Le Marcheur Herzog

Quand se termine Gasherbrum, la montagne lumineuse (1984), l’alpiniste Reinhold Messner, après avoir enchaîné les ascensions de Gasherbrum 1 et Gasherbrum 2 – deux sommets de plus de 8000 mètres de l’Himalaya -, confesse à Werner Herzog qu’après tous ses exploits grimper tout là-haut n’est plus aussi vital pour lui. Il lui annonce qu’il rêverait de trouver la même paix, de vivre la même vie en marchant droit devant lui sans s’arrêter non pas jusqu’à la fin du monde mais jusqu’à ce que le monde s’arrête ; jusqu’à ce que tout disparaisse avec sa mort. Hors-champ, la voix de Werner Herzog qui accompagne chacun de ses documentaires fait sourire Reinhold Messner : le cinéaste lui avoue avoir le même rêve que lui. Du 23 novembre au 14 décembre 1974, alors qu’une de ses amies se trouvait mourante en France, Werner Herzog marcha de Munich à Paris comme pour conjurer le sort. Il reste de ce voyage solitaire un carnet de voyage troublant, Sur le chemin des glaces (1). Dix ans plus tard aux pieds de l’Himalaya, les quelques mots qui sortent de la bouche de Reinhold Messner avant que les deux hommes ne se séparent semblent être prononcés en cœur : « L’important, c’est de marcher, marcher, marcher… ».

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