’il préfère de loin les chamois,

« les bêtes qui courent à la perfection au-dessus des précipices »

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