Les conséquences du retour du loup en France : nous sommes tous concernés, notamment en montagne

En apparence, le sujet peut ne concerner que les éleveurs. Les randonneurs, grimpeurs, alpinistes, skieurs…. En quoi peuvent-ils être concernés ? « Ce n’est pas mon problème » répondront beaucoup de ces pratiquants de la montagne. Et pourtant !

Il ne s’agit pas de peur ancestrale mais tout simplement du constat des problèmes environnementaux, sociaux et économiques que ce retour, qu’il soit artificiel ou non, peut avoir sur les territoires montagnards. L’abandon des espaces c’est la fermeture des milieux, une perte en biodiversité, des risques d’incendies et d’avalanches. C’est aussi la désertification des vallées où se côtoient tourisme et élevage avec de nombreux gîtes sur des parcours de randonnée comme les GR maintenus ouvert grâce au passage des bêtes.

La présence du loup, ce n’est pas seulement des ennuis pour les éleveurs mais c’est aussi la transformation du tourisme de nature telle que la randonnée en tourisme de masse et de luxe autour des Parcs Nationaux et autres espaces protégés avec en arrière-pensée le ré-ensauvagement des milieux ne permettant plus la randonnée en liberté.

A l’heure du bio et de la recherche de produits alimentaires tracés et de qualité, c’est vers l’élevage industriel du type « ferme des milles vaches » que nous poussent ceux qui ont la prétention de protéger la nature.

Dans un premier film documentaire réalisé par un éleveur des Vosges, il nous présente, de manière objective, ce qui est un drame social, humain, économique et environnemental. Il nous disait récemment :

‘Je voulais informer les éleveurs qui ne sont pas encore touchés sur ce qui les attend…… Il fallait que j’apporte un message clair. Je souhaitais aller à l’encontre des idées reçues et de la désinformation qui est faite sur le sujet par certains médias. Mon but est aussi de convaincre l’opinion publique car les instances politiques ne feront pas évoluer les lois tant que la majorité de la population se positionnera en faveur du prédateur’

Le film présente un micro-trottoir à Paris, particulièrement édifiant sur le niveau d’information du public, une interview d’un historien, Jean-Marc Moriceau, les différents moyens de protection, les conditions de vie incroyables des bergers et leurs témoignages de leur impuissance face aux attaques du loup, des interviews de techniciens, etc… La conclusion de Laurent Garde, écologue au CERPAM, est sans appel après 20 ans d’études, d’observations, de réalisations….

‘On joue l’apprenti sorcier, on balance des loups partout alors qu’on ne sait même pas quoi proposer aux éleveurs. Ça c’est central dans ce dossier parce que là on joue les apprentis sorciers… Et à très grande échelle !

‘La réponse de notre part, c’est prendre le fusil et flinguer les loups ! Nous, on est au bout du bout … Les éleveurs sont au bout, nous aussi on est au bout… émotionnellement, psychologiquement… tout le monde est à bout’.

Et il conclue : « On est en train de remplacer l’élevage naturel par un élevage industriel. Et le loup qui est un prétexte écologique va en réalité nous pousser à faire de l’élevage industriel’.

En savoir plus….

Ce film a été tourné avant la découverte du projet du Conseil de l’Europe de protéger de manière intégrale, dans le cadre de la Convention de Berne, des chiens / loups hybrides c’est-à-dire des chiens errants dont nous reparlerons.

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