Marathon du Mont Blanc, de record en record !

Chamonix avec son « capital montagne », a encore l’envie et la force de mettre en avant le trail sur toutes ses coutures. Cette année, en plus des trois épreuves majeures déjà présentes (Kilomètre Vertical, Cross et Marathon), l’organisation a comblé son potentiel en offrant un ultra de 80 kilomètres et 6000 m D+.

La météo qui boude le printemps, en passant de l’hiver à l’été depuis trop longtemps, n’a pas facilité le challenge, mais les coureurs de niveau international et les équipes présentent ont rivalisés de performances. Et on peut dire qu’à ce jeu, Salomon, partenaire de l’événement, avec son team, a aussi la capacité de faire le show !

Vendredi, la course et l’arrivée en binôme de François d’Haene et Michel Lanne sur le 80 kilomètres révèlent deux valeurs chères aux sports outdoor, l’engagement sportif autant qu’humain ! Pour cette première participation, ils établissent ici un temps de référence de 9h45’57” tandis que chez les dames la Suissesse Caroline Chaverot s’impose en 13h10’05”.

En fin d’après-midi, au kilomètre Vertical, Kilian Jornet cède sa couronne en arrivant deuxième derrière le colombien Saul Antonio Padua Rodriguez qui signe le nouveau temps record de 00h34’34 ‘’. Chez les féminine, Cristel Dewalle toujours en forme, confirme sa domination sur ce type d’épreuve en terminant en 00h41’33”.

Les épreuves de Samedi (Cross 23 km 1454 D+ et le 10 kilomètres) se sont déroulées sous une pluie incessante, qui n’empêchera pas le néo-zélandais déjà vainqueur en 2012, Jonathan Wyatt, de s’imposer à nouveau en 1h55’37”, et sous un jour qui rappelle que le trail est avant tout soumis aux lois de la montagne, c’est Aline Camboulives, une vingtaine de minutes plus tard, trempée et émut qui accède à la première marche du podium.

Maintenant parlons de l’épreuve fard de ce week-end chamoniard, le Marathon ! Complet depuis des mois, on espère que l’épreuve va tenir ses promesses car samedi, les participants devaient ne pas croire au soleil prédit en scrutant le ciel… Barbara Delière, coureuse avertie, revient sur cette magnifique et éprouvante épreuve.

La montagne est surprenante et, au petit matin du dimanche sur la place du Triangle, j’admire les cimes en effet toutes dorées tandis que le reste est caché par les nuages. La foule reprend, « trois, deux, un », 7h le départ ! Difficile de faire écouler les 2003 participants dans l’entonnoir des ruelles de Chamonix, plus le temps de me dire si j’ai vraiment envie d’être là, comme toujours j’ai cette appréhension de l’épreuve qui s’efface lorsque le corps s’habitue, s’approprie sa foulée, l’esprit se laisse apprivoiser par cet environnement si particulier et que enfin, je « fais ma course »…

Un départ rapide où près de cinquante nations foulent la même terre au cœur d’un des massifs les plus connus au monde, le soleil nous réchauffe déjà et toute cette ambiance donne des ailes.

Je ne me laisse pas démonter par les 18 premiers kilomètres jusqu’à Vallorcine, j’ai laissé filer ma collègue Fanny du Vieux Campeur, plus rapide que moi, en gérant comme j’ai l’habitude sur de plus longues distances, je carbure au diesel et veille à me laisser transporter par mon mental qui prends toujours le dessus sur le physique et ses limites.

Dès Vallorcine et tout le long du parcours, on ne peut que être touché par l’engouement de la part des bénévoles et de la foule, prête à nous accueillir sur les ravitos…Et quelle foule, ici plus qu’ailleurs le trail est une fête ! Les enfants soutenus par les parents tapent dans nos mains, on nous applaudit et on nous encourage par nos prénoms si justement écrits sur nos dossards : et oui ce n’est pas ton double qui te suit partout ! (J’en connais un qui a mis trois heures avant de se rendre compte que c’était lui qu’on encourageait).

Un guitariste et sa sono à « l’acoustique alpin » nous récompense une fois arrivée au col des Posettes, certains se laisse même aller à un petit déhanchement sur un air de Rock des Sixties, moi j’ai surtout envie de boire, 1000 m de dénivelé positif ça use !

Direction l’Aiguillette des Posettes à 2201 m d’altitude, et l’une des plus belles vues du parcours. C’est aussi le passage le plus technique où il faut choisir entre regarder ses pieds ou admirer le paysage, j’arrive à faire les deux, mais j’avoue, je regarde plus souvent mes pieds !

