Philippe Génin, le pianiste des cîmes

Il est des rencontres qui vous marquent. Souvent, elles arrivent par hasard au moment où on s’y attend le moins. Il a donc fallu que je me retrouve un week-end au refuge des aiguilles d’Arves, à l’occasion d’une fête, pour faire la connaissance de Philippe Génin. J’ai d’abord cru voir un gars, légèrement musicien, venu là pour mettre un peu d’ambiance, à l’image du guitariste qui séduit Wendy en jouant “no woman, no cry” dans le film de Klapisch, l’auberge espagnole. Puis, j’ai découvert une personnalité extraordinaire, un homme d’une incroyable gentillesse sachant partager son amour de la musique et de la montagne comme personne.

Philippe est d’abord guide de haute montagne. Il ne vous le dira pas, par modestie, mais son niveau technique est juste excellent. Ses solos en faces Nord austères en attestent. Et puis, pour Philippe, la montagne n’est pas un terrain d’expression pour un égo démesuré. Elle est un outil pour partager des moments de bonheur. Regardez donc sa page qui présente son activité de guide, vous n’y verrez que des sourires.

Philippe, t’as un truc dans le dos. Ça gène pas ?
Qui a dit qu’on manquait de place au sommet des Drus ?

Philippe est également un pianiste extraordinaire avec un répertoire très complet. Par ailleurs, sa voix pourrait largement concurrencer bien des chanteurs connus. Vous l’aurez compris, la démarche de Philippe dans le domaine de la musique comme dans celui de la montagne est professionnelle.

Ces deux activités à priori incompatibles (sauf pour Maurice Baquet, le violoncelliste ami de Rébuffat), Philippe a décidé de les exercer conjointement. Les doigts gelés et sous oxygène rare, il a déjà joué du piano en chantant au sommet de l’Aconcagua et bien d’autres sommets d’altitude. Pour autant, les moyens engagés respectent une certaine éthique. Philippe porte son piano dans son sac jusqu’au sommet (demandez-lui de vous raconter son ascension des Drus, vous verrez que c’est loin d’être un détail) et le redescend.

Actuellement, Philippe est en route pour l’Ama Dablam (6812 m) … pour faire un concert au sommet. Etant donnée la technicité de l’ascension, la faire avec un piano sur le dos, puis l’utiliser relève de l’exploit. Bien que n’ayant pas encore atteint le sommet, Philippe construit déjà son prochain projet : jouer à plus de 8000 m au sommet du Gasherbrum 2.

On souhaite donc toute la réussite possible à Philippe pour l’Ama Dablam et tous les projets à suivre. Si son parcours passé et à venir vous intéresse, visitez son site http://montagnenmusique.com

Pour aller plus loin :

Le guide Chamoniard Philippe Génin a donné un concert au sommet de l’Elbrouz

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