Montagne – Le Parc Naturel du Queyras conservera son label


Si un rapport de 2015 du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) a soulevé des problèmes pouvant remettre en cause le label du PNR du Queyras, nous n’en avons jamais vu aucun perdre un tel label en dehors du Parc National des Pyrénées qui a perdu son label européen, il y a fort longtemps, sans pour autant que cela bouscule beaucoup de monde. Un label n’est qu’un label, ce qui importe c’est ce qui se fait sur le terrain.

Comment sont initiés les PNR ?

Les Parcs Naturels Régionaux (PNR) sont créés à l’initiative des collectivités territoriales concernées (Régions, départements et communes) en concertation la plus large possible avec toutes les forces vives du territoire. Le projet est formalisé par une charte à laquelle adhèrent volontairement tous les partenaires impliqués et sur laquelle les services de l’Etat se sont engagés. La marque ‘Parc Naturel Régional’ est attribué par le Ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement après avis du Conseil National de la Protection de la Nature, de la fédération des Parcs naturels régionaux et des divers ministères concernés (ce ne sont que des avis et non des décisions) au regard de la pertinence du projet et des ambitions de la charte et au regard de la qualité remarquable du patrimoine et de la fragilité du territoire à protéger.

Il est clair qu’un tel projet ne vient pas ‘du haut’ mais de la base, c’est à dire des régions et des partenaires locaux qui prennent conscience de la nécessité de préserver le patrimoine pour construire l’avenir.

Les problèmes commencent à apparaître lorsque les lobbies environnementaux et quelques fonctionnaires inféodés à ces lobbies en veulent toujours plus. C’est en général le CNPN qui devient l’amplificateur en dramatisant toujours auprès des médias à l’occasion d’une révision de la Charte.

Relativiser le drame médiatique

Le Parc Naturel du Queyras a obtenu son label sans difficulté en 2009. L’avis du Conseil National pour la Protection de la Nature a été voté par 14 voix contre deux, avec, bien sûr, mais c’est une habitude, des observations « qui devront impérativement inspirer la mise en œuvre de la Charte et l’action du syndicat mixte de gestion du parc et que le rapport d’étape sur trois ans devra être réalisé ». Ce vote a eu lieu le 14 décembre 2009.

Avis final du CNPN – Conseil National de Protection de la Nature – 14 décembre 2009

‘Pour un nouveau Parc’ – Biosphère, Ecotourisme et Agriculture durable : Queyras, Haute montagne exemplaire Charte 2010-2022

En 2014, une évolution de la charte est envisagée et le CNPN a déposé un rapport en 2015 avec, comme toujours, et notamment comme en 2009, des observations et des accords avec réserves. Ce rapport faisait suite, comme c’est l’habitude en pareil cas, à une réunion qui s’est tenue en décembre 2014 entre le parc naturel régional du Queyras (PNRQ), avec l’expertise du CNPN et celui de la Fédération des parcs naturels régionaux de France.

La problématique est toujours la même. D’un côté la volonté des élus du territoire sur des points bien précis qui font consensus et de l’autre, une nébuleuse, par définition irresponsable, qui se donne des droits alors qu’elle n’a qu’un avis à formuler.

Selon Mathieu Antoine, président du parc naturel régional du Queyras depuis mai 2014 et deuxième adjoint à Saint-Véran : ‘Après la validation de la charte en 2010, le CNPN s’est de nouveau réuni en 2013 et a estimé que le parc n’était pas à la hauteur des ambitions affichées par la charte. Il a donc proposé une mission d’accompagnement pendant un an. Une grosse réunion s’est tenue en 2014. Le conseil national a considéré la bonne volonté du parc. Il a un peu desserré le collier. Mais il y a un sursis.’

Adoption du Plan Avenir Horizon 2020 du Parc Naturel Régional du Queyras – 18 mars 2015

Que les élus restent eux-mêmes avec leurs objectifs et aient bien en tête que le CNPN ne donne qu’un avis. Car au final, si le label n’est pas accorder, nous pourrons nous interroger sur l’utilité d’un tel label pour avoir une politique commune de protection du patrimoine. Ce n’est pas aux fonctionnaires de décider mais au peuple. Ne pouvons-nous pas protéger sans des « usines à gaz » couteuses en administration, sans contraintes et sans interdictions autre que des décisions locales ?

Louis Dollo


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