A la descente, je recharge comme je peux les batteries, il y a du rocher et des planches de bois, il faut rester concentré et penser à la suite, c’est le moment de le faire car la dernière portion, de Tréléchamp a l’arrivée, reste certainement la plus difficile a gérer quand on a 30 kilomètres dans les jambes et que l’on ne s’appelle pas Kilian ou Stevie, entres autres ! J’encourage Sophie ma seconde collègue féminine, épuisée mais qui trouve la force de continuer, et de mon côté je serre les dents à chaque douleur perçante sur mon pied droit (mon lot de consolation sera trois ampoules bien placées). Une récupération sommaire mais bienveillante, un regard familier venu me soutenir, il reste 11 kilomètre et 800 m D+, je ressens un sursaut d’énergie salutaire à ce moment là et continue à doubler sur le faux plat montant.

Le physique me rappelle à l’ordre et comme tout ceux qui m’entoure je ne pense maintenant qu’au finish et malgré mes efforts, la montée à la Flégère semble interminable. Je pousse sur les bâtons, je mets le pilotage automatique et laisse la machine faire son travail.

Je suis à fleur de peau et essaie de ne pas craquer, un gel, une redescente qui me fait du bien, je trottine sur le sentier à flanc de montagne vers Planpraz, mais le speaker est encore loin, enfin la dernière vue et les trois lacets qui montent vers la « délivrance ».

Le dernier virage, Stéphanie me prend en photo, je peine pour sourire, déjà tout le monde nous encourage, plus que 20 mètres, la foule m’entoure, « allez Barbara, ne lâche rien » !!! Purée j’ai envie de pleurer là, c’est une émotion énorme, je cours parce que je ne peux pas faire autrement devant l’enthousiasme de mes supporters anonymes, j’ai envie de pleurer et j’adore !

Une fois la ligne atteinte, tout a tellement été mis à rude épreuve que l’on se sent soudainement investit d’un immense pouvoir, avoir réussi une preuve, avoir accepter la douleur pour la beauté de l’effort et l’achèvement d’un objectif, être aller chercher des ressources que l’on ne soupçonne pas, nous fait ressentir un sentiment incroyable, un sentiment partagé de tous !

Maintenant, le lendemain matin, les vainqueurs de l’épreuve, ont-ils aussi mal aux jambes ?
Cela n’est même pas certain, ce que l’on sait c’est que Kilian Jornet est vraiment un champion pour pulvériser son propre record en 3h30’41”et finir une minute devant l’italien Marco de Gasperi qui n’a pu l’accrocher jusqu’à la fin. Une vitesse moyenne de 14,1 km/h, c’est possible ? Et oui tout comme l’étonnante américaine, Stevie Kremer qui explose le record aussi chez les femmes, avec une vitesse moyenne de 11,9 km/h, en 4h03’16”, laissant Emelie Forsberg, détentrice de la première étape de la Skyrace à Zégama vingt minutes derrière, puis Céline Lafaye qui s’adjoint une excellente troisième place au podium.

Stevie et Kilian endossent le maillot provisoire de leader après les 2 étapes du classement des WorldSky Series. La suite le 18 août pour la Skyrace (Pikes Peak) dans la Colorado, en attendant de les retrouver le 30 juin 2014 « à la maison » comme dit Kilian, pour le championnat du monde de Skyrunning à Chamonix.

Résultats du trail 80 Km
1. François d’Haene (Team Salomon – FR) et Michel Lanne (Team Salomon – FR) ex æquo en 9h45’57”
2. Xavier Thévenard (Team Asics – FR) : 10h06’28”
3. Sylvain Couchaud (Team Newbalance – FR) : 10h45’36”

Chez les femmes
1. Caroline CHAVEROT (Team Raidlight – CHE): 13h10’05
2. Alessandra CARLINI (Team Salomon – IT) : 13h24’12
3. Simona Morbelli (Team Salomon – IT) : 13h53’51

Kilomètre Vertical
1. Saul Antonio Padua Rodriguez (COL) : 00h34’34
2. Kilian Jornet (Team Salomon – ESP) : 00h34’53
3. Eirik Dagssonn Haugsnes (NOR) : 00h35’02

Chez les femmes
1. Christel Dewalle (Team Terre de running – FR) : 00h41’33
2. Laura Orgue (Team Salomon – ESP) : 00h42’53”
3. Antonella Confortella (Team Salomon – ITA) : 00h42’55

Cross du Mont Blanc
1. Jonathan Wyatt (Team Salomon – NZ) : 01h55’37
2. Arnaud Bonin (Team Scott – FR) : 01h56’49
3. Alain Gillet (Team Scott – FR) : 1h57’13

Chez les femmes
1. Aline Camboulives (Team New Balance – FR) : 2h19’02
2. Marlène Vannesson (FR) : 2h33’44
3. Julie Giacomelli (FR) : 2h34’49

Marathon du Mont-Blanc
1. Kilian Jornet (Team Salomon – ES) 3h30’41
2. Marco De Gasperi (Team Scott – IT) 3h31’42”
3. Luis Alberto Hernando Alzaga (Team Adidas – ES) 3h36’14

Chez les femmes
1. Stevie Kremer (Team Salomon – USA) 4h03’16”
2. Emelie Forsberg (Team Salomon – SE) 4h25’10”
3. Céline Lafaye (Team Scott – FR) 4h35’00

Photos : organisation

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