Quelques mots avec Ramon Julian

Quelques mots avec le champion du Monde catalan Ramon Julian à l’occasion de la Coupe du Monde de Valence.

– Kairn Tu as dernièrement réussi  ton premier 8c+ à vue à Rifle, ‘The crew’, raconte nous.

– Ramon : Je suis allé aux USA pour la coupe du Monde de Boulder.  Je voulais ensuite faire du à vue en falaise pendant quelques jours.  J’étais déçu de ma place en coupe du Monde à Boulder car je voulais gagner le classement général de coupe du Monde cette année et là avec cette 8ème place, cela ne faisait vraiment pas mes affaires. Du coup, j’avais à charge de me rattraper, je voulais faire quelque chose de bien en falaise.  Je n’avais jamais entendu parler de la voie auparavant. Quand je suis arrivé à Rifle, j’ai grimpé dans une première voie dure après avoir regardé le topo, un 8c+, et je suis assez vite redescendu car c’était mouillé. Et je suis parti dans « The crew » à côté car la voie paraissait plus sèche, mais ce n’était pas du tout prémédité de ma part de la faire à vue. Physiquement, je me sentais fort ce jour là alors j’ai commencé à avancer en me donnant à 100%. Mouvement par mouvement, ça passe, et hop en haut !

– Kairn : Le titre de champion du Monde tu en avais fait ton objectif principal cette année ?

– Ramon : Oui, après avoir gagné la coupe du Monde l’an dernier, c’était mon grand objectif donc je suis heureux de l’avoir réalisé. J’étais aussi super motivé pour continuer sur cette dynamique et tenter de regagner la coupe du monde cette année. Je savais que ce serait dur car la concurrence est rude mais là avec les 7 victoires d’affilée de Jakob Schubert, c’est maintenant plié. Je veux absolument conserver ma deuxième place au général par contre !

– Kairn : Tu es un des compétiteurs les plus petits du circuit. Travailles-tu ce point  particulier à l’entrainement ?

– Ramon : Non je ne cherche pas à me dire que je suis petit, je m’entraîne tout à fait normalement. Je travaille mes points faibles mais je ne fais rien de spécifique par rapport à ma taille. Après dans la première voie de qualification où j’ai chuté ce matin, je n’étais pas bien à l’aise, je me suis senti assez bas sur les pieds. C’est sûr que c’est plus simple de grimper en falaise avec ma taille qu’en compétition. En falaise tu connais les voies morpho et tu les évites…

– Kairn : Ne  te sens-tu pas trop fatigué avec cette longue saison ?

– Ramon : Oui là c’est la 8ème étape, là ça va, je me sens encore bien physiquement et mentalement mais c’est vrai que la saison est longue cette année. Mais il est vrai que certaines saisons il me tarde la dernière étape pour se remettre à la falaise !

– Kairn : Parle-nous de la scène catalane en escalade ?

– Ramon : Oui il y a plein de voies dures et il fait tout le temps bon. En France il y a beaucoup de falaises mais aussi beaucoup de murs artificiels. Ce n’est pas le cas en Espagne où on a très peu de murs. Et puis faire du rocher, c’est très important dans un entraînement.

– Kairn : Et le potentiel là-bas ? Comment tu l’estimes ?

– Ramon : Il est énorme, on est qu’au début du développement là bas. Plein de falaises sont vierges et nous attendent. Seule une petite partie est exploitée. On n’en viendra pas au bout en une vie. C’est sans fin !

– Kairn : Ta falaise et tes voies préférées là-bas.

– Ramon : Ma falaise préférée c’est Margalef.

– Kairn : Et une voie dure référence qui t’a vraiment beaucoup plu et que tu conseillerais ?

– Ramon : Ouf, question dure, ‘Papi chulo’ à Oliana et ‘Era bella’ à Margalef sont incontournables pour moi.

– Kairn : Et le 9b de Chris ‘FRFM’ ? Ca te motive ?

– Ramon : J’y ai déjà fait quelques montées. Cela me semble un beau projet, cet hiver je vais probablement m’investir dedans.

– Kairn : Le mot de la fin sur la grimpe en France

– Ramon : Les grimpeurs français ne dominent pas la compétition mais ce sont de très bons grimpeurs car toujours présents en finale de coupe du Monde. Il y a aussi des falaisistes français très doués comme le jeune Enzo Oddo.

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