La fascination du Cervin depuis 150 ans

L’ascension de ce pic emblématique marque les débuts du tourisme de montagne. Une activité capitale pour la région de Zermatt.

Sa silhouette se dresse, triomphante, au fond de la vallée de Zermatt. Emblème helvétique par excellence, le Cervin, avec ses 4478 mètres d’altitude, a permis à cette région valaisanne de devenir une icône du tourisme de montagne. Qui célèbre, en cette année 2015, un jubilé: il y a 150 ans, le sommet était vaincu pour la première fois. L’exploit a été accompli par une cordée d’alpinistes emmenés par l’Anglais Edward Whymper. Puis l’expédition a tourné au drame. Quatre des sept aventuriers ont péri lors de la descente.

Retour en arrière. Au début du mois de juillet 1865, Edward Whymper réunit à Zermatt un groupe de montagnards expérimentés. Cet alpiniste de légende a recruté le Français Michel Croz, guide de Chamonix, et deux guides valaisans, les Taugwalder père et fils. Trois Britanniques les accompagnent: Charles Hudson, Lord Francis Douglas et Douglas Robert Hadow. Athlète accompli, ce dernier a escaladé la semaine précédente le Mont-Blanc en quatre heures et demie.

Les aventuriers se mettent en route le 13 juillet pour bivouaquer au soir au pied du Cervin. Les montagnards attaquent l’ascension dans la matinée du 14. Après quelque huit heures d’escalade, ils atteignent le sommet, exténués, en début d’après-midi. Tout à leur joie, les hommes s’embrassent et contemplent le paysage.

Après une heure de pause, il faut penser à la descente. Les hommes se mettent en route. Sur l’arête nord, Douglas Robert Hadow, deuxième derrière Croz, fait un faux pas et entraîne le premier de cordée dans une chute de 1200 mètres. Charles Hudson puis Lord Douglas ne parviennent pas à les retenir et sont à leur tour emportés. Mais la corde d’assurage se rompt, permettant ainsi à Edward Whymper, au guide Peter Taugwalder père et à Peter Taugwalder fils de rester saufs.

Les trois survivants rejoignent la vallée, anéantis par l’accident. Par la suite, le journal viennois Neue Freie Presse émettra l’hypothèse que Whymper a coupé la corde au couteau. Il se serait alors rendu coupable d’un homicide volontaire ou se serait trouvé dans un état de nécessité pour sauver la vie des trois hommes en fin de cordée. Les autorités suisses ont ouvert une enquête qui s’est terminée sur un non-lieu. Edward Whymper, très marqué par cette tragédie, ne tenta plus jamais aucune expédition majeure.

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