Quand Miss Hawley reçoit chez elle : « Je sentais que la conquête de l’Himalaya allait devenir un sujet majeur »


On l’appelle “la gardienne des montagnes”. Journaliste américaine installée à Katmandou, au Népal, depuis le début des années 1960, la délicieuse Miss Elisabeth Hawley, 92 ans, a été l’amie intime d’Edmund Hillary et des plus grands himalayistes de l’histoire. Un sommet à elle seule.

« Une maison, plutôt grande, toute blanche, avec un escalier extérieur, dans une cour intérieure où sont garées des voitures, à l’arrière d’une rue commerçante, pas loin d’un carrefour…» Voilà les éléments oraux (livrés avec l’inévitable « vous ne pouvez pas vous tromper » en guise de post-scriptum) dont dispose l’enquêteur improvisé au moment de lancer l’opération « trouver Miss Hawley ».

A Katmandou, le nom des rues (quand elles en ont un…) n’est presque jamais indiqué, pas davantage que le numéro des bâtiments ou des échoppes en rez-de-chaussée. « Au pire, une fois arrivé à Dili Bazar, vous n’aurez qu’à demander : les gens la connaissent. Et puis vous verrez sa légendaire “Coccinelle” bleu ciel garée en bas de chez elle ».

Dans la rue qu’on arpente en tous sens, personne n’a entendu parler de Miss Hawley

Une heure… deux heures… Dans la rue qu’on arpente en tous sens, personne n’a entendu parler de Miss Hawley. On insiste, on fait copain-copain avec tous les vendeurs de chaussures, de brouettes et d’échelles en aluminium du marché voisin.

« Mais si, vous devez la connaître : une vieille dame américaine, passionnée par les montagnes ! Non ? » Et puis, enfin… dans la dix huitième cour à l’arrière de la cinquième rue commerçante pas loin du deuxième grand carrefour, voici effectivement la « Beettle » ; et tout près la grande maison blanche, l’escalier sur le côté, et une petite plaque qui confirme qu’on est bien arrivé…

A l’étage, la porte est entrouverte. Miss Hawley, prévenue de notre visite par l’écrivain et voyagiste français Jérome Edou (qu’il en soit ici infiniment remercié) nous accueille dans son extraordinaire bureau-salon aux persiennes baissées.

« Installez-vous, je vous en prie », dit-elle en nous indiquant le fauteuil favori de son grand ami Edmund Hillary, qui résidait chez elle à chaque fois qu’il venait dans la capitale népalaise. « Nous avons passé des nuits entières à converser dans ce salon ; c’était un homme exquis et un ami très cher ».

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