Mystères du solo et confessions d’alpinistes

À l’exception du plus jeune, l’Annécien Julien Irilli, qui galope en 3h35 dans la Mac Intyre en face nord des Grandes Jorasses, s’arrêtant juste pour avaler un sandwich, cette assemblée de sages qui, naguère le furent peu, semble appartenir à une époque révolue.

« Un peu has been », ironise l’un d’eux, François Marsigny, professeur maître à l’Ensa, l’humour grinçant pour mieux chasser la nostalgie de ses vertes années « où on se retrouvait parfois à grimper à 7 dans le pilier d’Angle». Même désenchantement chez son compère le Haut-Alpin Christophe Moulin qui, au-delà du Suisse Ueli Steck, cherche en vain des émules. «Je me demandais à quel moment vous alliez nous mettre dans un musée…» Leur pratique ultime a certes toujours senti le souffre pour le profane. Mais en ces temps où le principe de précaution est gravé dans la constitution, faire de l’alpinisme en solitaire, sans corde, semble passé de mode. Pourtant c’est bien elle qui, dans les années 80, à travers des films comme La vie au bout des doigts, Edlinger suivi par la caméra de Janssen, ou Christophe, Nicolas Philibert captant en de folles perspectives Profit sans filet dans le dièdre de 90m de la directe américaine aux Drus (cotation 6C), Chamonix sous les talons, a révélé des générations de grimpeurs et de vocations. Et n’a pas fini de faire transpirer les mains.

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